Archive for avril 2007
Bonne année 2550 !
Avant de revenir plus en détails sur notre séjour au Laos, voici une petite vidéo prise durant les festivités du Nouvel an Laotien à Luang Prabang.
Nous n’aurons pas beaucoup d’autres témoignages de ces festivités : notre appareil photo numérique et l’eau ne faisant pas bon ménage.
2 comments avril 20, 2007
Six pieds sous terre au Vietnam
Des tunnels viet-cong de Cu Chi à ceux de Vin Moc dans la DMZ, en passant par les tombeaux impériaux de Hué, notre remontée vers le centre du Vietnam fut placée sous le signe de l’obscurité, tantôt oppressante tantôt empreinte de douceur comme celle créée par la magie des lanternes chinoises d’Hoi an.
Les tunnels de Cu Chi
Symbole de la détermination du Nord-Vietnam à remporter la victoire, les tunnels de Cu Chi, creusés de main d’homme dès la guerre d’Indochine, ont joué un rôle décisif dans la guerre contre les Etats-Unis, notamment dans son aspect psychologique en créant le mythe d’un combattant invisible et insaisissable, capable de frapper n’importe où avant de disparaître. Les étroits boyaux courent sous des profondeurs variant de 3 à 9 mètres et le réseau totalise 250 kilomètres de galleries et de salles. La section de 100 mètres ouverte aux touristes a été élargie pour permettre le passage des “gros” occidentaux : à l’origine, la largeur des tunnels n’excédaient pas 80 centimètres pour une hauteur à peine plus élevée.
Nous entamons notre progression sous 3 mètres de terre. Nous n’irons pas loin car l’individu me précédant est pris d’une crise de panique et nous nous contorsionnons tous pour faire demi tour. Bien que les tunnels soient partiellement éclairés, de larges portions sont plongées dans une obscurité telle que vous ne distinguez pas l’individu vous précédant de quelques centimètres. L’échec de la première tentative ayant mis à mal l’enthousiasme de certains, nous retournons un peu moins nombreux dans l’obscurité. Les sections de 6 et 9 mètres sont plus étroites et, alors qu’une progression accroupie était possible dans la section à 3 mètres, il faut ici se coucher lors de certains passages critiques. La lumière du jour surgit comme une libération et pourtant ces 10 minutes ne sont rien en comparaison de l’enfer qu’on dû y vivre des combattants affamés, traqués et constamment menacés par les bombardements. Sur 16 000 soldats engagés dans les tunnels de Cu Chi, seuls 6 000 survécurent. Mais, même dans un tel enfer, la vie ne capitule jamais tout à fait : une dizaine d’enfants auraient vu le jour dans ces tunnels.
Pour nous remettre de cette expérience claustrophobique, nous faisons halte 4 jours à Nha Trang à propos de laquelle nous n’aurons pas découvert grand chose excepté qu’il y fait bon ne rien faire sur le sable de ses plages, à l’ombre bienvenue des cocotiers. Nous aurons cependant fait une rencontre touchante en la personne d’un homme agé de 80 ans dont le fils a fui le Vietnam en 1975 et qu’il ne semble pas avoir revu depuis cette date. Après avoir discuté avec nous durant 20 minutes, il nous remerciera d’avoir partagé son chagrin et nous glissera à l’oreille, non sans s’être assuré que personne ne l’entende : “Don’t believe communism”. Du reste, les vietnamiens ne se bousculent pas pour montrer un soutien sans faille aux communistes : sur une population de 84 millions d’habitants, seuls 2 millions adhèrent au parti. Sur le plan des idéologies, la rupture semble consommée entre l’ancienne génération, témoin de la guerre et de la réunification, et la nouvelle génération, plus attirée par un mode de vie à l’occidentale. L’ancienne frontière, tant géographique qu’idéologique, entre le nord et le sud semble même avoir survécue à la réunification : quasiment absents dans le sud, les larges panneaux vantant la gloire de l’armée ou celle du communisme par le biais d’une demi-douzaine d’ouvriers tous plus ravis les uns que les autres de serrer un boulon ou de lever leur clé à molette en signe de victoire ; ces panneaux disais-je fleurissent sur le bord des routes au fur et à mesure de notre progression vers le nord.
Hoi An
Hoi An est rétive à toute description. J’ai beau me triturer le cortex, je ne parviens pas à en donner une image juste et fidèle. Peut-être parce qu’Hoi An recèle une part de rêve qu’il est impossible de rapporter avec soi dans la réalité sans en altérer la magie. Pourtant il y aurait tant à dire sur ce port fréquenté par les chinois, les japonais et les européens qui en firent l’un des plus importants d’Asie du Sud-Est au 17ième siècle. Tant à dire sur son centre historique classé au patrimoine mondial par l’UNESCO. Des pages et des pages à écrire sur ces minuscules ruelles, sur ces maisons en bois desquelles se dégage une telle sérénité qu’on aimerait y passer des heures, sur les centaines de détails dissimulés aux regards trop pressés comme les yeux de dragons au dessus des portes. Et comment décrire l’atmosphère qui se dégage de la ville à la nuit tombante lorsque les centaines de lanternes chinoises parent celle-ci de colliers de lumières. Non, vraiment il m’est impossible de décrire Hoi An sans trahir sa magie. La seule preuve tangible que nous en rapporterons sont les plats succulents que Naty ne manquera pas de nous préparer après avoir étudié leur préparation lors d’un cours de cuisine locale.
Hué, l’ancienne cité des empereurs
C’est sous un ciel uniformément gris que nous posons nos sac à dos dans l’ancienne résidence des empereurs du Vietnam. De son passé prestigieux, Hué a conservé la citadelle impériale et les tombeaux de ses empereurs, disséminés aux alentours de la ville. La citadelle fut lourdement endommagée par les bombardements et les batailles acharnées dont elle fut le théâtre. De la citadelle ceint par des remparts de 10 km dignes de Vauban, seuls quelques superbes édifices ont résisté dans l’enceinte impériale. Le faste et la richesse qui accompagnaient les empereurs de leur vivant semble les suivre jusque dans l’au delà : leurs tombeaux sont de véritables villes avec des temples richement décorés, des lacs, des ponts, des esplanades, des escaliers monumentaux, des dizaines de statues et dans l’un d’entre eux, un bloc de pierre de 20 tonnes sur lequel fut gravé l’épitaphe de Tu Duc mit 4 années pour être acheminé jusqu’au tombeau depuis la province de Thanh Hoa à quelques 500 kilomètres de là.
Au nord de Hué s’étend la zone démilitarisée qui courait de part et d’autre du fleuve Ben Hai, ligne de démarcation officielle entre le Nord et le Sud Vietnam. Durant la guerre, cette zone de 10 Km de large fut ironiquement une des plus lourdement militarisée avec notamment la présence de nombreuses bases américaines, dont la célèbre base de Khe Sanh et plus bombardée que n’importe quelle autre région du Vietnam. Pour échapper aux bombes, les habitants se réfugièrent dans des tunnels qu’ils mirent 18 mois à creuser. Les tunnels de Vin Moc, plus profonds (23 mètres) et plus larges (la position debout est envisageable) que ceux de Cu Chi bénéficiaient en outre de “toilettes”, de “chambres” et de ventilation grâce notamment à une bombe americaine perforante non explosée.
Guide de survie pour les futurs voyageurs au Vietnam
Parmi les petits désagréments du Vietnam, être l’objet d’une sollicitation de tous les instants se classe largement en tête (L’inaptitude chronique des serveurs de restaurants, vendeurs et autres commerçants à trouver le résultat juste a l’issue d’une addition se classant second).
Avec une moyenne de 30 sollicitations par jour, nous avons mis au point une technique qui nous permet de ne pas gaspiller inutilement nos énergies tout en restant des gens civilisés.
sollicitation 1 – individu 1 = petit mot de refus accompagné d’un sourire.
sollicitation 2 – Individu 1 = signe de refus de la main.
sollicitation 3 – Individu 1 = indifférence marquée. Vous concernant, l’individu 1 a été rayé de la surface de la terre.
sollicitation n – Individu n = une explosion thermo-nucléaire ne provoquerait chez vous qu’un léger haussement de sourcils.
Variante : cette dernière attitude peut aussi être adoptée dès la première sollicitation en cas de mauvaise journée.
Nos icônes du Vietnam (1ère partie)
Apres 1 mois au Vietnam, il est des images, bien souvent anodines, qui se présentent quotidiennement à nos regards et qui finissent par s’incruster dans nos esprits pour devenir des icônes indissociables du Vietnam.
Les petites chaises en plastique : disséminées sur les trottoirs, elles marquent l’emplacement d’un restaurant de rue dans lequel les vietnamiens viennent déguster une cuisine bon marché et où, bien souvent, une grosse marmite et un réchaud sont les seuls instruments de cuisine. A la nuit tombée, il est très facile de se prendre les pieds dans l’une d’entres elles avant de s’apercevoir qu’une dizaine d’individus dégustent leur repas tout autour de vous.
L’élégance austère d’une étudiante en ao dai : il est difficile de conserver une quelconque prestance quand, juché sur une bicyclette, vous portez un habit ample, suffisament long pour vous couvrir les pieds. C’est le défi relevé par les étudiantes en habit traditionnel qui, souriantes et gracieuses, sillonnent les rues en tenant l’extremité de leur ao dai fermement serré entre leur mains.
Les vélos-camions : des frigos aux meubles en passant par des montagnes d’habits, des empilement improbables de boîtes, des cochons vivants ou morts, rien ne semble ne pouvoir prendre place sur un deux roues.
Les habits de pluie : les jours de pluie voient d’étranges créatures chevaucher les 2 roues : on devine le visage du conducteur qui seul émerge de la cape anti-pluie qui lui recouvre tout le corps. Quant aux passagers, ils disparaissent totalement dessous à l’exception des pieds, ce qui donne à l’equipage des allures de mille-pattes motorisé.
Depuis Hué, nous avons pris la longue route qui nous a emmené jusqu’a Savannakhet au Laos.
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