L’Australie prend fin à l’ouest
Nous sommes à Ho Chi Minh Ville depuis quelques jours déjà (qui reprend invariablement son ancienne appellation de Saigon dès que l’on s’écarte de toute considération officielle) et avant de consacrer un article à nos premiers jours dans ce fascinant tohu bohu, nous devons revenir sur notre dernière partie du séjour en terre australienne, dans l’immensité et la chaleur de l’Australie-occidentale.
Perth, la lointaine
Perth, capitale de la plus grande province australienne, jouit d’un cadre superbe, sur les rives de la Swan river et détient le meilleur taux d’ensoleillement de toute l’Australie. Cette ville nous a toutefois plongé dans une profonde perplexité dès notre arrivée. Nous y avons en effet croisé toutes sortes d’individus plus égnimatiques les uns que les autres. Tout d’abord un jeune homme, après avoir adressé un message à grand renfort de gestes à une entité que lui seul pouvait voir, tente par la seule force de sa pensée (visiblement dérangée) d’interrompre la rotation d’une sphère-fontaine. Des employés d’un Mc Donalds… Ici, une précision s’impose. Un “repas” pour 2 personnes pour moins de 11 dollars est une tentation écocomique (et non gastronomique) irrésistible pour 2 voyageurs à la bourse flétrie (Je ne parle évidemment pas ici de 2 voyageurs mâle de type 3ième âge mais bien de l’état de délabrement de nos finances). Des employés de Mc Donalds, disais-je, si agités qu’on les croiraient alimentés en coca cola par intraveineuse. Le triste spectacle d’aborigènes ivres déambulant par petits groupes ou installés sur la place centrale, s’interpellant bruyamment les uns les autres. De jeunes adolescents, ayant visiblement consommés autre chose que du Fanta se joignent de bon coeur à cette crise de delirium tremens qui semble s’être abattue sur la ville en cette chaude après midi. Quelques heures de sommeil plus tard, nos étranges individus avaient disparu et les habitants de Perth se sont avérés être des plus accueillants. Dans le doute, nous louons une voiture et mettons le cap vers le sud.
Sur et sous la canopée des forêts de Karris
En quittant Perth, nous prenons donc la direction du sud et nous arrêtons à Busselton où nous marcherons sur la plus longue jetée en bois au monde qui pique droit vers le large sur près de 2 kilomètres au dessus des eaux de l’océan Indien. Cette partie du littoral est superbe, les plages de sable blanc, baignées d’une eau turquoise, sont peu fréquentées et on peut y apprécier le calme reposant du ressac de l’océan ou bien le tumulte des vagues des plages réservées au surf. Nous atteignons la région de Margaret River, une des régions vinicoles les plus réputées d’Australie. Nous ferons halte au splendide domaine de Voyager Estate où nous goûterons Shiraz et Merlot.
Nous progressons encore vers le sud et notre route voit se dresser de plus en plus de géants : ce sont les karris, ou encore pour les forts en science naturelle, les eucalyptus diversicolor, qui dépassent allègrement les 50 mètres et dont le plus haut représentant connu en Australie occidentale mesure 88 mètres. Nous atteignons Pemberton, village assoupi au milieu des forêts de Karris et c’est là que se produit l’improbable. Naty, au pied du Gloucester tree, karri de 61 mètres utilisé comme tour de vigie des incendies et reconverti en attraction pour touristes téméraires, est prise d’une envie de s’arracher au plancher des vaches (Le tronc est planté à cet effet de barres de fer qui forment une échelle rudimentaire jusqu’à la cime de l’arbre). N’écoutant que mon courage (passablement émoussé par la visite des vignobles), je reste au pied de l’arbre pour parer à toute éventualité alors que Naty entame l’ascension du géant. Ignorant les lazzis d’Irlandais aussi courageux que moi, je regarde avec une anxiété contenue (difficilement contenue) Naty monter un à un les barreaux puis disparaître dans les denses feuillages. L’attente de la descente commence alors et ne prendra fin que 10 minutes plus tard lorsque Naty entamera sa prudente descente après avoir apprécié une vue imprenable. De retour sur la terre ferme, les acclamations ne furent pas à la hauteur de l’exploit : du public composé en grande majorité de mouches aussi tenaces que laides, je fus le seul à exprimer sincèrement mon admiration (et mon soulagement).
Notre parcours nous portera ensuite à Walpole où nous pourrons apprécier la perspective qu’on les oiseaux du haut de leur branche en empruntant une passerelle aménagée à plus de 40 mètres du sol au milieu de la splendide vallée des géants.
Les Pinnacles
Sur le chemin du retour, nous décidons au dernier moment de ne pas nous arrêter à Perth et de poursuivre notre route 250 kilomètres plus au nord pour y admirer un ensemble rocheux unique au monde : les Pinnacles. Au milieu d’un désert d’un sable jaune-orangé surgissent des milliers de formations rocheuses qu’un breton peu regardant sur la géographie et l’histoire pourrait prendre pour des menhirs pour personnes de petites tailles. Au coucher du soleil, le spectacle est magnifique : le silence solennel semble accompagner une cérémonie entre les roches et le soleil qui pare celles-ci de teintes orangées qui tranchent avec la clarté limpide du ciel. Sur le chemin du retour, à la nuit tombée, nous aurons l’opportunité d’expérimenter la hantise de tout automobiliste australien : croiser la route d’un kangourou. Après seulement une centaine de mètres, nous surprenons un de ces bondissants marsupiaux dans la lumière de nos phares : le silence et un stress palpable prendront place à nos cotés dans la voiture durant les 20 derniers kilomètres qui nous séparent de notre lieu de villégiature nocturne.
Premiers pas en Asie
Nous avons passé une nuit à Hong-Kong avant de rejoindre le Vietnam. Ces quelques heures ne suffisent pas à saisir cette ville sans pareil où tout semble organisé mais où une surprise semble vous attendre à chaque coin de rue. Nous y reviendrons à deux reprises dans les mois qui viennent et sommes impatients de plonger à nouveau dans cet univers entre Occident et Orient.
Un choc. Rien ne décrit mieux ce que nous avons ressenti à notre arrivée à Ho Chi Minh Ville à la nuit tombée. Nos yeux grands ouverts derrière les vitres de notre taxi devant le flot ininterrompu de vélos, scooter, 2 roues en tout genre, chevauchés par 2, 3 ou 4 personnes agées de 3 mois à 80 ans. De jour le spectacle est encore plus déroutant et devient même angoissant lorsque vous réalisez que vous voulez rejoindre le bord opposé de la rue. Commence alors une sorte de ballet entre vous et les centaines de projectiles humains motorisés qui vous foncent dessus de toute part. Très vite, vous réalisez que vous ne maîtrisez rien et que ce sont eux qui en vous frolant d’un coté ou de l’autre vous ouvre ou vous ferme le passage. Ca y est, vous êtes de l’autre coté. Exploit à réitérer au prochain coin de rue.
Restent encore à décrire les senteurs, bonnes ou mauvaises, les bruits de toutes sortes qui ne s’arrêtent jamais, les gens, les monuments qui témoignent de l’histoire à la fois riche et dramatique de ce “petit” pays de 83 millions d’habitants.
Nous prendrons la direction du delta du Mékong dans quelques jours avant d’entrer au Cambodge.
Add comment mars 7, 2007
Des koalas et des hommes
Fermement accroché au ciel bleu australien, le soleil ne faiblit pas depuis notre arrivée et nous gratifie même de températures caniculaires (40 degrés) à Adélaide où nous sommes arrivés depuis quelques jours. L’Australie méridionale, dont Adélaide est la capitale, connaît même la pire sécheresse de son histoire. Notre parcours en terre australienne a donc débuté à Sydney pour ensuite se poursuivre à Melbourne et enfin Adélaide que nous avons rejoint par la plaisante “Great Ocean road ” dont le titre de plus belle route du monde me semble passablement usurpé.
Sydney, la belle
Sydney est avant tout un plaisir pour les yeux. De mémoire, courte il est vrai, je ne me rappelle pas avoir déjà vu une ville offrant un tel panorama en un seul regard. Le centre de ce panorama est bien sûr la silouhette caractéristique et extravagante de l’opéra de Sydney. Au pied de ce grand coquillage blanc, nous n’avons jamais eu autant l’impression de faire partie d’un décor de carte postale. De part et d’autre de l’opéra se profile la somptueuse baie de Sydney qui, par beau temps, est envahie par une armada multicolore de plusieurs centaines de voiliers de toutes dimensions qui déclenchent épisodiquement la sirène furieuse des ferries en s’égarant sur la trajectoire de ces derniers. Les ferries justement partent aux pieds des tours à bureaux du centre ville et mettent moins de 30 minutes pour rejoindre les plages les plus proches, celle de Manly notamment. Toujours aux pieds des tours du centre ville, le magnifique jardin botanique et ses chauve-souris aux allures de Batman survitaminés déploie son tapis vert et ses essences rares et offre ainsi un hâvre de tranquilité à quelques mètres de l’effervescence du centre ville.
C’est une chose de se tenir au pied d’un décor de carte postale, c’en est une autre que de pénétrer l’envers du décor. C’est un peu l’impression que nous avons eu en entrant dans l’opéra de Sydney pour assister à la représentation du Mariage de Figaro (Sans vouloir détruire un mythe, l’intérieur des salles de spectacle est beaucoup moins spectaculaire que le laisserait supposer l’extérieur grandiose de l’opéra). Comme je l’ai déjà dit, on peut très bien vivre sans la moindre espèce de culture. J’ai moi même atteint l’âge, pas encore canonique, de 31 ans en restant persuadé que le célèbre aria ”Figaro Figaro Figaro-oh… ” faisait partie, selon toute logique, du Mariage de Figaro. J’avais même partagé cette conviction avec Naty en lui promettant un moment unique lorsque le moment d’entendre cet aria viendra. La première partie s’achève sans que notre patience soit récompensée mais le spectacle continue durant les 20 minutes que dure l’entracte avec un accès privilégié à un point de vue sur la baie, sur les eaux de laquelle se reflète le rai lumineux de la pleine lune, la silouhette illuminée du célèbre pont de Sydney et les milliers de lumières du centre ville. Durant la dernière heure et demie du spectacle, nous avons donc encore attendu que résonne cet air célèbre et nous attendions encore lorsque les comédiens eurent été acclamés, le rideau tombé et les spectateurs rentrés chez eux. Ce sera encore une fois internet qui me sauvera de mon incurie culturelle : cet aria résonne dans le Barbier de Séville et non dans le Mariage de Figaro. Y’a des coups de règles sur les doigts qui se perdent!
Telles deux cendrillons de pacotille, notre soirée de rêve prendra fin à minuit, heure à laquelle nous réintégrons notre hôtel citrouille : le Maze, Pitt Street. N’y mettez jamais les pieds sous peine d’infliger des dommages irréversibles à vos yeux et à votre nez.
Melbourne, la douce
Nous rejoignons Melbourne par un train de nuit et y coulerons des jours paisibles durant une semaine, bercés par le carillon aimable de la multitude de tramway qui sillonnent la ville. Ces tramway sont le véritable symbole de la ville car loin d’être une simple attraction touristique, ils constituent un véritable moyen de transport. Ainsi les bus ont déserté le centre ville qui, pour une ville de plus de 3 millions d’habitants, est étonnamment exempte de toute pollution. A quand un tramway à Montréal ?
Si Melbourne ne possède pas la beauté indiscutable de Sydney, elle nous a séduit par la place de choix qu’elle réserve à la culture à tous les coins de rue et par le rythme moins sophistiqué qu’ont adopté ses habitants. Ainsi au vieux Queen Victoria Market, les foules se bousculent le soir venu devant les vendeurs de nourriture en tout genre ou improvisent quelques pas de danse devant un orchestre, le tout dans une ambiance très bon enfant. Les policiers de la ville monteront même sur scène pour interpréter de grands classiques du rock.
Rencontre avec les marsupiaux
Avant de prendre la route d’Adélaide, nous nous rendons au Healesville Sanctuary, à quelques kilomètres de Melbourne, qui regroupe un hôpital pour animaux et un espace protégé rassemblant les plus fameux représentants de la faune australienne. Nous y verrons des kangourous, émeus, pélicans, diables de Tasmanie, dingos, une démonstration d’oiseaux de proie dans laquelle un des oiseaux mis en présence d’un (faux) oeuf d’émeu et d’un caillou, se saisit de ce dernier dans son bec pour le projeter violemment contre l’oeuf, comportement vraiment étonnant, les adorables wombats, des étranges echidna ainsi que les peu attrayants platypus (ornithorinque) et bien sûr les adorables et néanmoins fainéants Koalas. Ces espèces de grosses peluches nonchalantes dépensent une grande partie de leur énergie à manger (le rêve
) et à digérer le kilo de feuilles d’eucalyptus qu’ils engloutissent quotidiennement.
Great Ocean Road
En quittant Melbourne, nous prenons la direction de la Great Ocean Road qui serpente le long de la côte sur une centaine de kilomètres. Si celle-ci offre de beaux panoramas sur la côte accidentée, le point d’orgue de cette route est bel et bien le spectacle des douze apôtres, ensemble de 12 formations rocheuses que l’océan a séparé de la terre ferme par un long travail d’érosion. En chemin, nous aurons la chance d’approcher quelques koalas en liberté, dont 2 petits, invariablement accrochés à leur branche d’eucalyptus. La route quitte ensuite la côte pour traverser sur plus de 400 kilomètres des plaines arides et désertes avant d’atteindre Adélaide.
Adélaide, la comopolite
Si la population de Sydney et Melbourne surprendra celui qui s’attendait à n’y trouver que les descendants des turbulents sujets de Sa Majesté débarqués il y a de cela 200 ans, la surprise sera encore plus grande en découvrant la diversité ethnique d’Adélaide. Sydney et Melbourne reflète la proximité de l’Australie avec l’Asie et les communautés asiatiques y sont représentées en nombre. Mais c’est bel et bien Adélaide qui offre le tableau le plus diversifié, état de fait surprenant pour une ville-état isolée qui regroupe 80% de la population de l’Australie Méridionale, soit un peu plus de un million d’habitants.
Étant donné la chaleur accablante qui y règne depuis notre arrivée, nous avons décidé de suivre l’exemple du Koala, non pas en restant agrippé à une branche mais en évitant les dépenses d’énergie superflue et en consacrant de nombreuses heures à la préparation de la suite de notre voyage dans la fraîcheur artificielle d’un air climatisé salvateur.
Plaidoyer pour un bouchon
La vie est faite de détails mais quand ces détails touchent au plaisir, ils se départissent alors de leur nature de simple détail pour toucher aux choses essentielles de la vie. Ainsi quand les néo-zélandais et les australiens honnissent le bouchon et obturent le goulot de leur bouteille de vin par une capsule métallique c’est un détail me direz vous. C’est que vous ne pensez pas aux plaisirs des détails. Qu’est devenu le geste ancestral, acquis presque par atavisme, qui d’un mouvement habile mais certes violent, arrache le bouchon qui seul vous sépare du divin nectar ? Alors qu’avec une capsule, le premier buveur de Perrier venu peut vous servir un Merlot ou un Cabernet, quelle horreur! Quid du bruit si caractéristique qui tel un réflexe pavlovien fait lever la tête à tout amateur dans un rayon de 10 mètres ? Quid du cérémonial qui vous fait porter le bouchon à vos narines et qui le premier vous livrera les secrets encore inconnus à vos papilles ? Quid du contact rassurant du liège d’un bouchon égaré sur la table qui joue entre vos doigts accompagnant ludiquement la chaleur d’une conversation entre amis ? Je ne parle même pas de l’absence de projectile inoffensif en fin de repas qui lui seul vous permet de canarder vos amis en pleine tête sans risquer de les blesser ? Je n’ai pas la compétence requise pour savoir si la capsule métallique a ou non une influence sur les caractéristiques du vin à boire, je ne peux que déplorer que tous les plaisirs énumérés ci-dessus soient évincés par la froideur anonyme d’un morceau de métal.
Mardi 20 février nous nous envolons pour Perth et sa région que nous quitterons le 2 mars prochain pour le Vietnam où nous attendent sans doute de toutes autres expériences que celles que nous avons vécu jusqu’à maintenant.
3 comments février 17, 2007
L’envol des kiwis
(Titre éminemment trompeur dans la mesure où un kiwi à plumes ne vole pas, seule et unique caractéristique qu’il partage avec son homonyme fruité)
Nous goûtons enfin un repos bien mérité à Christchurch d’où nous nous envolerons demain lundi 29 janvier pour Sydney. Christchurch, sur la côte est de l’île du sud, est une ville fort agréable avec un petit air britannique dans ses maisons victoriennes et ses pelouses qu’on dirait coupées au laser tant semble égale la longueur de chaque brin d’herbe dans toute la ville. Au 5ième jour de notre présence ici, nous avons enfin cessé de fredonner un petit air de Jean Leloup qui nous trottait dans la tête depuis notre arrivée sur l’île du sud (La plaine est morne sous la pluie, nuages bas, le temps est gris…) : le soleil a fait son apparition ce qui permet de dissiper, outre les nuages, les larmoyants sarcasmes météorologiques dispensés ici à longueur de lignes. Notre dernière franche rencontre avec cet astre merveilleux remontait à Queenstown. Établie sur les bords du lac Wakatipu, dominée par les silouhettes imposantes des Remarkables, Queenstown jouit d’un cadre à couper le souffle. L’activité fébrile qui y règne témoigne de la prétention de Queenstown à devenir la capitale des loisirs de la Nouvelle-zélande. Loin de cette agitation, nous trouverons un endroit magique et isolé, avec vue imprenable sur le lac, pour y passer nos 2 nuits.
De Queenstown, nous prenons la route d’Invercargill, ville sans réel intérêt mais qui aura été le siège d’un grand événement : la dégustation de notre premier et unique vin néo-zélandais, un pinot noir, en souvenir d’une excellente dégustation entre amis à Montréal. Peu après Invercargill débute la région des Catlins qui s’étend jusqu’à Balclutha, 150 kilomètes plus à l’est. À l’écart des grands circuits touristiques, il s’agit d’une vaste région côtière quasi déserte, les régiments de moutons mis à part, où les ondulations des collines semblent s’enchaîner à l’infini jusqu’à ressembler à un océan aux vagues d’herbes rases à jamais figées. Cette région , sans être à proprement parlé spectaculaire, exerce une véritable fascination et dégage un magnétisme mystérieux. Est-ce la lumière filtrée par l’écume des vagues qui frappent en permanence les rochers ? Ou bien encore les silouhettes torturées des arbres que la vent a façonné et le sel brûlé ? Ou peut être est-ce simplement l’isolement dans lequel on est plongé qui nous donne l’impression de fouler une terre encore vierge. Nous avons dormi seuls, dans une clairière tout au bout d’un chemin en terre, et aurons été bercé par le bruit d’un ruisseau tout proche et ébahi par la clarté cristalline de la voute étoilée au dessus de nos têtes.
Encore sous le charme des Catlins, nous arrivons à Dunedin que nous quitterons quasi-instantanément pour échapper à la pluie qui nous y avait devancé. Nous prenons la direction du Mont Cook, plus haut sommet de Nouvelle-zélande avec ses 3755 mètres, et des lacs Tekapo et Pukaki aux eaux d’un bleu turquoise. Hélas, la pluie nous aura encore devancée et aura peint d’un gris uniforme le ciel, les lacs, les montagnes ainsi que nos humeurs. Une attente de 3 jours sera récompensée par un magnifique ciel bleu, excepté autour du Mont Cook dont le sommet demeurera douillettement emmitouflé dans son écharpe de nuages. Les lacs par contre brilleront de leur éclat turquoise et quelques randonnées nous permettront d’apprécier de magnifiques panoramas sur les glacier et les vallées environnantes.
Le piège
Sur la route de Christchurch, nous nous laisserons piéger par une aire de pique-nique d’apparence inoffensive. Après un round d’observation, nous sélectionnons un petit coin tranquille pour y passer la nuit. À peine sommes nous engagés sur l’herbe grasse que la boue, jusqu’alors invisible sous le tapis d’herbage, emprisonne les 2 roues arrières de notre camper van qui s’affolent furieusement mais en vain. Nous ne sortirons de cette première embuscade que pour mieux sombrer dans l’étreinte fatale que nous réserve cette sournoise aire de pique-nique quelques mètres plus loin. Cette fois-ci rien n’y fera, même les techniques les plus élaborées héritées du Camel Trophy et du Paris-Dakar, se révèleront inefficaces. Les mains et les pieds couverts de boue, le souffle court, le regard bas, nous nous avouons notre défaite et attendons d’hypothétiques renforts. Ceux-ci prendront l’apparence d’un couple de néo-zélandais et de leur 4×4 qui ne fera qu’une bouchée du piège ainsi tendu. Remerciant nos bons samaritains, nous filons, la tête basse, tout honteux de s’être laissé piéger de la sorte.
Ainsi notre séjour en Nouvelle-zélande s’achève après 1 mois et plus de 4000 kilomètres en plus au compteur de notre camper van. Nous ne pouvons hélas nous empêcher de tomber dans le piège des comparaisons et s’il est vrai que la Nouvelle-zélande offre une palette de paysages incroyablement diversifiés pour un pays à peine plus grand que la Grande-Bretagne (Volcans, Montagnes, plages désertes, vallées verdoyantes, côte sauvage) celle-ci s’est révélée moins spectaculaire, moins depaysante que la vibrante Amérique du Sud. Pour nuancer nos propos, notre moyen de transport aura sans doute influencer notre perception du pays. Voyager en solitaire durant un mois dans un espace d’environ 3 mètres par 1,75 est un peu épuisant et pour ne rien vous cacher, on aurait même eu quelques mauvaises paroles envers notre fidèle camper van.
Direction l’Australie donc, une seconde visite pour moi et une vraie découverte pour Naty. Et pour se venger d’un mois de restriction, on se paie une soirée à l’opéra. Nah!.
4 comments janvier 27, 2007
Aux pays des kiwis
On a tous ses trous de culture dans lesquels on trébuche un jour ou l’autre, dévoilant ainsi aux autres l’étendue de son ignorance crasse. La mienne m’avait enclin à croire que l’appellation “Pays des kiwis” signifiait que la Nouvelle-Zélande était la patrie de ce petit fruit sucré. Honte à moi quand j’ai découvert mon erreur : j’avais totalement oublié l’existence d’un kiwi à plumes, espèce protégée et menacée d’extinction.
Après trois mois en Amérique du Sud, nous voici donc au pays des Kiwis depuis déjà trois semaines, juste à temps pour célébrer la nouvelle année. Nous avons atteri le 26 décembre à Auckland en pleine forme. Comment diable sortir d’un avion frais comme un oeuf après 13 heures de vol ? Voyager en classe Affaire bien sûr. Puisque le Père Noël ne pouvait pas passer en plein vol nous distribuer nos cadeaux (En raison de l’absence de cheminée dans les avions bien sûr), la compagnie LAN nous a offert le notre avant d’embarquer : 2 sièges en Business Class. Dorénavant, il est hors de question de retourner avec les indigents en classe éco. La suite du voyage en Nouvelle-Zélande ne sera pas à l’image de ces débuts feutrés.
L’île du Nord
Auckland est une ville agréable d’où la nature n’est jamais très éloignée. La splendide baie d’Auckland est parsemée de plages et les anciens volcans qui surgissent çà et là offrent de beaux panoramas sur les alentours qui n’égalent pourtant pas celui qu’on peut avoir du haut des 140 mètres de l’étage d’observation de la Sky tower (qui en compte 328 au total), symbole incontesté de la ville. Pour explorer le reste de la Nouvelle-Zélande, nous avons opté pour un ‘Camper van’, sorte de petit fourgon dont l’intérieur a été aménagé de sorte à contenir un lit ou quelque chose qui s’en approche, un réchaud et quelques autres accessoires. Naty fermement installée aux commandes, nous filons vers l’ouest d’Auckland pour y admirer les très belles et très sauvages plages de Piha et KareKare sur laquelle résonnent encore les notes du Piano de Jane Campion. Nous prenons ensuite la direction du sud de l’île du Nord. Sur notre chemin, nous visiterons des trous qui fument au ras du sol (Activités géothermiques près de Rotorua) et des trous qui fument en altitude dans le parc national Tongariro et ses trois volcans. Pour ceux d’entres vous qui ont réussi l’exploit de visionner la trilogie du Seigneur des Anneaux sans s’endormir avant la fin, ces 3 volcans (Photos à venir) et surtout le Mont Ngauruhoe, ont été utilisés pour figurer le Mont Doom ou le Mordor peut être. Pardonnez mon ignorance, contrairement à Naty, je ne fais pas partie de ceux visés par la catégorie du début de la phrase précédente. Ce film est à l’origine d’une grande variété d’activités touristiques, il y a même des safaris Lord of the Rings qui vous font découvrir tous les lieux des tournages.
Impossible de rouler sur les routes de Nouvelle-Zélande sans que de multiples petits points blancs vous agacent la rétine. Ce n’est certainement pas l’éblouissement dû au soleil qui vous cause de telles hallucinations étant donné le faible nombre de nos journées ensoleillées : si le pays compte plus ou moins 4 millions de Néo-Zélandais, le nombre de moutons s’élève lui à près de 60 millions. La Nouvelle-Zélande n’est donc pas le pays où pour soigner une insomnie il faille s’aventurer à compter les moutons. Une colline de Nouvelle-Zélande sans ses moutons, c’est comme une journée ensoleillée en Nouvelle-Zélande, c’est rare.
Nous atteignons enfin Wellington, la capitale politque du pays. Située comme Auckland dans une baie splendide, Wellington est une ville agréable, au rythme nonchalant et où les activités de plein air semblent occuper une place importante chez ses habitants, tout comme chez les Néo-Zélandais en général qui initient leurs progénitures dès leur plus jeune âge. Ainsi il est fréquent de croiser des familles entières sur des sentiers de difficulté moyenne, voir élevée alors que Naty et moi avions longuement étudié pour déterminer si nous étions capable d’entreprendre de telles marches. La honte!
Le budget
Tel que mentionné plus haut, le temps béni de la classe Affaire est révolu : la Nouvelle-Zélande est une destination chère et l’heure est donc aux économies. Ayant échoué dans notre tentative pour convaincre notre camper van de réduire sa consommation d’essence qu’il engloutit à la vitesse à laquelle se vide une bouteille de vodka pleine devant une assemblée de ressortissants polonais, seuls Naty et moi allons nous serrer la ceinture, que nous avions de toute façon un peu trop ajustée depuis notre passage en Argentine. Après bientôt trois semaines d’un régime largement dominé par les pâtes, je me sens ainsi de plus en plus italien, une pointe d’accent vient même égayer mes phrases à l’heure du soûper et puis franchement, la défaite de l’équipe de France lors de la dernière finale de coupe du monde ne m’apparaît plus aussi scandaleuse…bon demain, j’arrête les pâtes. Nous alternerons aussi les nuits dans les camping et les nuits dans la nature, au bord d’un lac ou d’une plage, au détour d’une route déserte.
L’île du Sud
À Wellington, nous prenons tous les trois, moi, Naty et le camper van, le chemin de l’île du Sud par un ferry sous un vent violent qui nous remet en mémoire des scènes d’une traversée mouvementée près des côtes chiliennes. La Nouvelle-Zélande étant située dans les 40ièmes Rugissants, le vent y fait partie du décor, tantôt simple brise, tantôt soufflant en violentes bourrasques. La pluie est également une spécialité du pays, servie en ondée ou en journée complète.
Depuis Picton, nous prenons la direction du parc national d’Abel Tasman. Ce parc abrite une des plus célèbres randonnées de Nouvelle-Zélande. D’une durée de 3 à 5 jours, ce sentier serpente le long de la côte sur près de 51 kilomètres. Nous effectuerons simplement 8 heures de randonnée aller-retour (26 kilomètres tout de même) et le moins que l’on puisse dire, c’est que la réputation de ce sentier n’est pas usurpée : nous découvrons des vues plongeantes sur des plages encerclées par une végétation luxuriante et baignées par les eaux turquoises de la Mer de Tasmanie. Seul bémol (les multiples douleurs de nos vieux os cliquetant mis à part), les plages isolées sont le siège d’une activité touristique intense : ski nautique et autres sports nécessitant de puissants bateaux à moteur, bateaux taxi déposant les randonneurs à différents points du parcours… Ces vrombissements incessants finissent par agacer les oreilles des silencieux randonneurs et clouer le bec aux nombreux oiseaux du littoral qui se demandent encore quels avantages ils ont à se trouver percher dans un parc national protégé.
Poursuivant toujours plus notre exploration de la côte ouest, nous parvenons aux glaciers Frantz-Josef et Fox. Le premier nous sera apparu derrière un rideau de nuage et de pluie mais nous aurons la chance de contempler le second sous un soleil radieux et d’approcher de très près sa face terminale.
Nous traversons ensuite la chaîne montagneuses des Alpes du Sud au milieu de décors grandioses. Les paysages qui nous attendent de l’autre côté sont radicalement différents : 2 lacs immenses, Wanaka et Hawea, déploient leurs eaux calmes au milieu de massifs montagneux, dominés par la haute silouhette du Mont Aspiring. Parmi les nombreuses marches accessibles depuis la ville de Wanaka, nous choisissons celle qui monte au glacier Rob Roy. Après avoir infligé à notre camper van une route chaotique digne du célèbre passage du Salaire de la peur (Ne pas descendre en dessous de 60 km/h pour éviter les vibrations), nous commençons l’ascension sous un soleil resplendissant. Qu’est ce qui peut gâcher la vue au pied d’un glacier atteint après 2 heures d’une ascension laborieuse : les nuages et la pluie qui l’un et autre seront apparus quelques minutes avant notre arrivée au sommet.Ô rage! Ô désespoir! Ô météo ennemie! N’ai je donc tant gravi que pour contempler ceci! Soyons honnête, la vue d’un glacier suspendu à plusieurs centaines de mètres au dessus de nous et duquel s’échappent des cascades est un spectacle inoubliable mais la présence du soleil l’aurait rendu unique. Nous serons consoler dans notre déception par la présence au somment d’une colonie de Kea, perroquets peu craintifs au plumage vert et rouge sous les ailes, qui tenteront par tous les moyens de nous voler notre repas dont ils n’auront pas une miette car il strictement interdit de les nourrir.
Nous sommes actuellement sous le soleil de Queenstown (si si, sous le soleil) et continueront notre route vers la ville d’Invercargill à partir de laquelle nous entamerons notre remontée vers Christchurch d’où nous nous envolerons pour Sydney.
7 comments janvier 15, 2007
Le silence des kiwis
Les plus observateurs d’entres vous auront remarqué que nous n’avons pas donné de nouvelles depuis notre arrivée en Nouvelle-Zélande. Cela ne s’inscrit pas dans une démarche volontaire de notre part pour nous éloigner de toute technologie et se réfugier dans la contemplation dans les vertes et lointaines contrées de ce pays. Deux raisons à cela : nous nous déplacons constamment dans notre super “camper van” (Sorte de mini-fourgonnette aménagée qui contient un lit pliable et un coin cuisine. Le confort y est spartiate…). Seconde raison : les tarifs internet et le cout de la vie en général sont beaucoup plus élevés que nos prévisions. Nous avons donc quelques soucis avec notre budget qui lancé tel un cheval au galop ne daigne que péniblement revenir au trot, voir au pas. (L’appétit vorace de notre ami camper van n’est pas étrangé à nos soucis).
Nous sommes actuellement à Wanaka sur l’ile du sud, que nous quitterons aujourd’hui ou demain pour Queenstown, d’ou nous espérons pouvoir vous donner de plus amples détails sur notre parcours aux pays des kiwis.
PS : nos excuses à nos amis et à nos proches pour l’absence de nouvelles de notre part. Toutes nos félicitations à Virginie et Antoine : la puce est adorable. JM et Marion : quand metterez vous fin au suspense
1 comment janvier 13, 2007
Joyeux Noël !

Nous aimerions souhaiter à tous nos lecteurs et lectrices un très Joyeux Noël rempli de joie, de bonheur, et de cadeaux! Nous penserons fort à vous pendant ce réveillon et ce jour de Noël 2006!
Bruno & Natasha

4 comments décembre 24, 2006
Noël à Pâques, ou presque
Nous sommes de retour à Santiago du Chili après 4 jours fantastiques passés sur l’île de Pâques. Parler de cette île qui a tant attisé l’imagination des Hommes, cette île mystérieuse perdue au milieu du Pacifique et qui n’a sans doute pas encore livré tous ses secrets, parler de cette île dis-je n’est pas chose aisée. Difficile de traduire par des mots ce que l’on ressent à la vue des premiers Moais, ces statues de pierre aux regards égnimatiques; pratiquement impossible de trouver les mots pour décrire les couleurs, les ombres des nuages courants sur les collines et le sentiment d’isolement qui vous prend lorsque du haut d’un volcan, vous contemplez l’océan Pacifique qui se cache difficilement derrière les fragiles frontières de l’île.
Après 5 heures de vol, notre avion se pose donc sur la plus longue piste d’atterrissage du monde, financée par le gouvernement des États-Unis pour faire atterrir en urgence la navette spatiale. Rapa Nui (Nom donné à l’île par ses habitants) nous livre ainsi son premier paradoxe qui ne sera pas le dernier. Nous sommes accueilli par notre hôte, Raoul, qui nous passe autour du cou les traditionnels colliers de fleurs fraîches. Ce type d’accueil, plus commun en Polynésie, peut surprendre en territoire chilien. Nous découvrirons par la suite que les habitants de l’île se considèrent volontiers comme membres de la grande famille polynésienne et n’ont qu’une très faible conscience d’appartenir à la nation Chilienne.
Nous découvrons ensuite notre hôtel et son jardin tropical luxuriant. Si les hôtels de l’île sont somme toute modestes, il n’en va pas de même pour leurs tarifs. Nous nous apercevons que notre budget va lui aussi prendre des vacances pour quelques jours. Après avoir fait la connaissance de notre hôte Raoul, nous faisons rapidement connaissance avec nos autres hôtes exotiques, moins sympathiques que Raoul mais avec plus de pattes et d’antennes. Après une opération de fumigation, d’obturation de tous les chemins d’entrées de ces charmantes bestioles et une opération séduction rondement menée par Raoul, ses bières et ses petits cadeaux, nous passerons le reste du séjour sans apercevoir le moindre petit insect. Ouf.
En 4×4
Notre première découverte de l’île se fera en 4×4, le réseau routier de l’île, si on peut parler de réseau pour la seule route qui fait une demi-boucle de l’île, n’étant pas totalement asphalté. Nous décidons de prendre la route en sens inverse de celui préconisé par toutes les agences, ce qui nous permettra de découvrir l’île quasiment seuls. Situation paradoxale quand on sait qu’à cette époque de l’année Rapa Nui est désservie par des vols quotidiens de 300 personnes. Avoir la chance de découvrir un tel endroit avec comme seuls compagnons les chevaux sauvages de l’île est une expérience inoubliable. Nous finirons cette journée fatigués mais la tête remplie d’images plus belles les unes que les autres.
En vélo
Le lendemain, c’est en vélo que nous partons à la découverte de l’île. La qualité médiocre de toute la signalisation sur l’île alliée à mes talents de navigateur nous aurons conduit à passer la majeure partie de la journée au milieu des vaches et des chevaux, tout surpris de voir 2 cyclistes tenter de passer au milieu des roches volcaniques et des éboulis. Nous ne vîmes donc pas âme qui vive durant près de 3 heures, privilège inestimable d’avoir l’impression d’être seuls sur cette île. Nous rejoindrons ensuite les sentiers battus et rebattus non sans avoir subit une lâche et soudaine attaque d’un faucon qui fera une dizaine de passages juste au dessus de ma tête en poussant des cris qui ne me semblaient pas très amicaux. Inutile de dire que Naty et moi effectuâmes un 500 mètres digne de figurer au panthéon des plus beaux sprints du Tour de France.
En scooter
Pour la dernière journée sur l’île, nous avons loué un scooter pour nous rendre à la plage d’Anakena et y passer le reste de la journée. Là je me dis que je suis vraiment tranquille, allongée sur le sable blanc, à l’ombre des cocotiers, agréablement bercé par le bruit des vagues s’échouant sur le rivage…et ben non!! On ne peut pas être tranquille. Pendant que Naty fait trempette, on me réquisitionne pour faire juge dans un concours de scultpures de sable par les enfants de l’école de Hanga Roa. Et inutile de vouloir prendre cette tâche à la légère, la directrice de l’école prend mon travail très au sérieux et m’emmène de scultpure en sculpture, vitupérant les enfants récalcitrants qui ne voudraient pas se placer devant leur oeuvre afin d’expliquer la signification de celle-ci. Je donnerais mon classement en tremblant en espérant que celui ci soit plutôt en accord avec celui que s’était déjà fait la directire.
Ce passage à l’île de Pâques aura été un moment très fort pour tous les 2. Nous passons d’une île à l’autre en nous envolant ce soir, le 24 décembre pour la Nouvelle-Zélande. Pas de Noël pour nous, car passant la ligne de changement de date, nous arrivons le 26 décembre à Auckland. Nous penserons très fort à nos amis et à nos parents au dessus du Pacifique.
Avertissement
Ce texte ayant été tapé à la vitesse de l’éclair…enfin disons un éclair suisse ou corse, un peu moins rapide qu’un éclair normal, pour des raisons de vol à prendre pour la Nouvelle-Zélande, je ne saurai être tenu responsable de la fadeur du texte, de la pauvreté des adjectifs ni de la profondeur creuse des lieux communs. En espérant faire mieux depuis la Nouvelle-Zélande.
3 comments décembre 24, 2006
Derniers pas en Argentine
Mendoza, à quelques kilomètres de la frontière chilienne, sera donc notre porte
de sortie d’Argentine. Nous y prenons demain lundi le bus qui nous ramènera
à Santiago d’où nous nous envolerons pour l’île de Pâques le lendemain.
Je dois le dire à regret : Mendoza s’est avérée quelque peu décevante. Ici points d’édifices coloniaux resplendissants sous le soleil, pas de trésors pour les yeux dissimulés au hasard d’une ruelle, Mendoza en a été privée par de violents tremblements de terre dont le dernier remonte seulement à 1985. C’est donc un visage moderne qu’offre Mendoza à ses visiteurs. Moderne et néanmoins agréable : la reconstruction de la ville ayant été menée avec goût, aménageant de nombreux espaces arborés et conservant les canaux
qui sillonnent la ville en rafraîchissant l’atmosphère.
Je n’accablerai donc pas cette ville meurtrie sous le fiel de propos acerbes et nous avons fait la seule chose qui s’imposait : ne rien faire. Nous nous sommes donc jetés avec une assiduité féroce dans cette débauche d’absence d’activité. Nous avons appelé cela “Remise en condition physique pour l’île de Paques et Nouvelle-Zélande”.
Nous avons également préservé notre équipement en épargnant par exemple toute activité superflue à notre appareil photo qui après 3 mois d’une activité intense a pu somnoler tranquillement au fond de son sac face à l’absence de tout cliché digne de son objectif.
Une chose seule était susceptible d’éveiller notre intérêt : le vin. Mendoza et sa région regroupent les plus fameuses bodegas d’Argentine et après avoir consommé tant de Malbec, il nous était impossible de ne pas remonter jusqu’à sa source. Nous avons visité deux bodegas, La Rural et Lopez, une des plus grandes d’Argentine par la quantité de bouteilles vendues sur le marché intérieur. Dans cette dernière, nous avons opté pour une dégustation payante de leurs meilleurs crus. Mes papilles en rient encore.
Demain lundi nous rejoignons Santiago pour nous envoler mardi pour la mythique île de Pâques. Nous sommes impatients de nous tenir auprès des géants de pierre qui semblent garder ce petit bout de terre, le plus isolé du monde, à 3700 kilomètres des côtes chiliennes, à 2000 kilomètres de la première île habitée Pitcairn et à 4000 kilomètres de Tahiti.
Je m’excuse auprès des lecteurs pour la platitude sans borne des propos tenus ici, les effets léthargiques produits sur mon cerveau par Mendoza prenant quelques jours pour se dissiper intégralement.
Précision : Naty et moi ne sommes en rien responsable de la mort d’Augusto Pinochet. Nous avons quitté le Chili alors qu’il était encore vivant, au sens clinique du terme en tout cas, et nous avons un alibi pour le jour de sa mort. Étrange concours de circonstances qui nous aura fait connaître le Chili avec et sans Pinochet en l’espace de deux mois.
Add comment décembre 17, 2006
De l’Argentine subtropicale aux contreforts des Andes
Nous sommes à Salta depuis déjà quelques jours et nous sommes tombés sous le charme de celle qu’on surnomme Salta La linda. Ce surnom est loin d’être usurpé tant la splendeur des nombreux édifices coloniaux qui parsèment la ville lui donnent les airs d’un joyaux que les reliefs des montagnes pré-andines entourent tel un écrin.
Pour gagner Salta, nous avons parcouru pas moins de 3000 kilomètres depuis Buenos Aires, en faisant halte à Puerto Iguazu pour quelques jours. Les bus chiliens et argentins sont heureusement très différents de leurs homologues nords américains ou européens et permettent de couvrir de grandes distances dans un confort total : sièges inclinables à 180 degrés, TV, climatisation, repas à bord, bar… Le bus est donc le moyen de transport numéro un en Argentine. Pour en témoigner, il suffit de jeter un oeil à la gare routière de Buenos Aires qui a des allures d’aéroport avec sa centaine de quais de départ et ses 200 kiosques de compagnies différentes.
Puerto Iguazu
18 heures de bus et 1350 kilomètres au nord de Buenos Aires, nous arrivons à Puerto Iguazu. La première chose qui vous tombe dessus à la descente du bus, ce ne sont pas comme ailleurs les rabatteurs des hôtels et auberges du coin mais la chaleur : lourde, moite, tropicale, suffocante. 27 degrés dès 7h du matin; le mercure s’élève ensuite jusqu’à atteindre 38 voir 40 degrés. Puerto Iguazu tout comme El Calafate ne doit sa notoriété que par sa proximité avec un site naturel fabuleux. Ni l’une ni l’autre n’ont d’intérêt en elles-même. N’attendez donc pas d’y être traité par certains habitants pour autre chose que ce vous êtes à leurs yeux : un portefeuille sur pattes, votre propre visage s’estompant pour prendre l’apparence de celui de G. Washington, le seul qui semble pouvoir éveiller l’intérêt des gens du coin.
Pour l’exemple, je ne mentionnerais que ce tenancier de laverie fétichiste, collectionneur de dessous féminin et spécialiste en arrachage de boutons sur bermuda qui nous demandera, toute honte bue, la somme de 28 pesos pour un lavage qui en coûte 4 à Buenos Aires. Naty aura perdu dans l’histoire un soutien-gorge, 4 boutons de son bermuda et son sang-froid. À ce triste sire, au 213 rue Perito Moreno à Puerto Iguazu, lavanderia centrale, dont rien ne semble pouvoir sortir le cerveau mou de la torpeur abyssale dans laquelle l’ont plongées de trop nombreuses heures d’abrutissement télévisuel, je dis : prends garde à toi, à notre prochain passage à Puerto Iguazu, les boutons de nos vêtements seront piégés, tu les arraches et ils te sauteront à la gueule.
Ceci étant dit, les chutes d’Iguazu constituent un spectacle fabuleux. Les superlatifs manquent pour souligner la majesté du site. Nos références communes en matière de cataractes se limitaient aux chutes du Niagara et à la timide chute Montmorency à Québec : ces 2 chutes s’arrêteraient de couler de honte si elles devaient être comparées aux chutes de l’Iguazu. Ici les chutes se comptent par dizaines sur plusieurs hectares. À certains endroits du parcours, on est littéralement entouré de chutes d’eaux, partout où le regard se pose, les eaux du rio Iguazu et d’autres affluents se jettent des dizaines de mètres en contrebas. Toute la panoplie de cascades semble s’être réunie ici : cascades jumelles, cascades à 2 niveaux, cascades en rideau… De plus les chutes font partie d’un parc national (Point de bétonnage comme aux chutes Niagara) et de nombreux spécimens de la faune et de la flore subtropicales peuvent y être obervés. Nous avons consacré 2 journées à la visite du site sans nous lasser une seconde du spectacle. Pour ceux et celles qui veulent en avoir un aperçu sans bouger de leur salon, repassez vous le film Mission, la vraie vedette du film, ce sont les chutes d’Iguazu.
Salta
30 heures de voyage en bus et 1300 kilomètres plus à l’ouest, nous voici donc à Salta dans la région dîte du Noroeste. Salta déploie ses charmes coloniaux sous un soleil brûlant. On sent qu’il faut y prendre son temps, par exemple à l’ombre apaisante des arbres de la plaza 9 de Julio, au milieu du chahut tout relatif des écoliers (leurs horaires de cours resteront un mystère pour nous : peu importe l’heure à laquelle nous déambulions dans les rues de la ville, nous en croisions toujours par paquet de 10 dans les rues, les cafés internet, les parcs et jardin). Ainsi sans se fatiguer, on peut apprécier la délicatesse des arches du Cabildo ou la silhouette élégante de la cathédrale. Une fois bien reposé, on peut ensuite partir à la découverte des autres merveilles de la ville, notamment l’imposante et harmonieuse église San Fransisco.
Il faut savoir prendre son temps pour faire des rencontres. Notre première rencontre fut celle d’un roi, sa majesté Torrontes, le roi des vins blancs argentins : fruité, d’une robe couleur or. Nous l’avons tout de suite aimé et l’avons invité à nous rendre visite le plus souvent possible.
Notre deuxième rencontre s’appelle Karina, notre guide d’un jour dans une excursion à Cafayate. Grâce à Karina et à sa volubilité qui force l’admiration, nous avons eu un aperçu de l’envers du décor : machisme, alcoolisme et consanguinité économique. Ce dernier point peu surprendre mais il semblerait que des hommes et des femmes unis par des liens familiaux mettent volontairement des enfants au monde afin de conserver le patrimoine dans la famille. Si l’enfant naît anormal, celui-ci est placé dans une institution spécialisée aux frais de la famille. Outre ces informations que, après avoir bien cherché, je n’ai trouvé dans aucune brochure touristique, la route jusqu’à Cafayate réserve des vues étonnantes sur des formations rocheuses aux couleurs irréelles.
Une autre excursion nous a mené jusqu’à Cachi, petit village endormi de quelques milles habitants qui a conservé intact ses édifices coloniaux en raison de son isolement. La route jusqu’à Cachi est sublime, notamment le recta del Tin-tin, une route rectiligne sur plusieurs kilomètres au milieu des cactus et des montagnes coiffées de nuages à leur sommet.
Notes aux futurs visiteurs de l’Argentine
Je vous fais part d’un petit point qui m’irrite un peu depuis notre arrivée en Argentine : les tarifs appliqués selon l’origine du touriste. Nous avons vu toute une palette de tarifs depuis notre arrivée : pour l’habitant de la ville, de la circonscription, de la province, pour les argentins, les résidents de certains pays d’amérique du Sud, pour les résidents des pays membres du Mercosur et enfin pour tous les autres. Cette politique, qu’on pourrait aisément qualifiée de discriminatoire, peut être défendue jusqu’à un certain point (quoique je ne l’approuve pas) tant que ces tarifs s’appliquent aux entrées des musées, parcs nationaux et autres sites naturelles. On privilégie ainsi l’accès des argentins à leurs propres richesses culturelles. Mais quand cette politique s’applique également aux plats dans les restaurants (vu à Ushuaia) et aux billets d’avion, je dis non. Un vol Ushuaia-Buenos Aires coûte 100$ US à un argentin et 300$ US au pigeon voyageur.
Donc chers futurs visiteurs de l’Argentine, vous avez fait un choix éclairé en décidant de visiter ce pays fantastique et voici un petit truc pour vous y faciliter la vie : le prix que vous devez payer figure toujours en bas de la liste des tarifs rangés en ordre croissant.
Aujourd’hui dimanche, nous quittons Salta pour Mendoza, capitale du vin argentin, 1300 kilomètres plus au sud, que nous atteindrons après 18h de bus (encore!).
4 comments décembre 10, 2006
Buenos Aires
Deux semaines se sont écoulées depuis notre arrivée à Buenos Aires, délai à peine suffisant pour coucher sur le clavier les sentiments qu’inspire cette cité unique, cathalyseur de l’influence européenne en Amérique du sud.
Cet exercice relève de la gageure tant BSAS (Je m’estime à présent suffisamment intime avec elle pour utiliser cette abréviation très courante dans les médias) semble vouloir échapper à toute interprétation en noyant le simple voyageur sous une multitude d’impressions, parfois contradictoires. À l’image du tango qui l’a vu naître, elle se révèle tour à tour sombre, mystérieuse, sensuelle et rayonnante.
BSAS vit avant tout par ses quartiers, une quarantaine au total, dont seuls quelques uns ont un intérêt touristique.
Le quartier du Minicentro
Le centre historique regroupe tous les lieux ayant ou ayant eu une importance politique : le palais présidentiel d’une couleur rose inattendue, le Cabildo, élégante silhouette blanche où siège le conseil municipal, la plaza de Mayo qui a vu défiler toutes les manifestations populaires de l’histoire mouvementée du pays, le monumental Congreso où siègent les députés et sénateurs et plusieurs autres monuments à la gloire des héros du pays (Le libérateur San Martin) et des événements clés de son histoire (Mai 1810, date de l’indépendance vis à vis de la Couronne espagnole). Cette succession de bâtiments aux façades finement travaillées, ces grands boulevards opérants des coupes claires dans la ville ne sont pas sans rappeller le plan architectural de Paris. Et pour cause, impressionnées par les résultats obtenus par le baron Hausmann, les autorités municipales de BSAS y importèrent matériaux et façon de faire. Il serait toutefois inexacte de ne restreindre qu’à la seule influence française l’aspect des rues du quartier, ainsi que de nombreuses autres rues : BSAS est un carrefour d’influences et d’autres artistes, notamment italiens, ont joué un rôle important dans le visage qu’offre aujourd’hui BSAS.
Toujours dans ce quartier, l’obélisque, érigé pour fêter le quatrième centenaire de BSAS, trône au milieu de la gigantesque avenue 9 de Julio. Les porteños (habitants de BSAS) peuvent en effet se vanter de posséder l’avenue la plus large au monde. Le piéton téméraire qui souhaiterait traverser les 140 mètres de l’avenue trouvera successivement sur son chemin 3 voies de circulation, un terre plein, 7 voies, un terre plein, 7 voies, un terre plein et enfin 3 voies. Les rues du quartier et de BSAS en général sont envahies de voitures, de bus et de taxis (Je n’ai jamais autant vu de 504 peugeot de ma vie) qui roulent à tombeau ouvert à 1 centimètres les uns des autres. Automobilistiquement parlant, le Porteños est donc un dangereux malade mental. Un trajet dans un bus de la ville aura tôt fait de ravaler les bus de la RATP ou de la STM au rang de poussifs gastéropodes anémiés. Inutile de préciser que le tout forme un environnement puissamment hostile au vulnérable piéton. Celui-ci sera tenté de se réfugier dans les grandes artères piétonnes du centre où la solitude sera très certainement le dernier sentiment qui viendra l’y étreindre.
Nous avons eu la chance de pouvoir visiter le théâtre Colon, temple de l’art lyrique argentin, où les plus grands artistes internationaux se sont produits. La salle est magnifique, ayant conservée la plupart de ses apparats depuis sa construction. Le théâtre Colon a été élu meilleure salle au monde pour l’accoustique, devant les opéras de New-York, Milan et Paris. L’accoustique y est tellement parfaite qu’aucune sonorisation n’est requise.
San Telmo
Notre hôtel se situe dans ce quartier, succession de ruelles, de belles demeures et de petites échoppes à l’atmosphère quelque peu bohème. Il fait bon prendre son temps dans ce quartier, berceau du tango et qui abrite également les meilleures parrillas (viande sur le grill) ce qui m’amène à ouvrir le chapitre culinaire de BSAS. C’est un chapitre qu’on ouvre en parcourant un menu graisseux dans une salle bondée (à partir de 21h30, le porteño ne met pas les pieds sous la table avant), où on choisit un peu au hasard une bouteille de Malbec et un morceau de boeuf, sans trop comprendre à quelle partie de l’animal on va avoir à faire. Le suspense est alors à son comble.
Avertissement : le texte qui suit contient des propos susceptibles de heurter les sensibilités végétariennes et de donner vachement faim aux autres.
Le serveur vous sert jette votre steak dans votre assiette. Vous saisissez fébrilement vos couverts. Premier signe qui ne trompe pas : le couteau ne rencontre aucune résistance dans sa progression dans la chair tendre et juteuse. Le véritable dénouement de cette histoire qui rivalise avec les plus belles pages de l’annuaire du Loir et Cher dans le manque d’intérêt total, se produit à la première bouchée : cette viande est un pur délice. Le Malbec participe à la fête et le sourire est garantie au sortir de table. Est-il utile de préciser qu’une fois ce chapitre ouvert, la dernière chose qu’on souhaite est de le refermer (Mes artères et mon foie sont en total désaccord). Cet endroit deviendra quasiment notre cantine durant notre séjour. Petit bémol tout de même : lorsqu’on prend part à un repas avec Naty, on est en droit d’attendre que la moitié du contenu de son assiette soit destinée à être consommé par celui qui se trouve à proximité, c’est à dire moi. Et bien là rien, nada, Naty finira effrontément la totalité de ses bife de Lomo…ah là là, les voyages, ça bouscule les traditions!!
Passons des plaisirs de la bouche aux plaisirs des yeux et des oreilles avec le tango. San Telmo regroupe les plus anciens bars offrant des spectacles de tango et c’est dans le plus intime d’entre eux que Naty et moi avons fait nos premiers pas. J’avoue volontiers avoir la sensibilité proche de celle d’une porte de prison quand il s’agit d’apprécier un spectacle de danse mais la vue d’un couple maîtrisant l’art du tango ne nous a pas laissé indifférents (où alors, il s’agissait des 2 bouteilles de vin vidées avant le spetacle mais ça m’étonnerait) : le jeu des regards brûlants, une jambe féminine, jusque là cachée sous l’étoffe d’une robe superbe d’un bleu éclatant, apparaît soudain pour enlacer son partenaire, la tristesse dégagée par la musique jouée par des musiciens aussi âgés que les morceaux qu’ils interprètent. (Je ne sais plus qui a décrit le tango comme une pensée triste qui se danse).
Les autres quartiers proches du centre, Recoleta et Palermo sont de beaux quartiers résidentiels qui regroupent la plupart des musées, espaces verts et boutiques de luxes. Çà et là, de somptueuses demeures rappellent l’âge d’or de BSAS.
Contrastes
À me lire ainsi, il serait aisé de conclure que BSAS est une ville idéale, dans laquelle on passe son temps à s’empiffrer de bonne viande et de bon vin au rythme du tango. Deux réalités cohabitent pourtant à BSAS sans se voir, celle des pauvres et celle des autres. Il n’est pas besoin de mettre les pieds dans les bidonvilles et autres quartiers de misère pour voir cette réalité. Pour qui a vécu dans une grande ville, la vue d’une personne fouillant dans une poubelle n’est pas quelque chose qui sort du commun. Mais à BSAS, dès que les ordures sont déposées sur le trottoir, c’est une véritable armée qui prend posession des rues, munie de gigantesques sacs de toiles montés sur roulettes, ils éventrent, fouillent et récupèrent ce qui peut l’être des tas d´immondices. Des résidents ont la courtoisie de trier leurs déchets et d’étiquetter les sacs poubelles pour éviter des fouilles inutiles. En pleine journée, au pied des tours à bureaux, une mère et son enfant disparaissent presque totalement dans la montagne de sacs poubelles qu’ils sont entrain de fouiller. Partout, aux guichets des métros, dans les trains, dans la rue, dans les cafés de très jeunes enfants quettent de l’argent. Certains ont l’air mal en point, comme ce jeune garçon au teint blafard et au regard vide, allongé dans une entrée de cinéma. Cette superposition quasi quotidienne de l’opulence et la misère fera lever le coeur au plus endurci.
Enfin, pour se changer les idées, quelques petites observations notées au grée de nos découvertes.
- les argentins n’ont toujours pas digérés la perte des Malouines et toutes les cartes en Argentine font mention de cette île comme faisant partie intégrante du territoire argentin alors que les argentins eux-même sont interdits de séjour sur ce petit bout de terre britannique.
- de nombreux argentins se signent lorsqu’ils passent devant un édifice religieux.
- la gente canine chilienne peut envier son homologue d’Argentine. En plus de ne pas errer en meute sur les trottoirs des villes, celle-ci bénéficie des services de dog-sitter : ces derniers viennent les chercher à leur domicile et leur font passer quelques heures dans les rues et les parcs de la capitale. Ainsi, il n’est pas rare de voir un pauvre bougre, les bras encombrés d’une vingtaine de laisses avec au bout une quantité égale de molosses tirant à tout rompre sur leur laisses. On se demande au final qui ballade qui.
- Barbara Bush s’est fait voler son sac à main à San Telmo, tout près de notre hôtel, avec pas moins d’une quarantaine d’agents chargés de la surveiller : forts les voleurs argentins.
- étrange d’entendre les notes du moderne Gotan Project dans les rues dans lesquelles ont raisonné les premières notes de tango.
- la Banque de la nation Argentine paie encore aujourd’hui ses décisions prises pour faire face à la crise de 2001 (Nombreux comptes de ses clients bloqués). Ainsi, les entrées de ses succursalles sont gribouillées des termes peu flatteurs “Ratas” (Rats), “Asesinos” (Assassins) et des “Batas” et “Chorros” que je n’ai pas réussi à traduire.
- prendre le métro à BSAS coûte 70 centimes de pesos (0,26 $ CAD, 0,17 euro), une bouteille de malbec 9 pesos (3$ CAD. 2 euros), un repas pour 2 dans une parrilla (2 steak, une bouteille de vin, 2 plats de frites, pourboire, bouteille d’eau) : 80 pesos (30$ CAD, 20 euros), un empanadas à la viande 1,90 pesos (0,70 $ CAD, 0,47 euro).
Demain lundi, nous quittons la frénésie de Buenos Aires pour l’extrême nord de l’Argentine et ses chutes d’Iguazu.
7 comments novembre 26, 2006

