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Derniers pas en Argentine

Mendoza, à quelques kilomètres de la frontière chilienne, sera donc notre porte
de sortie d’Argentine. Nous y prenons demain lundi le bus qui nous ramènera
à Santiago d’où nous nous envolerons pour l’île de Pâques le lendemain.

Je dois le dire à regret : Mendoza s’est avérée quelque peu décevante. Ici points d’édifices coloniaux resplendissants sous le soleil, pas de trésors pour les yeux dissimulés au hasard d’une ruelle, Mendoza en a été privée par de violents tremblements de terre dont le dernier remonte seulement à 1985. C’est donc un visage moderne qu’offre Mendoza à ses visiteurs. Moderne et néanmoins agréable : la reconstruction de la ville ayant été menée avec goût, aménageant de nombreux espaces arborés et conservant les canaux
qui sillonnent la ville en rafraîchissant l’atmosphère.

Je n’accablerai donc pas cette ville meurtrie sous le fiel de propos acerbes et nous avons fait la seule chose qui s’imposait : ne rien faire. Nous nous sommes donc jetés avec une assiduité féroce dans cette débauche d’absence d’activité. Nous avons appelé cela “Remise en condition physique pour l’île de Paques et Nouvelle-Zélande”.
Nous avons également préservé notre équipement en épargnant par exemple toute activité superflue à notre appareil photo qui après 3 mois d’une activité intense a pu somnoler tranquillement au fond de son sac face à l’absence de tout cliché digne de son objectif.

Une chose seule était susceptible d’éveiller notre intérêt : le vin. Mendoza et sa région regroupent les plus fameuses bodegas d’Argentine et après avoir consommé tant de Malbec, il nous était impossible de ne pas remonter jusqu’à sa source. Nous avons visité deux bodegas, La Rural et Lopez, une des plus grandes d’Argentine par la quantité de bouteilles vendues sur le marché intérieur. Dans cette dernière, nous avons opté pour une dégustation payante de leurs meilleurs crus. Mes papilles en rient encore.

Demain lundi nous rejoignons Santiago pour nous envoler mardi pour la mythique île de Pâques. Nous sommes impatients de nous tenir auprès des géants de pierre qui semblent garder ce petit bout de terre, le plus isolé du monde, à 3700 kilomètres des côtes chiliennes, à 2000 kilomètres de la première île habitée Pitcairn et à 4000 kilomètres de Tahiti.

Je m’excuse auprès des lecteurs pour la platitude sans borne des propos tenus ici, les effets léthargiques produits sur mon cerveau par Mendoza prenant quelques jours pour se dissiper intégralement.

Précision : Naty et moi ne sommes en rien responsable de la mort d’Augusto Pinochet. Nous avons quitté le Chili alors qu’il était encore vivant, au sens clinique du terme en tout cas, et nous avons un alibi pour le jour de sa mort. Étrange concours de circonstances qui nous aura fait connaître le Chili avec et sans Pinochet en l’espace de deux mois.

Add comment décembre 17, 2006

De l’Argentine subtropicale aux contreforts des Andes

Nous sommes à Salta depuis déjà quelques jours et nous sommes tombés sous le charme de celle qu’on surnomme Salta La linda. Ce surnom est loin d’être usurpé tant la splendeur des nombreux édifices coloniaux qui parsèment la ville lui donnent les airs d’un joyaux que les reliefs des montagnes pré-andines entourent tel un écrin.

Pour gagner Salta, nous avons parcouru pas moins de 3000 kilomètres depuis Buenos Aires, en faisant halte à Puerto Iguazu pour quelques jours. Les bus chiliens et argentins sont heureusement très différents de leurs homologues nords américains ou européens et permettent de couvrir de grandes distances dans un confort total : sièges inclinables à 180 degrés, TV, climatisation, repas à bord, bar… Le bus est donc le moyen de transport numéro un en Argentine. Pour en témoigner, il suffit de jeter un oeil à la gare routière de Buenos Aires qui a des allures d’aéroport avec sa centaine de quais de départ et ses 200 kiosques de compagnies différentes.

Puerto Iguazu

18 heures de bus et 1350 kilomètres au nord de Buenos Aires, nous arrivons à Puerto Iguazu. La première chose qui vous tombe dessus à la descente du bus, ce ne sont pas comme ailleurs les rabatteurs des hôtels et auberges du coin mais la chaleur : lourde, moite, tropicale, suffocante. 27 degrés dès 7h du matin; le mercure s’élève ensuite jusqu’à atteindre 38 voir 40 degrés. Puerto Iguazu tout comme El Calafate ne doit sa notoriété que par sa proximité avec un site naturel fabuleux. Ni l’une ni l’autre n’ont d’intérêt en elles-même. N’attendez donc pas d’y être traité par certains habitants pour autre chose que ce vous êtes à leurs yeux : un portefeuille sur pattes, votre propre visage s’estompant pour prendre l’apparence de celui de G. Washington, le seul qui semble pouvoir éveiller l’intérêt des gens du coin.

Pour l’exemple, je ne mentionnerais que ce tenancier de laverie fétichiste, collectionneur de dessous féminin et spécialiste en arrachage de boutons sur bermuda qui nous demandera, toute honte bue, la somme de 28 pesos pour un lavage qui en coûte 4 à Buenos Aires. Naty aura perdu dans l’histoire un soutien-gorge, 4 boutons de son bermuda et son sang-froid. À ce triste sire, au 213 rue Perito Moreno à Puerto Iguazu, lavanderia centrale, dont rien ne semble pouvoir sortir le cerveau mou de la torpeur abyssale dans laquelle l’ont plongées de trop nombreuses heures d’abrutissement télévisuel, je dis : prends garde à toi, à notre prochain passage à Puerto Iguazu, les boutons de nos vêtements seront piégés, tu les arraches et ils te sauteront à la gueule.

Ceci étant dit, les chutes d’Iguazu constituent un spectacle fabuleux. Les superlatifs manquent pour souligner la majesté du site. Nos références communes en matière de cataractes se limitaient aux chutes du Niagara et à la timide chute Montmorency à Québec : ces 2 chutes s’arrêteraient de couler de honte si elles devaient être comparées aux chutes de l’Iguazu. Ici les chutes se comptent par dizaines sur plusieurs hectares. À certains endroits du parcours, on est littéralement entouré de chutes d’eaux, partout où le regard se pose, les eaux du rio Iguazu et d’autres affluents se jettent des dizaines de mètres en contrebas. Toute la panoplie de cascades semble s’être réunie ici : cascades jumelles, cascades à 2 niveaux, cascades en rideau… De plus les chutes font partie d’un parc national (Point de bétonnage comme aux chutes Niagara) et de nombreux spécimens de la faune et de la flore subtropicales peuvent y être obervés. Nous avons consacré 2 journées à la visite du site sans nous lasser une seconde du spectacle. Pour ceux et celles qui veulent en avoir un aperçu sans bouger de leur salon, repassez vous le film Mission, la vraie vedette du film, ce sont les chutes d’Iguazu.

Salta

30 heures de voyage en bus et 1300 kilomètres plus à l’ouest, nous voici donc à Salta dans la région dîte du Noroeste. Salta déploie ses charmes coloniaux sous un soleil brûlant. On sent qu’il faut y prendre son temps, par exemple à l’ombre apaisante des arbres de la plaza 9 de Julio, au milieu du chahut tout relatif des écoliers (leurs horaires de cours resteront un mystère pour nous : peu importe l’heure à laquelle nous déambulions dans les rues de la ville, nous en croisions toujours par paquet de 10 dans les rues, les cafés internet, les parcs et jardin). Ainsi sans se fatiguer, on peut apprécier la délicatesse des arches du Cabildo ou la silhouette élégante de la cathédrale. Une fois bien reposé, on peut ensuite partir à la découverte des autres merveilles de la ville, notamment l’imposante et harmonieuse église San Fransisco.

Il faut savoir prendre son temps pour faire des rencontres. Notre première rencontre fut celle d’un roi, sa majesté Torrontes, le roi des vins blancs argentins : fruité, d’une robe couleur or. Nous l’avons tout de suite aimé et l’avons invité à nous rendre visite le plus souvent possible.

Notre deuxième rencontre s’appelle Karina, notre guide d’un jour dans une excursion à Cafayate. Grâce à Karina et à sa volubilité qui force l’admiration, nous avons eu un aperçu de l’envers du décor : machisme, alcoolisme et consanguinité économique. Ce dernier point peu surprendre mais il semblerait que des hommes et des femmes unis par des liens familiaux mettent volontairement des enfants au monde afin de conserver le patrimoine dans la famille. Si l’enfant naît anormal, celui-ci est placé dans une institution spécialisée aux frais de la famille. Outre ces informations que, après avoir bien cherché, je n’ai trouvé dans aucune brochure touristique, la route jusqu’à Cafayate réserve des vues étonnantes sur des formations rocheuses aux couleurs irréelles.

Une autre excursion nous a mené jusqu’à Cachi, petit village endormi de quelques milles habitants qui a conservé intact ses édifices coloniaux en raison de son isolement. La route jusqu’à Cachi est sublime, notamment le recta del Tin-tin, une route rectiligne sur plusieurs kilomètres au milieu des cactus et des montagnes coiffées de nuages à leur sommet.

Notes aux futurs visiteurs de l’Argentine

Je vous fais part d’un petit point qui m’irrite un peu depuis notre arrivée en Argentine : les tarifs appliqués selon l’origine du touriste. Nous avons vu toute une palette de tarifs depuis notre arrivée : pour l’habitant de la ville, de la circonscription, de la province, pour les argentins, les résidents de certains pays d’amérique du Sud, pour les résidents des pays membres du Mercosur et enfin pour tous les autres. Cette politique, qu’on pourrait aisément qualifiée de discriminatoire, peut être défendue jusqu’à un certain point (quoique je ne l’approuve pas) tant que ces tarifs s’appliquent aux entrées des musées, parcs nationaux et autres sites naturelles. On privilégie ainsi l’accès des argentins à leurs propres richesses culturelles. Mais quand cette politique s’applique également aux plats dans les restaurants (vu à Ushuaia) et aux billets d’avion, je dis non. Un vol Ushuaia-Buenos Aires coûte 100$ US à un argentin et 300$ US au pigeon voyageur.   

Donc chers futurs visiteurs de l’Argentine, vous avez fait un choix éclairé en décidant de visiter ce pays fantastique et voici un petit truc pour vous y faciliter la vie : le prix que vous devez payer figure toujours en bas de la liste des tarifs rangés en ordre croissant.

Aujourd’hui dimanche, nous quittons Salta pour Mendoza, capitale du vin argentin, 1300 kilomètres plus au sud, que nous atteindrons après 18h de bus (encore!).

4 comments décembre 10, 2006

Buenos Aires

Deux semaines se sont écoulées depuis notre arrivée à Buenos Aires, délai à peine suffisant pour coucher sur le clavier les sentiments qu’inspire cette cité unique, cathalyseur de l’influence européenne en Amérique du sud.

Cet exercice relève de la gageure tant BSAS (Je m’estime à présent suffisamment intime avec elle pour utiliser cette abréviation très courante dans les médias) semble vouloir échapper à toute interprétation en noyant le simple voyageur sous une multitude d’impressions, parfois contradictoires. À l’image du tango qui l’a vu naître, elle se révèle tour à tour sombre, mystérieuse, sensuelle et rayonnante.

BSAS vit avant tout par ses quartiers, une quarantaine au total, dont seuls quelques uns ont un intérêt touristique.

Le quartier du Minicentro

Le centre historique regroupe tous les lieux ayant ou ayant eu une importance politique : le palais présidentiel d’une couleur rose inattendue, le Cabildo, élégante silhouette blanche où siège le conseil municipal, la plaza de Mayo qui a vu défiler toutes les manifestations populaires de l’histoire mouvementée du pays, le monumental Congreso où siègent les députés et sénateurs et plusieurs autres monuments à la gloire des héros du pays (Le libérateur San Martin) et des événements clés de son histoire (Mai 1810, date de l’indépendance vis à vis de la Couronne espagnole). Cette succession de bâtiments aux façades finement travaillées, ces grands boulevards opérants des coupes claires dans la ville ne sont pas sans rappeller le plan architectural de Paris. Et pour cause, impressionnées par les résultats obtenus par le baron Hausmann, les autorités municipales de BSAS y importèrent matériaux et façon de faire. Il serait toutefois inexacte de ne restreindre qu’à la seule influence française l’aspect des rues du quartier, ainsi que de nombreuses autres rues : BSAS est un carrefour d’influences et d’autres artistes, notamment italiens, ont joué un rôle important dans le visage qu’offre aujourd’hui BSAS.

Toujours dans ce quartier, l’obélisque, érigé pour fêter le quatrième centenaire de BSAS, trône au milieu de la gigantesque avenue 9 de Julio. Les porteños (habitants de BSAS) peuvent en effet se vanter de posséder l’avenue la plus large au monde. Le piéton téméraire qui souhaiterait traverser les 140 mètres de l’avenue trouvera successivement sur son chemin 3 voies de circulation, un terre plein, 7 voies, un terre plein, 7 voies, un terre plein et enfin 3 voies.  Les rues du quartier et de BSAS en général sont envahies de voitures, de bus et de taxis (Je n’ai jamais autant vu de 504 peugeot de ma vie) qui roulent à tombeau ouvert à 1 centimètres les uns des autres. Automobilistiquement parlant, le Porteños est donc un dangereux malade mental. Un trajet dans un bus de la ville aura tôt fait de ravaler les bus de la RATP ou de la STM au rang de poussifs gastéropodes anémiés. Inutile de préciser que le tout forme un environnement puissamment hostile au vulnérable piéton. Celui-ci sera tenté de se réfugier dans les grandes artères piétonnes du centre où la solitude sera très certainement le dernier sentiment qui viendra l’y étreindre.

Nous avons eu la chance de pouvoir visiter le théâtre Colon, temple de l’art lyrique argentin, où les plus grands artistes internationaux se sont produits. La salle est magnifique, ayant conservée la plupart de ses apparats depuis sa construction. Le théâtre Colon a été élu meilleure salle au monde pour l’accoustique, devant les opéras de New-York, Milan et Paris. L’accoustique y est tellement parfaite qu’aucune sonorisation n’est requise.

San Telmo

Notre hôtel se situe dans ce quartier, succession de ruelles, de belles demeures et de petites échoppes à l’atmosphère quelque peu bohème. Il fait bon prendre son temps dans ce quartier, berceau du tango et qui abrite également les meilleures parrillas (viande sur le grill) ce qui m’amène à ouvrir le chapitre culinaire de BSAS. C’est un chapitre qu’on ouvre en parcourant un menu graisseux dans une salle bondée (à partir de 21h30, le porteño ne met pas les pieds sous la table avant), où on choisit un peu au hasard une bouteille de Malbec et un morceau de boeuf, sans trop comprendre à quelle partie de l’animal on va avoir à faire. Le suspense est alors à son comble.

Avertissement : le texte qui suit contient des propos susceptibles de heurter les sensibilités végétariennes et de donner vachement faim aux autres.

Le serveur vous sert jette votre steak dans votre assiette. Vous saisissez fébrilement vos couverts. Premier signe qui ne trompe pas : le couteau ne rencontre aucune résistance dans sa progression dans la chair tendre et juteuse. Le véritable dénouement de cette histoire qui rivalise avec les plus belles pages de l’annuaire du Loir et Cher dans le manque d’intérêt total, se produit à la première bouchée : cette viande est un pur délice. Le Malbec participe à la fête et le sourire est garantie au sortir de table. Est-il utile de préciser qu’une fois ce chapitre ouvert, la dernière chose qu’on souhaite est de le refermer (Mes artères et mon foie sont en total désaccord). Cet endroit deviendra quasiment notre cantine durant notre séjour. Petit bémol tout de même : lorsqu’on prend part à un repas avec Naty, on est en droit d’attendre que la moitié du contenu de son assiette soit destinée à être consommé par celui qui se trouve à proximité, c’est à dire moi. Et bien là rien, nada, Naty finira effrontément la totalité de ses bife de Lomo…ah là là, les voyages, ça bouscule les traditions!!

Passons des plaisirs de la bouche aux plaisirs des yeux et des oreilles avec le tango. San Telmo regroupe les plus anciens bars offrant des spectacles de tango et c’est dans le plus intime d’entre eux que Naty et moi avons fait nos premiers pas. J’avoue volontiers avoir la sensibilité proche de celle d’une porte de prison quand il s’agit d’apprécier un spectacle de danse mais la vue d’un couple maîtrisant l’art du tango ne nous a pas laissé indifférents (où alors, il s’agissait des 2 bouteilles de vin vidées avant le spetacle mais ça m’étonnerait) : le jeu des regards brûlants, une jambe féminine, jusque là cachée sous l’étoffe d’une robe superbe d’un bleu éclatant, apparaît soudain pour enlacer son partenaire, la tristesse dégagée par la musique jouée par des musiciens aussi âgés que les morceaux qu’ils interprètent. (Je ne sais plus qui a décrit le tango comme une pensée triste qui se danse).

Les autres quartiers proches du centre, Recoleta et Palermo sont de beaux quartiers résidentiels qui regroupent la plupart des musées, espaces verts et boutiques de luxes. Çà et là, de somptueuses demeures rappellent l’âge d’or de BSAS.

Contrastes

À me lire ainsi, il serait aisé de conclure que BSAS est une ville idéale, dans laquelle on passe son temps à s’empiffrer de bonne viande et de bon vin au rythme du tango. Deux réalités cohabitent pourtant à BSAS sans se voir, celle des pauvres et celle des autres. Il n’est pas besoin de mettre les pieds dans les bidonvilles et autres quartiers de misère pour voir cette réalité. Pour qui a vécu dans une grande ville, la vue d’une personne fouillant dans une poubelle n’est pas quelque chose qui sort du commun. Mais à BSAS, dès que les ordures sont déposées sur le trottoir, c’est une véritable armée qui prend posession des rues, munie de gigantesques sacs de toiles montés sur roulettes, ils éventrent, fouillent et récupèrent ce qui peut l’être des tas d´immondices. Des résidents ont la courtoisie de trier leurs déchets et d’étiquetter les sacs poubelles pour éviter des fouilles inutiles. En pleine journée, au pied des tours à bureaux, une mère et son enfant disparaissent presque totalement dans la montagne de sacs poubelles qu’ils sont entrain de fouiller. Partout, aux guichets des métros, dans les trains, dans la rue, dans les cafés de très jeunes enfants quettent de l’argent. Certains ont l’air mal en point, comme ce jeune garçon au teint blafard et au regard vide, allongé dans une entrée de cinéma. Cette superposition quasi quotidienne de l’opulence et la misère fera lever le coeur au plus endurci.

Enfin, pour se changer les idées, quelques petites observations notées au grée de nos découvertes.

- les argentins n’ont toujours pas digérés la perte des Malouines et toutes les cartes en Argentine font mention de cette île comme faisant partie intégrante du territoire argentin alors que les argentins eux-même sont interdits de séjour sur ce petit bout de terre britannique. 

- de nombreux argentins se signent lorsqu’ils passent devant un édifice religieux.

- la gente canine chilienne peut envier son homologue d’Argentine. En plus de ne pas errer en meute sur les trottoirs des villes, celle-ci bénéficie des services de dog-sitter : ces derniers viennent les chercher à leur domicile et leur font passer quelques heures dans les rues et les parcs de la capitale. Ainsi, il n’est pas rare de voir un pauvre bougre, les bras encombrés d’une vingtaine de laisses avec au bout une quantité égale de molosses tirant à tout rompre sur leur laisses. On se demande au final qui ballade qui.

- Barbara Bush s’est fait voler son sac à main à San Telmo, tout près de notre hôtel, avec pas moins d’une quarantaine d’agents chargés de la surveiller : forts les voleurs argentins.

- étrange d’entendre les notes du moderne Gotan Project dans les rues dans lesquelles ont raisonné les premières notes de tango.

- la Banque de la nation Argentine paie encore aujourd’hui ses décisions prises pour faire face à la crise de 2001 (Nombreux comptes de ses clients bloqués). Ainsi, les entrées de ses succursalles sont gribouillées des termes peu flatteurs “Ratas” (Rats), “Asesinos” (Assassins) et des “Batas” et “Chorros” que je n’ai pas réussi à traduire.

- prendre le métro à BSAS coûte 70 centimes de pesos (0,26 $ CAD, 0,17 euro), une bouteille de malbec 9 pesos (3$ CAD. 2 euros), un repas pour 2 dans une parrilla (2 steak, une bouteille de vin, 2 plats de frites, pourboire, bouteille d’eau) : 80 pesos (30$ CAD, 20 euros), un empanadas à la viande 1,90 pesos (0,70 $ CAD, 0,47 euro).

Demain lundi, nous quittons la frénésie de Buenos Aires pour l’extrême nord de l’Argentine et ses chutes d’Iguazu. 

7 comments novembre 26, 2006

Courte vidéo du glacier Perito Moreno

En espérant que vous pourrez apprécier la beauté du lieu malgré la qualité médiocre de la vidéo…

Add comment novembre 21, 2006

Premiers pas en Argentine

Séquence émotions : nous sommes à Ushuaia, en terre de feu argentine. Ushuaia est dans l’imaginaire de beaucoup la ville du bout du monde, la ville la plus australe de la planète. Pourtant, il me semble que sur une carte, Puerto Williams, au Chili, me semble encore plus au sud…enfin bref, passons, on n’est pas là pour faire une chasse au trésor.

Notre parcours depuis Puerto Natalès nous a d’abord conduit au Parc national des Torrès del Paine, célèbre pour les silhouettes des “Cuernos” et des trois “Torrès”, formations montagneuses dont la couleur pour les premières et la forme en tours pour les secondes sont uniques au monde. Ce parc est un hâvre de paix, à condition de faire abstraction des quelques autres bus de touristes qui semblent vous pourchasser partout où vous allez : la faune, les couleurs et la luminosité, le silence des lacs vous invitent à la simple contemplation béate.

Nous entrons ensuite en Argentine et posons nos sacs, toujours aussi lourds, à El Calafate où nous passerons de bons moments en compagnie de quelques irlandais (Pour un si petit pays qu’est l’Irlande, il est amusant de constater le nombre d’irlandais voyageurs rencontrés depuis un mois). El Calafate me fait penser aux faux décors hollywoodiens où seule la façade s’offre aux yeux, le vide attendant celui qui oserait passer derrière le décor. El Calafate offre donc cette façade clinquante, à l’unique rue principale inondée de boutiques, de restaurants chics et chers où commerçants et serveurs vous attendent avec un sourire affecté, blasés par la flot continu de touristes qui déferle tout au long de l’année. Une mésaventure (tellement insignifiante que je refuse de faire l’affront aux lecteurs de ce message de la narrer ici) nous montrera que la sincérité, le respect et quelques autres valeurs ont dû quitter la ville depuis fort longtemps et se réfugier dans les glaces du Périto Moréno tout proche, attendant des jours meilleurs pour réintégrer la ville. Le Périto Moréno justement, glacier majestueux du parc des Glaciers, assurément la seule raison valable de séjourner à El Calafate, arbore un front de 5km de large et de plus de 50 mètres de haut au dessus des eaux du Lago Argentino. Ce glacier fait parti des rares au monde à être en constante expansion. Le spectacle est féérique : les couleurs de la glace occupe toute la palette du bleu, du plus clair au plus sombre. Des craquements sourds se font entendre de l’intérieur du glacier. Çà et là, des blocs de glace se détachent et plonge dans les eaux du lac dans un bruit de tonnerre. Ce spectacle peut être observé durant des heures sans qu’aucune lassitude ne se fasse sentir.

Nous avons ensuite pris le chemin d’Ushuaia, ce qui nous a valu de passer à deux reprises la frontière entre le Chili et l’Argentine. Coincée entre les eaux de la baie d’Ushuaia et une chaîne de massifs montagneux aux sommets enneigés, Ushuaia, malgré la majesté du site géographique dans lequel elle se trouve, n’a pas de charme particulier. Elle constitue cependant une halte agréable et il fait bon y flâner dans ses rues. Nous logeons assez loin du centre, ce qui nous permet de parcourir des rues peu touristiques où des barraques de bric et de broc côtoient des préfabriqués et des demeures d’aspect plus récent.

Le parc national de la Terre de feu est un paradis pour les promeneurs. Nous y avons marché durant plusieurs heures sans presque y recontrer âme qui vive : le pied. Outre la beauté des paysages qui s’offrent à nos regards depuis les sentiers,  c’est également le silence qui règne en ces lieux qui est magique; un silence qui provoque même un léger bourdonnement dans l’oreille tant l’absence de bruit est total : étonnant non ?

Dans la catégorie “ils sont fous de foot ces argentins”, des émissions de télévision où ne sont diffusées que des images des tribunes et des supporters chantant et gesticulant. Aucune image du jeu en lui même. Les séquences s’enchaînent sans aucun commentaire durant toute la durée de notre dîner (comme vous le constatez, on ne va pas toujours manger dans des endroits supers branchés).

Dans la catégorie “picole”, le Malbec argentin. Le malbec est souvent perçu comme un cépage de second plan. Il n’en est rien en Argentine , dans la région de Mendoza, où il a paraît-il développé des caractéristiques exceptionnelles :  nous travaillons d’arrache-pied Naty et moi pour tenter de vérifier la véracité de ces informations. Nous ne reculerons pas devant l’ampleur de la tâche qui nous attend, le malbec représentant à lui seul 50% des bouteilles disponibles dans les grandes surfaces. 

Nous quittons Ushuaia demain lundi pour Buenos Aires. Ses 12 millions d’habitants, son bouillonnement nocturne, ses dimensions gigantesques, sa passion du football et du tango nous attendent de pieds fermes pour les 2 prochaines semaines.

3 comments novembre 12, 2006


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