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Aux portes de la Patagonie
Arrivés à Puerto Montt après pas moins de 4 vols (Moi qui adooore les avions), le changement qui nous y attend est total. Les étendues désertiques ont laissé la place à une sucession de lacs et d’espaces verdoyants. La température qui nous accueille nous confirme que Puerto Montt marque la fin de la région des lacs (sur laquelle nous avons totalement fait l’impasse) et le début de la Patagonie Chilienne. Puerto Montt est une ville agréable, nichée au fond des méandres du Pacifique qui serpente entre les nombreuses îles et canaux de la région.
Nous sommes à Puerto Montt pour prendre un ferry de la compagnie Navimag qui longe la côte chilienne jusqu’à Puerto Natalès, plus au sud, que nous atteindrons après 4 jours en mer.
Nous levons l’ancre comme prévu lundi à 16h et première (mauvaise) surprise : cette croisière est une véritable attraction touristique car pas moins de 4 bus seront nécessaires pour acheminer tout ce petit monde jusqu’à l’embarcadère. La première journée est consacrée à la découverte du bateau car la météo est peu propice à l’observation du paysage : la pluie intermittente et la brume suspendue aux reliefs de la côte ne laissent qu’entrevoir les silhouettes des montagnes toutes proches qui se jettent dans l’océan.
Première nuit calme malgré la traversée d’un golfe qui a tenu en éveil bon nombre de passagers durant une heure en raison des mouvements prononcés du bateau : simple “mise en bouche” pour ce qui nous attend le lendemain.
La vie à bord est rythmée par les repas, les films et les séances d’information. La pluie, le froid et le vent ne nous incitent pas à nous aventurer sur le pont pour profiter de la vue. Nos courtes sorties se font donc entre 2 séances de lecture, 2 séances de grignotage, voir 2 séances de pure glandouille. Le spectacle qui défile sous nos yeux sort tout de même de l’ordinaire : des collines aux sommets enneigées se succèdent les unes aux autres, des îles, des criques, des plages isolées se découvrent lentement lors du passage du ferry.
La fin de la deuxième journée approche et nous jettons l’ancre dans une baie dans l’attente de meilleures conditions météorologiques pour traverser la zone délicate du parcours : une sortie de 6 heures dans l’océan pacifique, suivie d’une autre période de 6 heures durant laquelle nous traverserons le golfe de Pena. Selon notre guide de voyage, cette zone peut mettre à l’épreuve les marins les plus endurcis….Dès que le bateau quitte les eaux calmes du canal, des paquets de mer viennent percuter de plein fouet le bateau. La suite est dantesque et 20 ans d’images de Thalassa me reviennent en mémoire de facon diffuse. Je m’installe dans le poste de pilotage avec quelques autres passagers pour prendre la pleine mesure du spectacle (Je reviendrai sur le sort des autres passagers et de ma pauvre Naty dans quelques lignes). Les vagues forment des creux béants dans lesquels s’engouffre la proue du bateau dans un jaillissement d’écume qui atteint les vitres du poste de pilotage. Les vagues font et défont des montagnes et des gouffres d’eau sous nos yeux. À cela s’ajoute le bruit sourd que font les vagues en frappant la coque du navire et qui résonne dans tout le bateau. Ahurissant! Le lendemain, l’équipage nous confirmera que de telles conditions sont rarisimes et les que les creux formés ont atteint 5 mètres. Ouf!
Naty n’aura pas la joie d’apprécier ce spectacle, tout comme la majorité des passagers. Gavée de pillules anti mal de mer (qui continueront de lui donner le mal de mer après avoir débarqué du bateau), Naty restera couchée dans notre cabine jusqu’au lendemain matin. Quant à moi, et à ma grande surprise, je ne souffre pas du mal de mer (Je suis peut être né dedans finalement…)
Le dîner (durant lequel un spectre d’une blancheur extrême, ressemblant vaguement à Naty, viendra s’assoir péniblement à ma table avant de disparaître illico, pour aller se coucher dans sa cabine) sera l’occasion de rire un peu pour le nombre restreint de passagers qui y prendront part. Apporter un plateau repas d’un point A à un point B est une tâche à la portée du premier non paraplégique venu. Dans ces conditions, la tâche se révèle particulièrement périlleuse. Tout le monde rit de bon coeur jusqu’à ce que vienne son propre tour d’accomplir cet exploit. Tout le monde s’en sortira finalement honorablement.
Nous arriverons finalement à Puerto Natales le surlendemain.
Nous avons abandonné l’idée d’un trek de 4 jours dans le parc de Torres del Paine, les conditions météo et notre forme physique n’étant pas au rendez vous. Nous nous contenterons d’une excursion d’une journée. Nous prendrons ensuite la route de l’Argentine en rejoignant El Calafate afin d’y découvrir le spectacle, somptueux paraît-il, du glacier Perito Moreno.
6 comments novembre 3, 2006
Farniente et Frayeur à Arica
Nous sommes arrivés dimanche à Arica aprés un voyage en bus d’une durée de 11 heures au départ de San Pedro de Atacama. Arica est une station balnéaire au charme désuet à l’image de notre hôtel qui fut jadis un hôtel 3 étoiles mais dont la marche du temps à gommer peu à peu le lustre d’antan. Nous avons tout de même notre chambre à 20 mètres du Pacifique. S’endormir avec le grondement des vagues en guise de berceuse est un vrai délice. Arica est dominée par de hautes falaises vierges de toute végétation qui nous rappelle encore une fois que le désert est aux portes de la ville. L’activité furieuse de l’océan Pacifique mise à part, Arica est une ville qui invite à la paresse. De nombreuses et larges plages occupent le front de mer, parsemé ca et là de bandes rocheuses sur lesquelles viennent s’écraser les rouleaux dans un jaillissement d’écume. Cette ville où il ne pleut jamais, où la température descend rarement en dessous de 20 degrés est la ville rêvée pour ne rien faire. Nous avons braver cette interdiction tacite de se livrer à une quelconque dépense superflue de calorie en nous rendant une journée au parc Lauca, classé réserve de la biosphère par l’UNESCO et distant de 264 km d’Arica. Nous avons été grandement récompensé de cet effort louable. Le parc est un paradis pour les vigognes (petits camélidés), les lamas, alpacas, condors des Andes, viscaches (une sorte de gros lièvre) et les centaines d’espéces d’oiseaux qui y ont trouvé refuge. Le clou de l’excursion est le lac Chungara, le plus haut du monde (selon les Chiliens) avec 4500 mètres, dans les eaux duquel se reflètent les volcans Pomerape (6280 m) et Parinacota (6310 m). Plus loin, on apercoit le point culminant de Bolivie, le volcan Sajama (6500 m). Tout observateur d’un tel spectacle est plongé dans un sentiment d’éternité et durant les 40 minutes que dure le rêve éveillé, nous tentions de trouver un endroit dans notre mémoire pour y graver ce panorama et l’atmosphère toute entière qui en émane.
Comme il est facile de descendre rapidement du paradis à l’enfer. Arica se situe au niveau de la mer, le lac Chungara à 4500 mètres d’altitude et à 260 kilomètres d’Arica : le mathématicien le moins chevronné en aura conclu que ca monte vachement, et qui dit monter, dit descendre. Les nombreux camions qui empruntent cette route roulent plus lentement lorsqu’ils descendent que lorsqu’ils montent. Un élan trop appuyé ou un ennui mécanique et c’est la mort assurée. J’avais comme un pincement au coeur en voyant ces pauvres bougres accrochés à leur volant, toute leur énergie déployée à freiner le plus possible leur mastodon de ferraille et guettant avec anxiété le virage au bas de la pente, priant pour ne pas y disparaître avec leur chargement. D’autant plus que les chiliens ont une tradition vraiment rigolote : ils érigent un ou plusieurs sanctuaires (dépendant du nombre de victimes) sur les lieux d’un accident. Inutile de dire que le nombre de ces sanctuaires était relativement élevé tout au long des 260 kilomètres. Mais revenons à notre enfer à Naty et à moi qui a pour nom Joel (D’ailleurs, dans Joel, il y a Hell). Au départ de la petite ville de Putre (si si, ca existe), Joel, notre guide jusqu’alors, prend le volant. Et notre angoisse commence. Ce malade roule à fond les ballons, dépasse les camions dans les virages et les côtes, prend l’intérieur des courbes pour ne pas réduire sa vitesse, tente de dépasser un camion puis se ravise au dernier moment étant donné la proximité du poids lourd qui nous foncait dessus. Peu avant l’arrivée à Arica, la route épouse la montagne et plusieurs virages en épingle très serrés parsèment la descente. Le vide qui borde la route est vertigineux. Ce furieux ne changera pas pour autant sa conduite et nous procurera les plus beaux frissons automobilistiques de notre existence. Arrivés à Arica, Joel passera le volant au chauffeur du matin et viendra nous voir, le sourire aux lèvres, pointant du doigt sa montre, sans doute pour signifier que nous venions d’établir un nouveau record de vitesse. Bref Joel est un con et pour une excursion à Arica, évitez l’agence Tourismo Lauca (rebaptisé Tourismo Loco qu’on pourrait traduire par tourisme de tarrés).
Mais il était dit que l’un de nous deux devait payer notre écart de conduite face à loi du rien faire d’Arica et avec la chance qui me poursuit depuis le début, il n’est pas difficile de deviner qui a dû subir la punition. Une insolation me clouera donc au lit le lendemain (J’espère que personne n’aura noté l’artifice qui consiste à blâmer une entité aussi impersonnelle qu’une prétendue loi tacite lorsqu’on est assez con pour ne pas se couvrir la tête sous un soleil de plomb à 4500 mètres d’altitude).
Nous quitterons le nord du Chili samedi pour rejoindre Puerto Montt, aux portes de la Patagonie. Fini donc les étendues désertiques. Nous sommes impatients de découvrir la Patagonie et de retrouver la couleur verte, oh oui, du vert, de la chlorophylle!!…et la pluie hélas, que nous n’avons pas vu une seule fois depuis notre arrivée au Chili.
1 comment octobre 26, 2006
De Copiapo à San Pedro de Atacama
Nous avons quitté Copiapo pour San Pedro de Atacama durant la nuit du 13 octobre par un bus de nuit (12 heures quand même).
Copiapo est une étrange ville de plus de 160 000 habitants. Entourée par des kilomètres de désert, elle semble surgir de nulle part. Malgré son isolement, elle se revèle très dynamique et constitue une étape agréable. De plus, à Copiapo, les jeunes sont à la fois curieux et turbulents.
Curieux comme ce groupe de jeunes filles d’à peu près 14 ans qui nous interpellent avec de grands sourires. Elles nous posent plein de questions et semblent surtout étonnées par la couleur de peau de Naty et sa couleur de cheveux. Le dialogue s’installe malgré les difficultés linguistiques. Elles sont tout simplement adorables et poussent de grands cris lorsque Naty prononce le mot Canada et leur dit
qu’elles sont très jolies. Elles nous font chacune la bise avant de nous quitter.
Turbulent comme ce petit gars de 3 ans à peine, rencontré dans un restaurant de Copiapo dans lequel nous étions attablés Naty et moi. Nous avions à peine remarqué l’entrée de ce jeune couple armé de leur fils. Il ne faut que quelques minutes au petit bambin pour capter l’attention de Naty et quelques minutes encore pour capter celle de toute l’assistance du restaurant grâce à un organe vocal fort développé pour son jeune âge. Revenus à notre conversation Naty et moi, nous oublions la présence du jeune truglion jusqu’à ce qu’un projectile de la taille d’une balle de tennis, composé à 93% de pain pré-maché, à 3% de ketchup, à 3% de mayonnaise et à 1% de bave, vienne me percuter au dessus de l’oeil gauche, laissant une trace de mayonnaise sur mes lunettes. Le couple ainsi que Naty partent d’un rire incontrolable qui dure plusieurs minutes. Quant à moi, je reste impassible devant cette sauvage agression.
Les jeunes de Copiapo sont turbulents.
San Pedro de Atacama
San Pedro est une vraie oasis au milieu du désert : un peu plus de 2000 habitants, des rues en terre (la poussière s’infiltre partout), une chaleur accablante (Bonjour Montréal), des maisons basses en pisé. Le panorama depuis San Pedro s’ouvre sur la cordillère des Andes et ses volcans qui culminent à plus de 6 000 mètres. Un de ses volcans, Lascar, est proche de San Pedro et est encore en activité. La région est une zone sismique et nous avons pu le constater lorsque occupés à préparer notre prochaine expédition dans une agence de voyage, la terre trembla suffisamment pour interrompre la conversation avec nos 2 guides et laisser apparaître sur leur visage une anxiété visible, ce qui ne fut pas pour nous rassurer (Après des recherches, il semblerait que cette secousse ait atteint 5.2 sur l’échelle de Richter et que ce genre de secousse, avec plus ou moins d’intensité, se produit une fois par mois). Mis à part les secousses sismiques, rien ne semble pouvoir perturber le cours paisible de la vie qui s’écoule plus lentement que partout ailleurs depuis notre arrivée.
Hier, accompagnés d’un japonais, de 2 anglais et d’un guide local (du genre la vie s’écoule très très lentement pour lui) et qui nous laissera visiter seuls la plupart des sites et demandera même à Natasha de jouer le rôle d’interprète, nous sommes partis à la découverte des alentours de San Pedro.
Au programme, la vallée de la mort, une mine de sel et enfin la vallée de la Lune, lieu de rencontre privilégié de tous les touristes des environs en fin de journée, lorsque le soleil se couche et dévoile de somptueuses couleurs sur la vallée et sur les Andes.
A noter la performance honorable de Naty dans le rôle de l’interprète qui aura quand même commis quelques erreurs dans la traduction des grandeurs. Ainsi, San Pedro s’est vu affublé d’un volcan d’une hauteur prodigieuse de 16 000 mètres, ce qui est, convenons en, un sacré volcan.
Demain lundi, nous partons pour une expédition de 4 jours en Bolivie avec en point d’orgue, la visite des Salar de Uyuni. Retour à San Pedro Jeudi midi.
4 comments octobre 15, 2006
La jolie Vallée de l’Elqui
Nous sommes présentement à La Serena, à 5 heures d’autobus au Nord de Valparaiso…La tranquilité nous va bien. La Serena est une ville en bord de mer avec environ 150000 habitants. Ici, ce sont les rues quasi désertes par endroits, de nombreuses églises, une place du marché animée, la plaza de armas (nous l’appellons désormais la place des gypsies, car ce sont bel et bien des gypsies qui nous y ont probablement jetés quelques mauvais sorts après leur avoir refusé la pièce, mais comme nous n’avons pas compris leurs paroles, cela ne peut pas nous porter malheur, non?), et la plage que nous irons explorer aujourd’hui.
Hier, nous étions dans la jolie Vallée de l’Elqui. Cette région montagneuse est tout spécialement reconnue pour son pisco, et pour sa détentrice d’un prix nobel de littérature en 1945, Gabriella Mistral. Pour les amies péruviennes, notre guide nous a mentionné le fait que le mot pisco était un mot quechua, donc du Pérou! Nous avons aussi apperçu sur l’un des sommets de la vallée, El Tololo, l’un des observatoires les plus importants du monde, situé sous un ciel dégagé 300 jours par an.
En ce qui concerne le logement, nous sommes dans un hostal correct où, et c’est ce que je trouve de bien, nous pouvons y préparer nos propres repas. Troisième tentative l’autre soir côté vin chilien, et disons que c’était une coche au dessus des précédentes.
Cela fait tout juste un peu plus d’une semaine que nous avons quitté Montréal, et dans nos têtes il semble qu’il s’en ai passé plus du double…
Natasha
9 comments octobre 10, 2006
Soleil à Valparaiso
Nous quittons le brouhaha de Santiago pour espérer trouver un peu de quiétude à Valparaiso, au bord du Pacifique et à une centaine de kilomètres de Santiago seulement. Après un trajet d’une heure et quelques minutes dans un autobus tout confort, nous découvrons cette ville surprenante dont les collines, au nombre de 42 ou 45 selon les guides, recouvertes de maison de toutes sortes, font face au Pacifique. Le bas de la ville regroupe les commerces et la majorité du traffic : c’est hélas lá que le B&B que nous avions visé se trouve. Tant pis, la chambre est belle, le proprio sympa et le prix correct.
La ville est découpée en “Cerro” qui correspondent grosso modo chacun à une colline. Nous empruntons un funiculaire parmi la quinzaine que compte la ville. Nous prenons place dans une boíte en bois bringuebalante qui menace à tout moment de rendre l’âme au fur et à mesure de notre ascension.
La quiétude retrouvée en s’élevant de quelques dizaines de mètres est appréciée. Ici, ce ne sont que ruelles, belles demeures et promeneurs.
À noter que Valparaiso est la première ville en Amérique du Sud qui ne trouve pas en son centre une Plaza de Armas mais une place Victoria. La faute en revient sans doute aux anglais qui ont acheté de larges portion de la ville par le passé et dont l’architecture de plusieurs édifices témoigne de leur grande activité tout au long des siècles derniers.
Je clos le chapitre des chiens errants : il s’en trouve également par dizaine dans les parcs et les rues de Valparaiso. Ils vous accompagnent quelques fois dans vos promenades, ils sont souvent en piteux états mais la cohabitation avec les humains semble se dérouler à merveille. Quand même, s’il restait à Brigitte Bardot quelques cheveux rebelles à la blancheur, la vue de ces chiens aurait tôt fait de mater les mèches récalcitrantes.
Je ne clos pas pour l’instant le chapitre des vins chiliens bien que nos tentatives d’acquérir par nous même un bon crû se soient soldés invariablement par la dégustation d’un liquide dont les vertues me sembleraient plus indiquées pour déboucher mes toilettes que de contenter mon gosier. Mais ne t’inquiétes pas Romy, nous allons persévérer!
Départ samedi matin 7h pour La Serena. Nous espérons que cette ville porte bien son nom aprés le climat sonore de ces derniers jours! En attendant, nous allons profiter des derniéres heures sous le soleil de Valparaiso.
3 comments octobre 6, 2006
Les chiens et les amoureux de Santiago
Lendemain difficile car après la piquette d´hier soir, nous avons eu droit de retour à l’hôtel aux fonds de bouteilles de la soirée dégustation de vin, d’une toute autre qualité dieu soit loué, en compagnie des autres hôtes de l’auberge et avons discuté avec eux jusqu’á une heure avancée de la nuit.
L’après midi est consacrée à notre première vraie visite de Santiago après avoir traîné nos sacs à dos jusqu’à notre nouvel hôtel. Nous parcourons une portion des 18 km de l’Alameda, artére principale et constamment embouteillée de Santiago. En découvrant l’ancien quartier général du gouvernement Chilien de 73 à 81, bâtisse sombre, gigantesque et quelque peu effrayante, nous nous rappellons que nous marchons dans les rues de la capitale d’une récente dictature dont les traces physiques tout du moins, sont encore visibles. Signe que les temps ont changé, la destruction de cet immeuble a débuté récemment. Nous montons au sommet du charmant cierro Santa Lucia, hâvre de paix au milieu du vacarme provenant de l’Alameda. La vue offerte au sommet nous montre une fois de plus un des problèmes cruciaux auquel doit faire face la capitale : le smog. Les Andes, pourtant à quelques kilométres de la capitale, sont quasiment invisibles. Redescendu dans le tumulte du centre de Santiago, nous nous rendons à la Moneda, palais présidentiel dont je me rappelle avoir vu la silhouette en flammes sous les bombes de Pinochet.
Sur la place de la Constitucion, ça nous turlupinait depuis un moment mais là je ne peux m’empêcher de revenir sur un phénomène étrange : les chiens errants de Santiago. Ils sont partout, dans les parcs, au coin des rues, seul ou en meute, affalé au milieu du trottoir ou gambadant gaiement jusque sous les fenêtres du palais présidentiel. A l’instar de la vache en Inde, le chien est-il sacré au Chili ? Santiago semble pourtant une ville suffisament riche pour se payer un service de protection des animaux. Mystére et bouledogue.
Autre fait marquant : les amoureux de Santiago. Brassens aurait pu écrire sa célèbre chanson ici tant sont légions les béquot sur les bancs publics de Santiago.
Hier, en parcourant les rues désertes du quartier Bellavista, nous nous étions demandés où pouvait bien se trouver les 5 millions d´habitants de Santiago. Nous avons eu la réponse en parcourant les rues du centre de la capitale : une foule incessante parcourt les larges et nombreuses rues piétonnières. J’ai vérifié : ce n´était même pas les soldes.
Nous sommes pourtant conscients de ne percevoir qu’une partie de la réalité de Santiago, celle des rues propres, des édifices coloniaux rutilants, des tours à bureaux, des milliards (J’exagère à peine) de magasins du centre ville. L’autre réalité se trouve en périphérie de Santiago, dans les poblaciones ou bidonvilles qui hébergent la majorité des 3 millions
de pauvres du Chili. Cette réalité, nous la vivrons sans doute pas mais nous la percevons assez nettement dans les rues de Santiago.
Bruno
3 comments octobre 3, 2006
Premiére journée à Santiago
Ca y est! Aprés un voyage long (17 heures) et quelque peu mouvementé, nous voici à Santiago, capitale du Chili. Premiére journée consacrée au repos …et à se chercher un autre hôtel que celui dans lequel nous allons passer la première nuit (La Chimba, Quartier Bellavista : personnel adorable mais ils nous ont réservé leur plus beau cagibit), ce sera le Residencial Londres, plus central de toute façon.
Belle journée ensoleillée, qui nous a permis d’apprécier les sommets des Andes enneigés qui semblent si proches de Santiago… tenus hélas à distance par le smog : la gorge qui pique est un des premiers indicateurs qui nous permet de savoir que nous nous trouvons à Santiago, phénomène accentué par la position “en cuvette” de la ville.
Nous nous sommes promenés dans le quartier Bellavista, désert en ce dimanche, que nous n’arrivons pas à classer entre quartier bohème (peintures murales, nombreux restaurants, allure décontractée) et quartier craignos (hautes grilles aux pointes effilées devant tous les bâtiments, chiens errants (qui font même semblant d´être morts au milieu de la rue, rues désertes), nous en serons plus dans quelques jours.
Première bouteille de vin Chilien dégustée ce soir : une mémorable piquette nommée misiones de Rengo mais notre hôte de ce soir (Ian, propriétaire de la Chimba, bien qu’il ne nous ait pas gâté avec notre chambre, est un personnage éminemment sympathique) nous rassure en nous faisant déguster un vin somptueux qui nous promet de belles découvertes pour la suite du voyage).
La première journée se termine, nous allons nous coucher pour une longue nuit de sommeil, assomés que nous sommes par la piquette!!
Bruno.
4 comments octobre 2, 2006

