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L’envol des kiwis

(Titre éminemment trompeur dans la mesure où un kiwi à plumes ne vole pas, seule et unique caractéristique qu’il partage avec son homonyme fruité)

Nous goûtons enfin un repos bien mérité à Christchurch d’où nous nous envolerons demain lundi 29 janvier pour Sydney. Christchurch, sur la côte est de l’île du sud, est une ville fort agréable avec un petit air britannique dans ses maisons victoriennes et ses pelouses qu’on dirait coupées au laser tant semble égale la longueur de chaque brin d’herbe dans toute la ville. Au 5ième jour de notre présence ici, nous avons enfin cessé de fredonner un petit air de Jean Leloup qui nous trottait dans la tête depuis notre arrivée sur l’île du sud (La plaine est morne sous la pluie, nuages bas, le temps est gris…) : le soleil a fait son apparition ce qui permet de dissiper, outre les nuages, les larmoyants sarcasmes météorologiques dispensés ici à longueur de lignes. Notre dernière franche rencontre avec cet astre merveilleux remontait à Queenstown. Établie sur les bords du lac Wakatipu, dominée par les silouhettes imposantes des Remarkables, Queenstown jouit d’un cadre à couper le souffle. L’activité fébrile qui y règne témoigne de la prétention de Queenstown à devenir la capitale des loisirs de la Nouvelle-zélande. Loin de cette agitation, nous trouverons un endroit magique et isolé, avec vue imprenable sur le lac, pour y passer nos 2 nuits.

De Queenstown, nous prenons la route d’Invercargill, ville sans réel intérêt mais qui aura été le siège d’un grand événement : la dégustation de notre premier et unique vin néo-zélandais, un pinot noir, en souvenir d’une excellente dégustation entre amis à Montréal. Peu après Invercargill débute la région des Catlins qui s’étend jusqu’à Balclutha, 150 kilomètes plus à l’est.  À l’écart des grands circuits touristiques, il s’agit d’une vaste région côtière quasi déserte, les régiments de moutons mis à part, où les ondulations des collines semblent s’enchaîner à l’infini jusqu’à ressembler à un océan aux vagues d’herbes rases à jamais figées. Cette région , sans être à proprement parlé spectaculaire, exerce une véritable fascination et dégage un magnétisme mystérieux. Est-ce la lumière filtrée par l’écume des vagues qui frappent en permanence les rochers ? Ou bien encore les silouhettes torturées des arbres que la vent a façonné et le sel brûlé ? Ou peut être est-ce simplement l’isolement dans lequel on est plongé qui nous donne l’impression de fouler une terre encore vierge. Nous avons dormi seuls, dans une clairière tout au bout d’un chemin en terre, et aurons été bercé par le bruit d’un ruisseau tout proche et ébahi par la clarté cristalline de la voute étoilée au dessus de nos têtes.

Encore sous le charme des Catlins, nous arrivons à Dunedin que nous quitterons quasi-instantanément pour échapper à la pluie qui nous y avait devancé. Nous prenons la direction du Mont Cook, plus haut sommet de Nouvelle-zélande avec ses 3755 mètres, et des lacs Tekapo et Pukaki aux eaux d’un bleu turquoise. Hélas, la pluie nous aura encore devancée et aura peint d’un gris uniforme le ciel, les lacs, les montagnes ainsi que nos humeurs. Une attente de 3 jours sera récompensée par un magnifique ciel bleu, excepté autour du Mont Cook dont le sommet demeurera douillettement emmitouflé dans son écharpe de nuages. Les lacs par contre brilleront de leur éclat turquoise et quelques randonnées nous permettront d’apprécier de magnifiques panoramas sur les glacier et les vallées environnantes.

Le piège

Sur la route de Christchurch, nous nous laisserons piéger par une aire de pique-nique d’apparence inoffensive. Après un round d’observation, nous sélectionnons un petit coin tranquille pour y passer la nuit. À peine sommes nous engagés sur l’herbe grasse que la boue, jusqu’alors invisible sous le tapis d’herbage, emprisonne les 2 roues arrières de notre camper van qui s’affolent furieusement mais en vain. Nous ne sortirons de cette première embuscade que pour mieux sombrer dans l’étreinte fatale que nous réserve cette sournoise aire de pique-nique quelques mètres plus loin. Cette fois-ci rien n’y fera, même les techniques les plus élaborées héritées du Camel Trophy et du Paris-Dakar, se révèleront inefficaces. Les mains et les pieds couverts de boue, le souffle court, le regard bas, nous nous avouons notre défaite et attendons d’hypothétiques renforts. Ceux-ci prendront l’apparence d’un couple de néo-zélandais et de leur 4×4 qui ne fera qu’une bouchée du piège ainsi tendu. Remerciant nos bons samaritains, nous filons, la tête basse, tout honteux de s’être laissé piéger de la sorte.

Ainsi notre séjour en Nouvelle-zélande s’achève après 1 mois et plus de 4000 kilomètres en plus au compteur de notre camper van. Nous ne pouvons hélas nous empêcher de tomber dans le piège des comparaisons et s’il est vrai que la Nouvelle-zélande offre une palette de paysages incroyablement diversifiés pour un pays à peine plus grand que la Grande-Bretagne (Volcans, Montagnes, plages désertes, vallées verdoyantes, côte sauvage) celle-ci s’est révélée moins spectaculaire, moins depaysante que la vibrante Amérique du Sud. Pour nuancer nos propos, notre moyen de transport aura sans doute influencer notre perception du pays. Voyager en solitaire durant un mois dans un espace d’environ 3 mètres par 1,75 est un peu épuisant et pour ne rien vous cacher, on aurait même eu quelques mauvaises paroles envers notre fidèle camper van.

Direction l’Australie donc, une seconde visite pour moi et une vraie découverte pour Naty. Et pour se venger d’un mois de restriction, on se paie une soirée à l’opéra. Nah!.

4 comments janvier 27, 2007

Aux pays des kiwis

On a tous ses trous de culture dans lesquels on trébuche un jour ou l’autre, dévoilant ainsi aux autres l’étendue de son ignorance crasse. La mienne m’avait enclin à croire que l’appellation “Pays des kiwis” signifiait que la Nouvelle-Zélande était la patrie de ce petit fruit sucré. Honte à moi quand j’ai découvert mon erreur : j’avais totalement oublié l’existence d’un kiwi à plumes, espèce protégée et menacée d’extinction.

Après trois mois en Amérique du Sud, nous voici donc au pays des Kiwis depuis déjà trois semaines, juste à temps pour célébrer la nouvelle année. Nous avons atteri le 26 décembre à Auckland en pleine forme. Comment diable sortir d’un avion frais comme un oeuf après 13 heures de vol ? Voyager en classe Affaire bien sûr. Puisque le Père Noël ne pouvait pas passer en plein vol nous distribuer nos cadeaux (En raison de l’absence de cheminée dans les avions bien sûr), la compagnie LAN nous a offert le notre avant d’embarquer : 2 sièges en Business Class. Dorénavant, il est hors de question de retourner avec les indigents en classe éco. La suite du voyage en Nouvelle-Zélande ne sera pas à l’image de ces débuts feutrés.

L’île du Nord

Auckland est une ville agréable d’où la nature n’est jamais très éloignée. La splendide baie d’Auckland est parsemée de plages et les anciens volcans qui surgissent çà et là offrent de beaux panoramas sur les alentours qui n’égalent pourtant pas celui qu’on peut avoir du haut des 140 mètres de l’étage d’observation de la Sky tower (qui en compte 328 au total), symbole incontesté de la ville. Pour explorer le reste de la Nouvelle-Zélande, nous avons opté pour un ‘Camper van’, sorte de petit fourgon dont l’intérieur a été aménagé de sorte à contenir un lit ou quelque chose qui s’en approche, un réchaud et quelques autres accessoires. Naty fermement installée aux commandes, nous filons vers l’ouest d’Auckland pour y admirer les très belles et très sauvages plages de Piha et KareKare sur laquelle résonnent encore les notes du Piano de Jane Campion. Nous prenons ensuite la direction du sud de l’île du Nord. Sur notre chemin, nous visiterons des trous qui fument au ras du sol (Activités géothermiques près de Rotorua) et des trous qui fument en altitude dans le parc national Tongariro et ses trois volcans. Pour ceux d’entres vous qui ont réussi l’exploit de visionner la trilogie du Seigneur des Anneaux sans s’endormir avant la fin, ces 3 volcans (Photos à venir) et surtout le Mont Ngauruhoe, ont été utilisés pour figurer le Mont Doom ou le Mordor peut être. Pardonnez mon ignorance, contrairement à Naty, je ne fais pas partie de ceux visés par la catégorie du début de la phrase précédente. Ce film est à l’origine d’une grande variété d’activités touristiques, il y a même des safaris Lord of the Rings qui vous font découvrir tous les lieux des tournages.

Impossible de rouler sur les routes de Nouvelle-Zélande sans que de multiples petits points blancs vous agacent la rétine. Ce n’est certainement pas l’éblouissement dû au soleil qui vous cause de telles hallucinations étant donné le faible nombre de nos journées ensoleillées : si le pays compte plus ou moins 4 millions de Néo-Zélandais, le nombre de moutons s’élève lui à près de 60 millions. La Nouvelle-Zélande n’est donc pas le pays où pour soigner une insomnie il faille s’aventurer à compter les moutons. Une colline de Nouvelle-Zélande sans ses moutons, c’est comme une journée ensoleillée en Nouvelle-Zélande, c’est rare.

Nous atteignons enfin Wellington, la capitale politque du pays. Située comme Auckland dans une baie splendide, Wellington est une ville agréable, au rythme nonchalant et où les activités de plein air semblent occuper une place importante chez ses habitants, tout comme chez les Néo-Zélandais en général qui initient leurs progénitures dès leur plus jeune âge. Ainsi il est fréquent de croiser des familles entières sur des sentiers de difficulté moyenne, voir élevée alors que Naty et moi avions longuement étudié pour déterminer si nous étions capable d’entreprendre de telles marches. La honte!

Le budget

Tel que mentionné plus haut, le temps béni de la classe Affaire est révolu : la Nouvelle-Zélande est une destination chère et l’heure est donc aux économies. Ayant échoué dans notre tentative pour convaincre notre camper van de réduire sa consommation d’essence qu’il engloutit à la vitesse à laquelle se vide une bouteille de vodka pleine devant une assemblée de ressortissants polonais, seuls Naty et moi allons nous serrer la ceinture, que nous avions de toute façon un peu trop ajustée depuis notre passage en Argentine. Après bientôt trois semaines d’un régime largement dominé par les pâtes, je me sens ainsi de plus en plus italien, une pointe d’accent vient même égayer mes phrases à l’heure du soûper et puis franchement, la défaite de l’équipe de France lors de la dernière finale de coupe du monde ne m’apparaît plus aussi scandaleuse…bon demain, j’arrête les pâtes. Nous alternerons aussi les nuits dans les camping et les nuits dans la nature, au bord d’un lac ou d’une plage, au détour d’une route déserte.

L’île du Sud

À Wellington, nous prenons tous les trois, moi, Naty et le camper van, le chemin de l’île du Sud par un ferry sous un vent violent qui nous remet en mémoire des scènes d’une traversée mouvementée près des côtes chiliennes. La Nouvelle-Zélande étant située dans les 40ièmes Rugissants, le vent y fait partie du décor, tantôt simple brise, tantôt soufflant en violentes bourrasques. La pluie est également une spécialité du pays, servie en ondée ou en journée complète.

Depuis Picton, nous prenons la direction du parc national d’Abel Tasman. Ce parc abrite une des plus célèbres randonnées de Nouvelle-Zélande. D’une durée de 3 à 5 jours, ce sentier serpente le long de la côte sur près de 51 kilomètres. Nous effectuerons simplement 8 heures de randonnée aller-retour (26 kilomètres tout de même) et le moins que l’on puisse dire, c’est que la réputation de ce sentier n’est pas usurpée : nous découvrons des vues plongeantes sur des plages encerclées par une végétation luxuriante et baignées par les eaux turquoises de la Mer de Tasmanie. Seul bémol (les multiples douleurs de nos vieux os cliquetant mis à part), les plages isolées sont le siège d’une activité touristique intense : ski nautique et autres sports nécessitant de puissants bateaux à moteur, bateaux taxi déposant les randonneurs à différents points du parcours… Ces vrombissements incessants finissent par agacer les oreilles des silencieux randonneurs et clouer le bec aux nombreux oiseaux du littoral qui se demandent encore quels avantages ils ont à se trouver percher dans un parc national protégé.

Poursuivant toujours plus notre exploration de la côte ouest, nous parvenons aux glaciers Frantz-Josef et Fox. Le premier nous sera apparu derrière un rideau de nuage et de pluie mais nous aurons la chance de contempler le second sous un soleil radieux et d’approcher de très près sa face terminale.

Nous traversons ensuite la chaîne montagneuses des Alpes du Sud au milieu de décors grandioses. Les paysages qui nous attendent de l’autre côté sont radicalement différents : 2 lacs immenses, Wanaka et Hawea, déploient leurs eaux calmes au milieu de massifs montagneux, dominés par la haute silouhette du Mont Aspiring. Parmi les nombreuses marches accessibles depuis la ville de Wanaka, nous choisissons celle qui monte au glacier Rob Roy. Après avoir infligé à notre camper van une route chaotique digne du célèbre passage du Salaire de la peur (Ne pas descendre en dessous de 60 km/h pour éviter les vibrations), nous commençons l’ascension sous un soleil resplendissant. Qu’est ce qui peut gâcher la vue au pied d’un glacier atteint après 2 heures d’une ascension laborieuse : les nuages et la pluie qui l’un et autre seront apparus quelques minutes avant notre arrivée au sommet.Ô rage! Ô désespoir! Ô météo ennemie! N’ai je donc tant gravi que pour contempler ceci! Soyons honnête, la vue d’un glacier suspendu à plusieurs centaines de mètres au dessus de nous et duquel s’échappent des cascades est un spectacle inoubliable mais la présence du soleil l’aurait rendu unique. Nous serons consoler dans notre déception par la présence au somment d’une colonie de Kea, perroquets peu craintifs au plumage vert et rouge sous les ailes, qui tenteront par tous les moyens de nous voler notre repas dont ils n’auront pas une miette car il strictement interdit de les nourrir.

Nous sommes actuellement sous le soleil de Queenstown (si si, sous le soleil) et continueront notre route vers la ville d’Invercargill à partir de laquelle nous entamerons notre remontée vers Christchurch d’où nous nous envolerons pour Sydney.

7 comments janvier 15, 2007

Le silence des kiwis

Les plus observateurs d’entres vous auront remarqué que nous n’avons pas donné de nouvelles depuis notre arrivée en Nouvelle-Zélande. Cela ne s’inscrit pas dans une démarche volontaire de notre part pour nous éloigner de toute technologie et se réfugier dans la contemplation dans les vertes et lointaines contrées de ce pays. Deux raisons à cela : nous nous déplacons constamment dans notre super “camper van” (Sorte de mini-fourgonnette aménagée qui contient un lit pliable et un coin cuisine. Le confort y est spartiate…). Seconde raison : les tarifs internet et le cout de la vie en général sont beaucoup plus élevés que nos prévisions. Nous avons donc quelques soucis avec notre budget qui lancé tel un cheval au galop ne daigne que péniblement revenir au trot, voir au pas. (L’appétit vorace de notre ami camper van n’est pas étrangé à nos soucis).

Nous sommes actuellement à Wanaka sur l’ile du sud, que nous quitterons aujourd’hui ou demain pour Queenstown, d’ou nous espérons pouvoir vous donner de plus amples détails sur notre parcours aux pays des kiwis.

PS : nos excuses à nos amis et à nos proches pour l’absence de nouvelles de notre part. Toutes nos félicitations à Virginie et Antoine : la puce est adorable. JM et Marion : quand metterez vous fin au suspense :-)

1 comment janvier 13, 2007


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