Posts filed under 'Bolivie'

De San Pedro à Uyuni

Nous sommes partis de San Pedro vers 8h30 lundi matin par un minibus qui nous a conduit au poste frontière bolivien. En fait de poste frontière, il s’agit d’une petite cabane dans laquelle 2 douaniers boliviens aux yeux rouges (genre d’un rouge pas très naturel) nous tamponnent nonchalamment notre passeport.
Nous attendons ensuite notre guide bolivien en dégustant un petit déjeûner préparé par notre chauffeur qui répond au nom de Jesus quand on l’appelle.
Carlos, celui qui sera notre guide durant les 3 prochains jours arrive au volant de son 4×4 tout blanc dans lequel nous prendrons place avec 2 jeunes filles suisse-allemandes et un couple italo-hollandais qui se révèleront fort sympathiques. Détail amusant, ils parlent tous francais, on va pouvoir laisser le dictionnaire de côté pendant 4 jours!!
Nous voilà partis pour 4 jours dans l’altiplano et le sud lipez Bolivien.
Les routes empruntées oscillent entre des pistes d’un plat tout relatif et des passages du genre Camel Trophy. Carlos réussira des prouesses, empruntant des chemins que lui seul peut voir au milieu des rochers, le tout sans carte michelin ni panneaux indicateurs durant 3 jours.
Premier arrêt au Laguna Blanca et au Laguna Verde. Du second émanent des couleurs surnaturelles au milieu du brun des volcans et montagnes environnants. Nous ferons ensuite quelques autres arrêts au milieu de paysages magnifiques, arides mais grandioses. La pureté de l’air est cristaline et permet de voir à des dizaines de kilomètres. Nous découvrons ensuite des geysers d’où émane un bruit d’enfer, laissant deviner l’activité furieuse qui se déroule sous nos pieds.
Nous supportons relativement bien l’altitude Naty et moi : quelques maux de tête et l’accélération du rythme cardiaque en sont les signes les plus évidents. Nous atteindrons un maximum de 5 000 mètres au cours de notre première journée, nous descenderons ensuite progressivement pour atteindre 3700 mètres la 3ième journée.
Nous parvenons à notre refuge pour la nuit, tout proche de notre dernière visite du jour, le laguna Colorada. Le refuge est plutôt rudimentaire, sans eau ni chauffage et la température y avoisinera les 15 degrés en dessous de zéro durant la nuit. Dans cet endroit isolé, inhospitalier au delà de l’entendement, vivent quelques familles chargées d’entretenir les refuges. La vie ici me paraît inimaginable tant l’isolement est total et le confort précaire.
Nous nous rendons au Laguna Colorada sur les eaux duquel plusieurs colonies de flamands roses ont élus domicile. Suivant le vent et la lumière, le lac prend des teintes rouges, blanches, vertes et jaunes. L’endroit est magique.
Nous dégustons ensuite notre dîner préparé par notre guide, accompagné d’une bouteille de vin Bolivien et d’un chauffage d’appoint qui attisera la jalousie des autres groupes cantonnés aux écharpes et aux moufles.
Après une nuit glaciale nous remontons dans notre 4×4 et découvrons plusieurs sites tout aussi magnifiques que la veille : la montagne aux 7 couleurs, une forêt de pierres volcaniques et plusieurs lacs altiplaniques dans lesquels se reflètent les silhouettes imposantes des volcans. Nous terminons notre journée à Colcha K, petit village du Nor Lipez. Les gens sont aimables et nous salue à chaque rencontre. Pour l’anecdote, nous aiderons une jeune femme en difficulté qui tentait vainement de faire avancer une brouette si pesante que j’ai cru un instant ne pas pouvoir la faire avancer. Nous la poussons (la brouette, pas la jeune femme) jusqu’à chez elle sous le regard amusé de quelques villageois.
Le lendemain, après quelques attractions de second plan, nous découvrons le Salar de Uyuni, incroyable étendue de sel dont l’épaisseur atteint 20 mètres par endroit et dont la superficie dépasse 10 000 kilomètres carrés. Pour traverser le Salar, nous avons rouler plus d’une heure à 90 km/h de moyenne. Deux couleurs s’offrent à la vue : le bleu du ciel et le blanc du sel. La luminosité est très vive et le port des lunettes de soleil est indispensables. Nous ferons une halte au milieu du Salar, sur l’île des pêcheurs. Cette île contient un nombre impressionnant de cactus dont l’âge varie entre une centaine d’année à 1200 ans.
Après un bref arrêt à Uyuni, nous reprenons la route de San Pedro avec un nouveau chauffeur, après avoir fait nos adieux à Carlos. Il faudra s’arrêter en chemin pour la nuit avant d’atteindre San Pedro le lendemain. Ce trajet du retour sera tout sauf une sinécure. Arrivée en retard à Uyuni, nous roulerons de nuit jusqu’au refuge. Parcourir les routes de la Bolivie de jour n’est déjà pas un jeu d’enfant, le faire à la nuit tombée relève du défi sportif, comme en témoigne la quasi absence de véhicule durant les 2 heures du trajet nocturne. À cela s’ajoute la joie intense d’une crevaison en pleine nuit. Cerise sur le Sundae, le chauffeur machent des feuilles de coca, ce qui à notre avis l’a rendu passablement paranoiäque puisqu’il s’est arrêté toutes les 20 minutes pour faire le tour de son 4×4. Nous respirons tous en arrivant au refuge sain et sauf avant d’en repartir aprés une courte nuit car à 5h30 nous sommes déjà sur la route.
nous arriverons à San Pedro à 13h pour la récompense surpême : une douche chaude.

Nous connaissions peu la Bolivie, ce périple de 4 jours était un coup de tête de dernière minute. Le sud de la Bolivie excerce une véritable fascination chez le voyageur : espaces désolés, sommets majestueux, jeux de couleurs improbables, nuits étoilées d’une pureté incomparable.

La revanche du Vin Chilien.

Attablés dans un restaurant de San pedro tenu par un Francais, nous dégustons 2 verres de 2 vins chiliens Excellents, vous m’avez bien lu, je retire mes paroles quant à la qualité médiocre des vins Chiliens. Un Carmenere, disparu des vignes francaises depuis longtemps, et un cabernet Sauvignon, me font ravaler mes propos acerbes. Hélas, le vin Chilien est rancunier et me fait payer cher mes attaques répétées à son endroit. Par un geste brusque, le chef accroche le verre de Cabernet dont le contenu se répand, dans l’ordre, sur mon t-shirt, mon pantalon, mon sac à dos, mes chaussures et enfin sur ma fierté.
Le chef se confond en excuses, nous accompagne à l’hôtel et se chargera de nettoyer les vêtements souillés.
Le vin chilien est donc très bon, les chiliens sont très beaux, le Chili est sensationnel mais de grâce, épargnez mes fringues.

Nous partirons de San pedro dans la nuit de samedi à dimanche pour gagner Arica, à l’extrême nord du Chili.

3 comments octobre 20, 2006


Catégories

Nos photos

Dans un petit restaurant de Yakitori

Dans un petit restaurant qui préparent les meilleurs Yakitori du monde....ou presque

More Photos

Pages

Archives