De Montréal à Montréal

septembre 10, 2007

Après 58 174 km dans les airs, 7 790 km sur les rails, 22 707 km sur les routes (15 944 km dans divers bus et 6 763 km au volant de notre propre véhicule), 1 300 km sur l’eau et un nombre incalculable de kilomètres à pied, nous voici revenus au point de départ de notre voyage : Montréal, Québec, Canada.

Alors une question se pose inévitablement après une telle expérience : comment reprendre une vie normale alors que les guanacos continuent leur ballet au pied du Parinacota; que les Moais gardent leur regard fixé sur la minuscule île de Pâques, indifférents aux chevaux sauvages et aux touristes, sauvages eux aussi parfois; que les Torres del Paine continuent d’arracher des sifflets d’admiration aux voyageurs transis; que les craquements du Perito Moreno raisonnent encore dans la vallée des glaciers; que de chanceux êtres humains carnivores continuent de s’empiffrer de Biffe de Lomo à Buenos Aires; que les moutons paissent nonchalamment en Nouvelle-Zélande; que les pierres des Pinacles continuent de recevoir l’hommage de la lune qui brille tous les soirs dans le ciel de l’Australie Occidentale; qu’une petite fille Cham continue d’ensorceller son entourage de ses rires dans le delta du Mekong, que d’autres enfants croulent sous le poids d’une pauvreté aussi insupportable que sans issue à Phnom Penh; que Mak, notre femelle éléphant, continue d’engloutir ses bananes de la main des voyageurs près de Luang Prabang; que les vaillants soldats de Xi’an sont assiégés par des légions de touristes; que les néons extravagants n’en finissent plus de colorer les nuits de Hong Kong, que les “étudiants” en art de Shanghai n’ont de cesse de proposer une visite de leur atelier, que les trottoirs de Shibuya et de Shinjuku ne désemplissent pas de leur faune aussi interlope qu’inoffensive ?

La réponse, à l’instar des différents acteurs et autres merveilles de la nature qui ont peuplé notre tour du monde, est de continuer nous aussi, augmentés que nous sommes de tant de souvenirs aux allures de richesses inestimables qu’il faut garder jalousement au creux de notre âme pour les préserver encore un peu de la routine, rouleau compresseur des rêves, afin de ne pas les ternir trop tôt par des considérations prosaiques pour qu’ils vivent encore et nous animent de leur beauté, jusqu’à peut être les remplacer ou les ranimer dans un futur plus ou moins proche.

Ce voyage, qui ne fût au départ qu’un rêve difficilement avoué, une esquisse grossièrement ébauchée, une envie de découverte ancrée au plus profond de nous et presque enfouie sous la routine du quotidien et des écrasantes nécessités de notre existence, fait maintenant partie de nos vies et peuplera encore pendant longtemps celles ci d’échos et d’images des quatres coins du monde.

Merci à tous pour vos visites, vos commentaires et vos encouragements,

Bruno et Natasha, suivis de l’inévitable point final.

Entry Filed under: Divers. .

2 Comments Add your own

  • 1. Karine  |  septembre 19, 2007 at 4:37

    Heureusement la vie quotidienne Montréalaise et le travail peuvent aussi amener leur part de bonheur :o ) Rebienvenue Nat et Bruno!

  • 2. Wilfried  |  avril 15, 2008 at 2:56

    Comment allez-vous??? apres ce periple!
    ecrivez-moi j’aimerais bien reprendre le contact avec Bruno, je suis tjrs a NY donc pas loin de Montreal!
    henry.guibet@gmail.com
    Wilfried

Leave a Comment

hidden

Some HTML allowed:
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <pre> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Trackback this post  |  Subscribe to the comments via RSS Feed


Catégories

Nos photos

Dans un petit restaurant de Yakitori

Dans un petit restaurant qui préparent les meilleurs Yakitori du monde....ou presque

More Photos

Pages

Archives