Archive for juin 2007

Shanghai story

Malgré notre long séjour, nous aurons peu profité des charmes de Shanghai, surtout en raison d’une pluie et d’un ciel gris persistants.

Shanghai est la ville qui décrit peut être le mieux la Chine d’aujourd’hui et l’image qu’elle renvoie oscille entre l’ultra modernité et le plus profond archaisme, entre la richesse la plus tapageuse et la pauvreté la plus crue. Ecrans de télévision dans les bus, métros, aux arrêts d’autobus et même dans les cabines téléphoniques, canards et poules attendent, résignés, d’atterrir dans l’assiette du prochain client sur le trottoir d’un restaurant installé dans un garage crasseux, les immeubles aux silouhettes avant-gardistes s’élancent toujours plus haut, des hommes aux pieds nus traversent la rue et d’autres peinent a faire avancer leur vélo sous le poids d’une montagne de bouteilles en plastique récupérées dans les poubelles.
Aux yeux de nombreux chinois, Shanghai fait figure d’Eldorado et beaucoup viennent y tenter leur chance, certains avec succès sans doute. Apres Beijing, Shanghai est la seconde ville chinoise recevant un événement de dimension planétaire avec l’exposition universelle de 2010

Je m’adresse maintenant aux moins québécois d’entres vous en vous narrant une expérience terrifiante dont nous avons été les deux innoncentes victimes. Installés dans notre somptueuse suite (une chambre au plancher gondolé par l’humidité et baignée par de douces effluves d’égouts en provenance de la salle de bains), nous tombons sur une émission de télévision dans laquelle Thierry Henry est l’invité d’honneur. Après une interview insipide, l’émission se conclue par, tenez vous bien, le générique d’Hélène et les garcons, ni plus ni moins. Pour les moins francais d’entre vous, Hélène et les garcons était ce qu’il est convenu d’appeller une série TV niaise. A peine remis de ce choc, nous nous attablons le lendemain dans un restaurant japonais où nous aurons a peine le temps de brandir nos baguettes que résonne déja le même air sirupeux… Après une recherche minutieuse, il semblerait bien que ce soit Hélène et non Brassens, Brel ou tout autre artiste qu’on puisse soupçonner d’un quelconque talent qui soit devenu l’ambassadrice de la chanson francaise en Chine. Vaut mieux entendre ça que d’être sourd.

Demain nous nous envolons pour le Japon pour un circuit de 15 jours qui nous conduira d’Osaka a Tokyo, en passant par Kyoto et le Mont Fuji. Retour en France prévu le 23 juin….

2 comments juin 7, 2007

700 millions de chinois et moi et moi et moi…

Si J. Dutronc devait mettre à jour les paroles de sa chanson 40 ans plus tard, le célèbre refrain débuterait plus probablement par “1 milliard 300 millions de chinois…” Ce colosse démographique étend sa puissance jusque dans les moindres recoins de ses 21 provinces où il est courant que la population d’une ville moyenne atteigne le chiffre de 5 ou 6 millions d’habitants.

Nul doute que les voyages suprennent et bousculent les idées toutes faites : nous l’aurons constaté avec une acuité plus grande en Chine qu’ailleurs où les changements des dernières années ont faconné une Chine en parfait décalage avec les images d’Epinal d’une Chine rurale, traditionnelle et communiste. L’aisance, la richesse s’affiche avec ostentation, s’étale même, sans complexe dans les villes. La jeunesse surtout semble assumer avec désinvolture cette liberté économique nouvelle : restaurants à la mode, clubs, mode vestimentaire, marques et autres accessoires de luxe font parti du quotidien de nombre de ses chinois citadins. On chercherait presqu’en vain la fausse note dans cette partition trop parfaite : Xi’an et Beijing étant deux vitrines de la Chine aux yeux des occidentaux, on peut penser que l’attention qui y est apportée est extrême et qu’une autre réalité, celle des jeunes de notre auberge au salaire mensuel de 100 euros selon leurs dires, existe au delà du clinquant des centres d’achats et des lumières dorées de la ville.
Quoiqu’il en soit, à un an des JO 2008, l’image que va donner la Chine au monde entier promet d’être très travaillée.

Trop d’impressions se bousculent dans nos pauvres têtes de voyageurs fatigués pour espérer les ranger dans un texte de peur que ce dernier ne ressemble à un salmigondis de verbiage dénué d’intérêt. Aussi, nous aurons recours à la pire des techniques d’écriture témoignant du plus total manque d’imagination : l’abécédaire.

B comme Beijing

Coeur de la Chine et futur centre du monde. “Centre du monde” fait bien entendu référence à l’attention médiatique que va concentrer la ville lors des JO 2008. En arpentant les rues de la capitale, en y observant un dynamisme partout visible et en ayant en tête quelques chiffres, on ne peut s’empêcher toutefois de songer au doux rêve que caresse l’empire du Milieu de régenter à nouveau le monde.
La municipalité de Beijing occupe une superficie égale à celle de la Belgique. On se sent comme une fourmi sur les larges trottoirs des immenses avenues déshumanisées, écrasés par les hautes silouhettes des nouveaux immeubles ou des anciens édifices monumentaux.

B comme Bicyclette

Moyen de transport légendaire en perte de vitesse comme en témoignent les couloirs quasi déserts qui leur sont réservés sur les larges avenues de Beijing. Shanghai résiste mieux dans ce domaine surtout en raison de la politique mise en place par la ville qui oblige chaque postulant à l’achat d’une voiture à debourser un montant exorbitant (parfois égale au quart du prix de la voiture).

B comme Bus

Les bus de Beijing, tout comme la ville dans son ensemble, sentent encore le neuf. Outre un conducteur, chaque bus voit la présence d’une préposée chargée de recueillir le prix du ticket et de répondre aux questions des voyageurs. Très pratique. Le prix d’un trajet, y compris vers la banlieue, se monte à 15 centimes.

C comme chinois

Habitants de la Chine dont le principal trait de caractère est la curiosité. Demander son chemin peut ainsi provoquer un attroupement où les participants joueront des coudes pour essayer de comprendre de quoi il retourne. Au café internet, une jeune fille a même délaisser son petit ami pour s’asseoir près de nous et scruter avec minutie ce que ces deux occidentaux pouvaient bien faire sur internet.
Le deuxième trait de caractère le plus fréquent est la gentillesse, parfois dissimulée derrière un regard froid qu’un sourire de Naty ne manqua presque jamais de faire fondre.

C comme cité interdite

Cité qui n’est interdite qu’à celui qui refuserait de régler le droit d’entrée de 60 yuans. A noter le nombre très élevé de victimes si le système qui permettait d’en réguler le nombre de visiteurs au temps des empereurs, c’est à dire la peine de mort, était remis en service.

C comme communisme

Terme rare, inusité.
Obsolet, désigne une époque révolue en Chine.

F comme fesses

Pas les notres mais celles des enfants en bas age chinois qui portent tous des pantalons sans fond de culotte qui dévoilent leurs fesses dodues à tous les passants. Surprenant.

G comme Grande muraille

Ouvrage qui défie l’imagination et sur lequel nous avons gambadé durant 10 kilomètres. Horizons de collines verdoyantes à perte de vue et ce long serpent de pierre qui se joue du relief et trace son chemin sur des centaines de kilomètres. Grand moment.

H comme Hutongs

Habitats traditionnels de Beijing qui sont pour la plupart rasés pour faire place à d’imposantes barres d’immeubles, à des centres commerciaux gigantesques à la propreté chirurgicale dont les dimensions relèguent ceux de Montréal ou de Paris au rang de vulgaire supérette de quartier, à d’élégantes tours à bureaux ou encore à de somptueux hotels de luxe. Les derniers hutongs sont l’objet de toutes les attentions, sans doute pour être transformés en attractions touristiques et envahis d’auberges, de restaurants et de boutiques de souvenirs.

I comme Internet

Espace de liberté sous surveillance, disponible sur présentation d’un passeport pour les étrangers et d’une carte d’identité pour les Chinois afin, est-il écrit, d’empêcher les “comportements illégaux”. Comme des jeunes visionnent en toute impunité des films X dans ces mêmes cybercafés, nous ne comprenons pas quelle activité tombe dans l’illégalité…Peut être celles regroupant la consultation de ce genre de pages, inacessibles depuis la Chine : http://fr.wikipedia.org/wiki/Droits_de_l’homme

L comme langue

Outre le chinois qui de facon assez peu surprenante est la langue la plus volontiers parlée par les chinois, ces derniers se sont mis à l’anglais avec beaucoup d’enthousiame, de l’employé de gare au réceptionniste en passant par la preposée du bus.

M comme Mc Donald’s

Et oui, il est arrivée ici aussi

K comme KFC

Lui aussi

P comme Pizza Hut

Lui également

S comme starbucks

Et lui aussi.

T comme trains

Moyen de transport préféré des chinois. Nous l’aurons emprunté de nuit, totalisant 4600 kilomètres de rails, dans des compartiments de 6 couchettes, sans porte, ce qui nous aura valu de passer de bons moments avec nos compagnons de voyage.
Fleuron de la technologie chinoise et témoin que la Chine comble son retard dans tous les domaines, le CRH, le premier train chinois à grande vitesse, vient d’être mis en service en avril 2007 entre Beijing et Shanghai.

T comme Tibet

Voir aussi à R comme regrets.
L’entrée dans ce territoire sous administration chinoise semble donné lieu à un marché très lucratif de permis et de tours organisés plus ou moins suspects et dont la délivrance était suspendue à notre arrivée pour une raison inconnue de nous mais qui donne lieu à des rumeurs toutes aussi farfelues les unes que les autres. La plus savoureuse d’entres elles est celle d’un américain à cheval (A ce stade de l’enquête, on ne sait pas qui d’entre Lucky Luke ou du cowboy Marlboro est dans le coup) qui aurait traversé une région interdite avec sa monture et qui, mis sous les verrous par les autorités, se serait échappé tel Zorro.

T comme toilettes

En tant qu’être bassement humain, le voyageur doit de temps en temps répondre à certains besoins naturels irrépressibles. Toute banale que soit cette activité, elle peut se révéler des plus traumatisantes en Chine. Il n’est pas rare de trouver, en guise de toilettes, quelques trous juxtaposés et qui ne sont séparés par aucune cloison, encore moins par une porte. Et au cas où une porte est présente, cela n’empêche pas certains de la laisser grande ouverte…. de grands moments de solitude qui ont tendance à disparaitre avec l’apparition en force de toilettes à l’occidentale.
En règle générale, les chinois n’ont pas une notion très développée de l’intimité, comme en témoignent les multiples intrusions intempestives des femmes de ménage dans notre chambre d’hotel à toute heure de la journée.

X comme Xi’an

Située à 1200 kilomètres au sud ouest de Beijing, Xi’an fut l’objet de la plus grande découverte archéologique du 20ième siècle. Une armée de soldats en terre cuite, grandeur nature, accompagnés de leurs chevaux et dont le nombre est estimé à 6 000 fut découverte en 1974 après être restée sous terre durant 2000 ans.

Nous poursuivons notre découverte de la Chine à Shanghai, avant de rejoindre Hong Kong afin de nous envoler pour notre ultime destination, le Japon.

3 comments juin 2, 2007


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