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Gooooooooooooooood bye Vietnam

Nous sommes à Beijing depuis quelques jours et le Vietnam nous paraît déjà bien loin. 28 heures de trajet non-stop entre Hanoi et Hong Kong suivi d’un court vol de 3 heures nous ont conduit dans la capitale chinoise qui semble toute entière se préparer pour recevoir les Jeux Olympiques dans un peu plus d’un an.

Dans le dédale des rues de la vieille ville de Hanoi

Hanoi offre un visage plus serein que sa grande soeur du sud. Bien sûr un capharnaüm à peine moins tonitruant règne dans ses rues mais il est ici plus facile d’y échapper : sur les rives du lac Hoan Kiem par exemple qui, selon la légende, abrite des tortues centenaires dont il me semble en effet avoir aperçu la tête de l’une d’entres elles émerger à la surface; synonyme de bonne fortune, toujours selon la légende; ou bien dans les étroites ruelles de la vieille ville où les vietnamiens boivent leur thé à toute heure de la journée ou encore en dégustant un bon café dans une des nombreuses maisons coloniales au charme intacte.
Le vrai trésor de Hanoi cependant, ce sont les rues de la vieille ville dont une quarantaine suivent une organisation toute particulière : chacune d’elle abrite une corporation diiférente. Ainsi, le bruit des scies et des marteaux résonnent dans la rue des ferblantiers, des étincelles jaillissent de la rue des forgerons, des couleurs éclatantes parent la rue des décorations de fêtes bouddhistes, des senteurs entêtantes montent de la rue des herboristes et des visages de l’au delà vous épient dans la rue des pierres tombales qui portent pour la plupart une image du défunt. Rue du tabac, du linge de maison, du cuir, du PVC, de la miroiterie, des tapis… plus de cinquante spécialités seraient représentées dans les rues de la vieille ville. Une ballade autrement plus charmante que d’arpenter les rayons anonymes d’un Walmart.

Dans le labyrinthe des îlots de la baie d’Halong

Le premier contact avec la baie d’Halong laisse un souvenir impérissable : un chapelet d’îlots se déploie à perte de vue au dessus des eaux du golfe du Tonkin, baignés dans la brume légendaire qui nimbe les lieux d’une aura mystérieuse. Au rythme lent d’une croisière dans ses eaux calmes, doucement bercés par le chant des centaines d’oiseaux qui les peuplent, des îlots sortent de la brume comme par magie, d’autres s’y engloutissent en ne laissant entrevoir qu’un cours instant encore une silouhette monumentale avant de disparaître totalement derrière le rideau opaque.

La tête dans les nuages

Après 9 heures de train de nuit dans une couchette au confort précaire suivi d’une heure d’un bus filant à toute allure sur les routes montagneuses, nous découvrons la ville de Sapa. Sapa est un bijou lové dans les méandres vertigineux des Alpes Tonkinoises, ainsi nommées par les français, à 380 kilomètres au nord ouest de Hanoi. La ville domine une vallée aux flancs voués à la culture en terrasse dont les escaliers épousent parfaitement les ondulations des collines, offrant ainsi au spectateur un paysage unique et saisissant, quand la vallée n’est pas noyée sous un épais voile nuageux qui a valu à Sapa le surnom de “Ville dans les nuages”.
Différentes ethnies peuplent les alentours de Sapa, notamment des Hmongs et des Dao qui continuent à pratiquer la culture en terrasse, l’élevage et la fabrication d’objets artisanaux. Nous avons croisé de nombreuses jeunes filles Hmongs noirs (non en référence à la couleur de leur peau mais à celle de leur costume…qui est indigo) aux sublimes habits traditionnels et n’avons pas pu résister à leurs sourires, aux étoffes aux couleurs chatoyantes qu’elles vendaient ni à leur argumentaire de vente dans un anglais impeccable.
Après une ballade magique dans le village de Cat Cat tout proche, il était déjà temps de rejoindre notre couchette pour Hanoi.

Ira furor brevis est

la colère est une courte folie. Pour comprendre, et excuser, les lignes, disons rudes, qui vont suivre, il faut savoir que nous étions à Hanoi depuis quelques jours et nous en avions visité, dans l’ordre : l’ambassade de France, l’ambassade de Chine (aux portes de laquelle nous nous casserons les dents par deux fois), la poste centrale (si quelqu’un pense jamais avoir eu à faire à un préposé au guichet peu engageant, ce n’est rien en comparaison du bouledogue obtu qui nous a reçu et qui de surcroit à tenter de nous surfacturer nos timbres dans l’espoir, vite déçu, d’empocher la différence), la gare (la remarque canino-postale s’applique aussi pour la préposée de la gare), les agences de voyages, que nous remplissions des formulaires passionnants pour Immigration Canada, Revenu Québec… Alors on se dit que là, dimanche, sous un soleil resplendissant, nous allons rendre une petite visite au vénérable Ho Chi Minh, à jamais prisonnié de son cercueil de verre. Nous prenons place dans la file qui s’étire sur plusieurs centaines de mètres et qui témoigne de l’admiration populaire qu’inspire encore le libérateur du Vietnam (ou alors c’est parce que l’entrée est gratuite mais ça m’étonnerait quand même un peu). Les photographies sont bien évidemment interdites mais nous sommes peu enclin à laisser l’appareil photo à la consigne où règne un chaos indescriptible. Je planque donc l’appareil dans ma poche et nous continuons notre progression dans la file. Une centaine de mètres plus loin, un garde tout de blanc vêtu, m’invite à sortir du rang et me demande de vider le contenu de mes poches…à la vue de l’appareil photo, le garde au regard où pointe autant d’émotion que dans celui d’un mérou dépressif, m’indique la consigne à une centaine de mètres de là. C’en est trop, on s’en va tout penaud. Pour voir des fossiles ou des brontosaures, nous irons au musée de l’Homme à Paris : les photos y sont autorisées et c’est tout de même plus instructif qu’une poupée Ho Chi Minh allongée dans son bocal comme une sardine à l’huile dans une salade Saupiquet.
Je fais certes preuve d’une mauvaise foi à tout rompre mais ce qui provoque mon ire c’est que des règlements comme celui-ci sont édictés pour les 5% de demeurés congénitaux qui ne savent pas observer les règles élémentaires du savoir-vivre et qui prennent des photos quand c’est interdit (explicitement interdit avec un panneau rédigé dans toutes les langues ou moralement proscrit comme photographier un enfant mendiant en haillon), qui chevauchent les statues centenaires des tombeaux de Hué, qui piétinent les stèles sacrées de l’île de Pâques, qui photographient sans autorisation et en gros plan les membres des minorités ethniques sans s’interroger sur un conflit avec leurs croyances (celle de l’appareil photo voleur d’âmes par exemple), qui se montre torse nu au grand temple sacré du caodaisme, qui rient dans les couloirs de la mort des prisons du génocide ou qui jettent leurs détritus entre deux guanacos du lac Chungara.

Nous faisons donc nos adieux au Vietnam apres y avoir passé plus d’un mois. Si le Vietnam recèle des trésors pour le voyageur (Hoi An, le delta du Mekong, la baie d’Halong, Sapa, Hanoi) celui doit s’attendre à affronter chez les acteurs locaux du tourisme, les effets néfastes d’un afflux de dollars (4 millions de touristes attendus en 2007) dans une industrie mal réglementée d’un pays en voie de developpement.

Hong Kong

Ma consternante nullité géographique me poursuit jusqu’aux confins de l’Asie. Dans mon imaginaire, Hong Kong était une ville aux dimensions certes gigantesques mais qui ne dépassait pas les dimensions qu’on attribut générallement à une agglomération de 6 millions d’habitants. Tout faux, Hong Kong occupe une superficie de 1 000 Km²; soit plus que Manhattan, le Bronx, Brooklyn, le Queens, et Staten Island réunis. Le coeur financier et économique de la ville, le nord de l’île de Hong Kong, n’occupe que 7% de la superficie totale. Nous étions donc quelque peu surpris d’y découvrir de grandes étendues vierges, de paisibles villages de pêcheurs et des sentiers de randonnée de plus de 100 kilomètres!
Nos 2 journées dans cette ville unique où l’Asie s’est mêlée à l’Europe durant plus de 150 ans nous auront seulement permis d’avoir une vue d’ensemble de l’ancienne colonie, mais quelle vue!!! Celle depuis le sommet du Victoria Peak qui du haut de ses 552 mètres dévoile un panorama à couper le souffle sur la concentration vertigineuse de gratte-ciels. Quelle vue encore que celle que nous a offert une ballade en ferry sur les eaux qui sépare Kowloon de l’île de Hong Kong. Et quelle vue enfin en guise d’apothéose, à la nuit tombée, sur la débauche de lumières des gratte-ciels dont les reflets multicolores s’abîment dans les eaux noires de Port Victoria.

En Chine, nous pouvons déjà faire la même observation que dans tous les pays traversés, à l’exception de la Nouvelle-zélande et de l’Australie : Natasha passe difficilement inaperçue. C’est d’autant plus vrai en Chine où les gens interrompent leur conversation, leur chemin, leur travail pour dévisager, bouche bée, le phénomène qui leur passe sous le nez. On peut voir dans le regard des plus jeunes la même stupeur que dans les yeux d’Eliot lorsqu’il découvrit E.T. pour la première fois.

Note : cet article a pu être mis en ligne depuis la Chine en utilisant des outils permettant de contourner des restrictions sur la navigation de certains sites internet dont notre blog…

Add comment mai 23, 2007

Six pieds sous terre au Vietnam

Des tunnels viet-cong de Cu Chi à ceux de Vin Moc dans la DMZ, en passant par les tombeaux impériaux de Hué, notre remontée vers le centre du Vietnam fut placée sous le signe de l’obscurité, tantôt oppressante tantôt empreinte de douceur comme celle créée par la magie des lanternes chinoises d’Hoi an.

Les tunnels de Cu Chi

Symbole de la détermination du Nord-Vietnam à remporter la victoire, les tunnels de Cu Chi, creusés de main d’homme dès la guerre d’Indochine, ont joué un rôle décisif dans la guerre contre les Etats-Unis, notamment dans son aspect psychologique en créant le mythe d’un combattant invisible et insaisissable, capable de frapper n’importe où avant de disparaître. Les étroits boyaux courent sous des profondeurs variant de 3 à 9 mètres et le réseau totalise 250 kilomètres de galleries et de salles. La section de 100 mètres ouverte aux touristes a été élargie pour permettre le passage des “gros” occidentaux : à l’origine, la largeur des tunnels n’excédaient pas 80 centimètres pour une hauteur à peine plus élevée.

Nous entamons notre progression sous 3 mètres de terre. Nous n’irons pas loin car l’individu me précédant est pris d’une crise de panique et nous nous contorsionnons tous pour faire demi tour. Bien que les tunnels soient partiellement éclairés, de larges portions sont plongées dans une obscurité telle que vous ne distinguez pas l’individu vous précédant de quelques centimètres. L’échec de la première tentative ayant mis à mal l’enthousiasme de certains, nous retournons un peu moins nombreux dans l’obscurité. Les sections de 6 et 9 mètres sont plus étroites et, alors qu’une progression accroupie était possible dans la section à 3 mètres, il faut ici se coucher lors de certains passages critiques. La lumière du jour surgit comme une libération et pourtant ces 10 minutes ne sont rien en comparaison de l’enfer qu’on dû y vivre des combattants affamés, traqués et constamment menacés par les bombardements. Sur 16 000 soldats engagés dans les tunnels de Cu Chi, seuls 6 000 survécurent. Mais, même dans un tel enfer, la vie ne capitule jamais tout à fait : une dizaine d’enfants auraient vu le jour dans ces tunnels.

Pour nous remettre de cette expérience claustrophobique, nous faisons halte 4 jours à Nha Trang à propos de laquelle nous n’aurons pas découvert grand chose excepté qu’il y fait bon ne rien faire sur le sable de ses plages, à l’ombre bienvenue des cocotiers. Nous aurons cependant fait une rencontre touchante en la personne d’un homme agé de 80 ans dont le fils a fui le Vietnam en 1975 et qu’il ne semble pas avoir revu depuis cette date. Après avoir discuté avec nous durant 20 minutes, il nous remerciera d’avoir partagé son chagrin et nous glissera à l’oreille, non sans s’être assuré que personne ne l’entende : “Don’t believe communism”. Du reste, les vietnamiens ne se bousculent pas pour montrer un soutien sans faille aux communistes : sur une population de 84 millions d’habitants, seuls 2 millions adhèrent au parti. Sur le plan des idéologies, la rupture semble consommée entre l’ancienne génération, témoin de la guerre et de la réunification, et la nouvelle génération, plus attirée par un mode de vie à l’occidentale. L’ancienne frontière, tant géographique qu’idéologique, entre le nord et le sud semble même avoir survécue à la réunification : quasiment absents dans le sud, les larges panneaux vantant la gloire de l’armée ou celle du communisme par le biais d’une demi-douzaine d’ouvriers tous plus ravis les uns que les autres de serrer un boulon ou de lever leur clé à molette en signe de victoire ; ces panneaux disais-je fleurissent sur le bord des routes au fur et à mesure de notre progression vers le nord.

Hoi An

Hoi An est rétive à toute description. J’ai beau me triturer le cortex, je ne parviens pas à en donner une image juste et fidèle. Peut-être parce qu’Hoi An recèle une part de rêve qu’il est impossible de rapporter avec soi dans la réalité sans en altérer la magie. Pourtant il y aurait tant à dire sur ce port fréquenté par les chinois, les japonais et les européens qui en firent l’un des plus importants d’Asie du Sud-Est au 17ième siècle. Tant à dire sur son centre historique classé au patrimoine mondial par l’UNESCO. Des pages et des pages à écrire sur ces minuscules ruelles, sur ces maisons en bois desquelles se dégage une telle sérénité qu’on aimerait y passer des heures, sur les centaines de détails dissimulés aux regards trop pressés comme les yeux de dragons au dessus des portes. Et comment décrire l’atmosphère qui se dégage de la ville à la nuit tombante lorsque les centaines de lanternes chinoises parent celle-ci de colliers de lumières. Non, vraiment il m’est impossible de décrire Hoi An sans trahir sa magie. La seule preuve tangible que nous en rapporterons sont les plats succulents que Naty ne manquera pas de nous préparer après avoir étudié leur préparation lors d’un cours de cuisine locale.

Hué, l’ancienne cité des empereurs

C’est sous un ciel uniformément gris que nous posons nos sac à dos dans l’ancienne résidence des empereurs du Vietnam. De son passé prestigieux, Hué a conservé la citadelle impériale et les tombeaux de ses empereurs, disséminés aux alentours de la ville. La citadelle fut lourdement endommagée par les bombardements et les batailles acharnées dont elle fut le théâtre. De la citadelle ceint par des remparts de 10 km dignes de Vauban, seuls quelques superbes édifices ont résisté dans l’enceinte impériale. Le faste et la richesse qui accompagnaient les empereurs de leur vivant semble les suivre jusque dans l’au delà : leurs tombeaux sont de véritables villes avec des temples richement décorés, des lacs, des ponts, des esplanades, des escaliers monumentaux, des dizaines de statues et dans l’un d’entre eux, un bloc de pierre de 20 tonnes sur lequel fut gravé l’épitaphe de Tu Duc mit 4 années pour être acheminé jusqu’au tombeau depuis la province de Thanh Hoa à quelques 500 kilomètres de là.

Au nord de Hué s’étend la zone démilitarisée qui courait de part et d’autre du fleuve Ben Hai, ligne de démarcation officielle entre le Nord et le Sud Vietnam. Durant la guerre, cette zone de 10 Km de large fut ironiquement une des plus lourdement militarisée avec notamment la présence de nombreuses bases américaines, dont la célèbre base de Khe Sanh et plus bombardée que n’importe quelle autre région du Vietnam. Pour échapper aux bombes, les habitants se réfugièrent dans des tunnels qu’ils mirent 18 mois à creuser. Les tunnels de Vin Moc, plus profonds (23 mètres) et plus larges (la position debout est envisageable) que ceux de Cu Chi bénéficiaient en outre de “toilettes”, de “chambres” et de ventilation grâce notamment à une bombe americaine perforante non explosée.

Guide de survie pour les futurs voyageurs au Vietnam

Parmi les petits désagréments du Vietnam, être l’objet d’une sollicitation de tous les instants se classe largement en tête (L’inaptitude chronique des serveurs de restaurants, vendeurs et autres commerçants à trouver le résultat juste a l’issue d’une addition se classant second).
Avec une moyenne de 30 sollicitations par jour, nous avons mis au point une technique qui nous permet de ne pas gaspiller inutilement nos énergies tout en restant des gens civilisés.

sollicitation 1 – individu 1 = petit mot de refus accompagné d’un sourire.

sollicitation 2 – Individu 1 = signe de refus de la main.

sollicitation 3 – Individu 1 = indifférence marquée. Vous concernant, l’individu 1 a été rayé de la surface de la terre.

sollicitation n – Individu n = une explosion thermo-nucléaire ne provoquerait chez vous qu’un léger haussement de sourcils.

Variante : cette dernière attitude peut aussi être adoptée dès la première sollicitation en cas de mauvaise journée.

Nos icônes du Vietnam (1ère partie)

Apres 1 mois au Vietnam, il est des images, bien souvent anodines, qui se présentent quotidiennement à nos regards et qui finissent par s’incruster dans nos esprits pour devenir des icônes indissociables du Vietnam.

Les petites chaises en plastique : disséminées sur les trottoirs, elles marquent l’emplacement d’un restaurant de rue dans lequel les vietnamiens viennent déguster une cuisine bon marché et où, bien souvent, une grosse marmite et un réchaud sont les seuls instruments de cuisine. A la nuit tombée, il est très facile de se prendre les pieds dans l’une d’entres elles avant de s’apercevoir qu’une dizaine d’individus dégustent leur repas tout autour de vous.

L’élégance austère d’une étudiante en ao dai : il est difficile de conserver une quelconque prestance quand, juché sur une bicyclette, vous portez un habit ample, suffisament long pour vous couvrir les pieds. C’est le défi relevé par les étudiantes en habit traditionnel qui, souriantes et gracieuses, sillonnent les rues en tenant l’extremité de leur ao dai fermement serré entre leur mains.

Les vélos-camions : des frigos aux meubles en passant par des montagnes d’habits, des empilement improbables de boîtes, des cochons vivants ou morts, rien ne semble ne pouvoir prendre place sur un deux roues.

Les habits de pluie : les jours de pluie voient d’étranges créatures chevaucher les 2 roues : on devine le visage du conducteur qui seul émerge de la cape anti-pluie qui lui recouvre tout le corps. Quant aux passagers, ils disparaissent totalement dessous à l’exception des pieds, ce qui donne à l’equipage des allures de mille-pattes motorisé.

Depuis Hué, nous avons pris la longue route qui nous a emmené jusqu’a Savannakhet au Laos.

Add comment avril 20, 2007

Le Vietnam du sud

Ho Chi Minh : le bruit et la fureur

Saigon (Ho Chi Minh) peut sans nul doute revendiquer nombre de qualificatifs. Pour nous aucun ne lui va mieux que celui de ville qui ne se taît jamais. L’activité frénétique qui s’en empare jour et nuit semble ne jamais vouloir prendre fin. Le jour, les hordes de deux roues prennent possession des rues, les artisans de tous les corps de métier travaillent à même les trottoirs ou au fond des ruelles, de partout montent des effluves de cuisine ou d’autres mixtures inconnues, les marchés couverts sont saturés de chaleur et d’odeurs plus ou moins attirantes. La nuit tombe que ce formidable cirque semble redoubler d’intensité avec les voix tremblantes qui s’échappent des innombrables karaokés, les parkings pour deux roues se remplissant en un clin d’oeil de la clientèle des clubs aux enseignes grandes consommatrices d’électricité, des apprentis cracheurs de feu d’à peine 10 ans révolus font trembler leur audience par leur total manque de maîtrise de cet art (Un exemple parmi tant d’autres de parents qui, poussés par la pauvreté, utilisent leurs enfants comme source de revenu). Jour et nuit, ce bouillonnement d’activités se déroule avec la trame sonore d’une symphonie en klaxon majeur que les moins sourds des voyageurs auront tôt fait d’étouffer à l’aide de protections auditives pour trouver le sommeil.

De rares lieux échappent à ce furieux tintamarre. Les pagodes sont un hâvre de paix pour les sens : le silence, s’il n’est pas troublé par un groupe d’une cinquantaine de touristes, y règne en maître; les bâtons d’encens libèrent leurs effluves ennivrantes; les statues et les représentations divines captivent le regard; de temps en temps, un élément du plus pur kitsch, comme un disque de diodes multicolores au dessus de la tête d’une divinité, vous arrache, sacrilège dans un lieu voué à la piété et au recueillement, un léger sourire que vous tentez de dissimuler à la vue des fidèles. De sourires, il n’en est en revanche pas question au musée des souvenirs de guerre, vibrant témoignages du drame qu’a vécu le Vietnam durant près de 20 ans. Les commentaires, forcément partiaux, mis à part, les centaines de photos suffisent à décrire l’horreur sous toutes ses formes : bombes expérimentales, tortures, exécutions, armes chimiques, enfants, bébés compris, victimes d’atrocités. Il faudra bien quelques bouteilles de Saigon bien fraîches pour nous remettre de cette succession de clichés de l’Homme à son plus bas niveau d’humanité.

Le delta du Mékong, grenier aux sourires du Vietnam

Pour qui veut fuir l’agitation de Saigon, le delta du Mekong offre au voyageur un refuge tout indiqué. La vie se déroule ici au rythme lent d’une barque sur les eaux calmes de la multitude de canaux qui forment une toile d’araignée complexe de voies navigables. Le Mékong en constitue l’artère principale à partir de laquelle se déclinent des canaux de plus en plus étroits jusqu’à seulement permettre le passage d’une barque. Le bateau est bien entendu le moyen de locomotion idéal pour découvrir les mystères du delta. Nous en avons pris de toutes sortes : des ferries, des embarcations de 20,10 ou 2 passagers, guettant de temps à autre, au fond du bateau, avec une perplexité grandissante une flaque qui ne l’était pas moins. Nous avons ainsi visité au petit matin de nombreux marchés flottants où une flottille colorée propose de bateau en bateau toutes sortes de marchandises ou encore simplement navigué dans les canaux au milieu des habitations sur pilotis. Mais outre le riz, les canaux, les couleurs, le delta possède une autre richesse : ses habitants. Depuis leur bateau, leur 2 roues, leur maison, leur bus, enfants, adolescents et adultes nous adressaient un sourire, un ‘hello’ ou encore un signe de la main. Naty déclenchera même une hystérie collective chez un groupe de femmes qui cherchaient à attirer son attention depuis leur bus stationné dans un marché. Notre guide éclaircira ce curieux comportement par ces mots, je cite : ‘yellow hair, not seen before : very pretty. blue eyes, not seen before : very very pretty. narrow noze, very pretty…et oh bon, on se calme le guide!

Après avoir passé la nuit à Can Tho, nous prenons la direction de Chau Doc et de la frontière avec le Cambodge. Depuis notre bus, nous assisterons au spectacle enchanteur de dizaines de cerf-volants s’élevant dans le ciel du soleil couchant. Le lendemain, nous prendrons place Naty et moi dans une petite barque propulsée par le seule force des bras d’une jeune femme pour nous rendre sur une île où s’est établie la minorité Cham de confession musulmane et c’est là que nous avons fait la rencontre d’un ange. Un ange avec le Saint Graal des sourires, un sourire enchanteur et pur comme un diamant, la Joconde du Delta! Nous serions resté des heures à jouer avec cette adorable petite fille Cham (Naty rêvera même la nuit suivante que nous la kidnappions pour l’emmener à Montréal) mais hélas, il était temps pour nous de prendre notre bateau pour rejoindre la frontière Cambodgienne.

Du Vietnam au Cambodge : la traversée périlleuse

Les trois heures de traversée sur les eaux du Mékong avant de rejoindre l’immigration vietnamienne se déroulèrent sans encombre. Mais lors de l’accostage, nous devenons malgré nous les protagonnistes d’un spectacle d’acrobaties. En première partie, des enfants se ruent à l’abordage de notre embarcation pour tenter de se saisir de nos sacs. Un compagnon de voyage fera obstacle de son corps mais un sac manquera à l’appel une fois sur la terre ferme (Il sera retrouvé quelques minutes plus tard sur le dos d’un enfant qui réclamait un dollar pour le service offert). Nos sacs de 20 kg sur le dos, nous découvrons avec angoisse ce qu’il nous faut traverser pour rejoindre la terre ferme : une échelle jetée au dessus d’un fossé de 5 mètres de profondeur. Chacun son tour, nous avancons prudemment sur le fragile dispositif, aidés par des habitants qui nous tendent les bras de l’autre côté et visiblement enchantés par la représentation que nous donnons. Parvenus sain et sauf de l’autre côté, nous accueillons presqu’avec bonheur la myriade d’enfants qui nous hurlent dans les oreilles de leur acheter quelque chose.

Deux heures de traversée suplémentaires et deux heures entassés dans un mini bus non climatisé sur une route en travaux, nous voici dans la capitale du Cambodge.

3 comments mars 23, 2007


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