Archive for mars 2007

Cambodge, entre splendeur et désarroi

La splendeur du Cambodge, ce sont les temples d’Angkor, témoignage exceptionnel de la richesse et de la puissance de l’empire Khmer à son apogée et qui font aujourd’hui la fierté de tous les cambodgiens. Du drapeau national à la bière qui porte son nom, la silhouette de celui qui fait figure de Mère de tous les temples, Angkor Wat, s’affiche partout et fait partie intégrante de la vie quotidienne.

Le désarroi, c’est celui d’une population toujours traumatisée par un des régimes les plus meurtriers de l’histoire contemporaine (1,5 à 2 millions de morts) et accablée par la pauvreté dont toute la détresse qu’elle engendre se trouve résumé dans le regard des jeunes enfants exploités dans les rues de Phnom Penh ou d’ailleurs. Nombre de jeunes enfants traînent en bandoulière quantité de livres et autres guides de voyage (photocopiés), vendent des fleurs ou des magazines, d’autres cirent des chaussures, d’autres encore demandent simplement de l’argent, de l’eau ou de la nourriture. Il existe aussi au Cambodge une autre forme d’exploitation qui voit de respectables messieurs venir assouvir leurs vices sur de jeunes enfants cambodgiens. Vraissemblablement choqués de côtoyer, sans la voir, cette atroce vérité, nous avons réagi avec excès en gratifiant d’un regard soupçonneux tout individu torve d’un certain âge, attablé seul le soir (Pour notre défense, ils sont vraiment nombreux sur les terrasses de Phnom Penh).

Le désarroi, c’est enfin celui qu’inspire une classe politique notoirement corrompue, incapable d’améliorer le sort de ceux qu’ils représentent malgré des signes encourageants. Un exemple parmi ce qui pourrait être une encyclopédie de la corruption au Cambodge est le nombre de casinos : le Cambodge, pauvre parmi les plus pauvres, compte une vingtaine de casinos, dont nous avons pu apprécier le faste de 2 ou 3 d’entres eux près de la frontière avec le Vietnam. Inutile de rappeller que les casinos sont un des vecteurs prisés pour le blanchiment de l’argent sale.

Phnom Penh

Sur une carte, Phnom Penh ressemble à une formule mathématique absconse : excepté 4 ou 5 grands boulevards, les rues sont désignées par des numéros (ph152, ph118, ph148) vraissemblablement aléatoirement attribués étant donné l’absence de logique dans leur répartition. Les quais de la rivière Tonlé Sap regroupe un grand nombre d’hôtels et de restaurants et garantit un superbe spectacle pour qui se lève tôt pour y admirer le levé du soleil.
J’avais écrit une première version de l’article qui décrivait Phnom Penh, assez prosaïquement je l’avoue, comme un champ de bataille sur lequel s’affrontait, sur le terrain économique, une armée de pauvres sans armes et une minorité de nantis. Phnom Penh me semble à présent plus complexe que ce que cette description simpliste le laisserait entendre. Au premier regard, Phnom Penh offre pourtant un spectacle déroutant de contrastes : 4×4 rutilants au milieu d’un océan de deux roues de toutes sortes, les hôtels et immeubles immaculés font face aux taudis insalubres, les mendiants, enfants des rues, vendeurs de drogues, mutilés des mines oubliées se mêlent au flot des touristes. Après quelques heures dans cet univers, la tête vous tourne forcément un peu. Plusieurs jours se passent et vous commencez à comprendre que se déroulent sous vos yeux les bouleversements qui secouent le pays après des périodes si sombres de son histoire. Les habitants de Phnom Penh sont en première ligne face à ces bouleversements et son lot d’inégalité qu’ils engendrent.

Trêve de billevesées (Attention prononcer ce mot à haute voix plusieures fois de suite peut provoquer des nausées) et parlons enfin de ce qu’offre Phnom Penh aux voyageurs. La résidence royale contient de magnifiques exemples de l’architecture Khmer qui culmine avec la pagode d’argent dont le sol est recouvert de 5 000 plaques d’argent : après s’être déchaussé, on peut y admirer un Buddha en or, les somptueux objets recouverts de pierres précieuses et les chandeliers admirablement ciselés.
Dans la série “les musées des horreurs”, nous visitons la tristement célèbre prison S-21 où 17 000 personnes, hommes, femmes et enfants, furent emprisonnées, torturées puis exécutées dans les “Killing fields” à quelques encablures de la ville. Durant cette visite, peu de mots sont échangés, le silence s’impose devant les cellules d’interrogatoire laissées pratiquement en l’état, devant les photographies des détenus prises à leur arrivée dans le camp et sur lesquelles se lit toute la terreur devant le sort qui les attend, devant encore les instruments de tortures : simples (pelles, barres de fer, pinces) ou plus sophistiqués dont l’utilisation est illustrée à l’aide de schémas. La visite se conclu par la projection d’un documentaire à la fin duquel un ancien garde du camp avouera, dans un rire maladroit, avoir exécuté 5 prisonniers d’un coup de barre de fer sur la nuque. Si la peur qu’engendre aujourd’hui encore l’évocation des khmers rouges est toujours aussi vive c’est qu’aucun des anciens bourreaux n’a été puni et que pour nombre de cambodgiens, il s’agit de leur voisin, de leur collègue ou d’un parent.

Enfin, un des plaisirs de Phnom Penh est de s’attabler à une terrasse et de regarder la vie défiler devant vos yeux, comme cette procession funéraire dont la blancheur des habits des participants tranche avec l’orange vif des tuniques des bonzes les accompagnant. (Vous verrez encore plus de choses étranges si vous décidez de vous attabler à la terrasse d’une pizzeria qui sert des “Happy Pizza” ou des “Very Happy Pizza” selon la quantité de marijuana dans la recette). Assis de la sorte, vous serez une cible de choix pour le boniment des enfants. Un truc suffit pourtant à s’en débarasser dans 80% des cas : les faire rire.

Malgré la situation peu enviable de la majorité de ces habitants, Phnom Penh est une étape agréable et réserve quelques surprises comme celle que nous avons eu en croisant la route d’un éléphant sur les trottoirs du centre ville, allant de son pas de géant fatigué dans l’indifférence générale.

Angkor, le mystère est dans les pierres

Si la pierre pouvait parler, elle le ferait précisément à Angkor et s’échapperaient alors des temples les milliers de cris et de hurlements dessinés sur le visage des démons, des soldats agonisants, des créatures maléfiques et des homme-singes féroces qui ornent les moindres recoins des murs d’Angkor. Il ne vaut mieux pas avoir cette idée en tête lorsque, pris sous un orage dans les couloirs du Bayon, vous évoluez, miraculeusement solitaire, dans la pénombre d’où surgit, à la faveur d’un éclair, le visage torturé d’un démon. Heureusement, le soleil revenu, le Bayon compte également 276 statues aux sourires rassurants.

Angkor se situe à 6 kilomètres de Siem Reap et désigne un ensemble de 100 temples répartis sur une zone de 400 kilomètres carrés. Siem Reap, à 400 kilomètres au nord de Phnom Penh, est le lieu de villégiature obligé pour tout visiteur des temples. Il s’agit d’une ville sans charme où les hotels de luxe côtoient les baraques branlantes et les détritus, où les enfants marchent pieds nus dans les flaques d’eau souillée, des jeunes enfants mal en point comme ce garçon à l’âge incertain qui viendra nous demander à manger à plusieures reprises durant notre séjour.
Notre moyen de transport pour visiter les temples fut, tout comme à Phnom Penh, le Tuk-Tuk dont les conducteurs forment une sympathique bande de truands qui proposent d’emblée des prix surgonflés et sont prêt à imaginer les plus gros mensonges pour justifier leur prix.

Impossible de décrire dans le menu détail notre visite de 7 jours à Angkor. Nous emporterons avec nous la silouhette parfaite d’Angkor Wat, les 276 sourires du Bayon, les images du combat désespéré que livre Ta Phrom contre la jungle qui en reprend possession, le contraste entre le gigantisme des temples et la finesse des statues et des fresques, les sculptures délicates du Bantay srei et enfin la satisfaction d’avoir pu découvrir la civilisation qui a érigé de tels chefs-d’oeuvre au 12ième siècle et qui fut en mesure d’établir une ville d’un million d’habitants (A la même époque, Londres en comptait 50 000) qui en fit une des plus importantes du monde à cette époque.

Notes aux futurs visiteurs d’Angkor

Étant donné l’affluence en constante augmentation, il n’est pas impossible de contracter une haine du groupe lors de votre passage à Angkor. Aucun vaccin n’existe et l’utilisation d’armes à feu et de grenades offensives est vivement déconseillée par respect pour les bonzes en prières que les déflagrations et les hurlements déchirants pourraient gêner dans leur méditation.

De nombreux signes (spectacle son et lumière, voiturettes électriques, immenses complexes hoteliers en construction) font craindre une dérive d’Angkor vers une sorte de parc d’attraction pour archéologues en herbe. Il serait de bon ton de venir avant que cette tendance se confirme mais prenez garde, Mickey est déjà dans la place : il accueille les clients d’une station service en centre ville.

Conclusion

Sur la route qui nous ramenait vers la frontière vietnamienne, nous savions avoir manqué une partie du Cambodge, celle à l’écart des flots de touristes, où vit la majorité des cambodgiens (80% du pays vit à la campagne). Derrière les vitres du bus, le Cambodge nous fera un dernier clin d’oeil : au milieu d’une succession de maisons en bois ou en tôle, sur un accotement boueux, au milieu de nulle part se dresse un magnifique chapiteau orange et jaune qui abrite une vingtaine de tables somptueusement dressées et de chaises drappées de belles étoffes et près duquel s’agite une cinquantaine de convives élégamment vêtus.

De retour à Ho Chi Minh Ville, nous y passerons quelques jours avant de prendre la direction de Nha Tang et de ses plages.

1 comment mars 29, 2007

Le Vietnam du sud

Ho Chi Minh : le bruit et la fureur

Saigon (Ho Chi Minh) peut sans nul doute revendiquer nombre de qualificatifs. Pour nous aucun ne lui va mieux que celui de ville qui ne se taît jamais. L’activité frénétique qui s’en empare jour et nuit semble ne jamais vouloir prendre fin. Le jour, les hordes de deux roues prennent possession des rues, les artisans de tous les corps de métier travaillent à même les trottoirs ou au fond des ruelles, de partout montent des effluves de cuisine ou d’autres mixtures inconnues, les marchés couverts sont saturés de chaleur et d’odeurs plus ou moins attirantes. La nuit tombe que ce formidable cirque semble redoubler d’intensité avec les voix tremblantes qui s’échappent des innombrables karaokés, les parkings pour deux roues se remplissant en un clin d’oeil de la clientèle des clubs aux enseignes grandes consommatrices d’électricité, des apprentis cracheurs de feu d’à peine 10 ans révolus font trembler leur audience par leur total manque de maîtrise de cet art (Un exemple parmi tant d’autres de parents qui, poussés par la pauvreté, utilisent leurs enfants comme source de revenu). Jour et nuit, ce bouillonnement d’activités se déroule avec la trame sonore d’une symphonie en klaxon majeur que les moins sourds des voyageurs auront tôt fait d’étouffer à l’aide de protections auditives pour trouver le sommeil.

De rares lieux échappent à ce furieux tintamarre. Les pagodes sont un hâvre de paix pour les sens : le silence, s’il n’est pas troublé par un groupe d’une cinquantaine de touristes, y règne en maître; les bâtons d’encens libèrent leurs effluves ennivrantes; les statues et les représentations divines captivent le regard; de temps en temps, un élément du plus pur kitsch, comme un disque de diodes multicolores au dessus de la tête d’une divinité, vous arrache, sacrilège dans un lieu voué à la piété et au recueillement, un léger sourire que vous tentez de dissimuler à la vue des fidèles. De sourires, il n’en est en revanche pas question au musée des souvenirs de guerre, vibrant témoignages du drame qu’a vécu le Vietnam durant près de 20 ans. Les commentaires, forcément partiaux, mis à part, les centaines de photos suffisent à décrire l’horreur sous toutes ses formes : bombes expérimentales, tortures, exécutions, armes chimiques, enfants, bébés compris, victimes d’atrocités. Il faudra bien quelques bouteilles de Saigon bien fraîches pour nous remettre de cette succession de clichés de l’Homme à son plus bas niveau d’humanité.

Le delta du Mékong, grenier aux sourires du Vietnam

Pour qui veut fuir l’agitation de Saigon, le delta du Mekong offre au voyageur un refuge tout indiqué. La vie se déroule ici au rythme lent d’une barque sur les eaux calmes de la multitude de canaux qui forment une toile d’araignée complexe de voies navigables. Le Mékong en constitue l’artère principale à partir de laquelle se déclinent des canaux de plus en plus étroits jusqu’à seulement permettre le passage d’une barque. Le bateau est bien entendu le moyen de locomotion idéal pour découvrir les mystères du delta. Nous en avons pris de toutes sortes : des ferries, des embarcations de 20,10 ou 2 passagers, guettant de temps à autre, au fond du bateau, avec une perplexité grandissante une flaque qui ne l’était pas moins. Nous avons ainsi visité au petit matin de nombreux marchés flottants où une flottille colorée propose de bateau en bateau toutes sortes de marchandises ou encore simplement navigué dans les canaux au milieu des habitations sur pilotis. Mais outre le riz, les canaux, les couleurs, le delta possède une autre richesse : ses habitants. Depuis leur bateau, leur 2 roues, leur maison, leur bus, enfants, adolescents et adultes nous adressaient un sourire, un ‘hello’ ou encore un signe de la main. Naty déclenchera même une hystérie collective chez un groupe de femmes qui cherchaient à attirer son attention depuis leur bus stationné dans un marché. Notre guide éclaircira ce curieux comportement par ces mots, je cite : ‘yellow hair, not seen before : very pretty. blue eyes, not seen before : very very pretty. narrow noze, very pretty…et oh bon, on se calme le guide!

Après avoir passé la nuit à Can Tho, nous prenons la direction de Chau Doc et de la frontière avec le Cambodge. Depuis notre bus, nous assisterons au spectacle enchanteur de dizaines de cerf-volants s’élevant dans le ciel du soleil couchant. Le lendemain, nous prendrons place Naty et moi dans une petite barque propulsée par le seule force des bras d’une jeune femme pour nous rendre sur une île où s’est établie la minorité Cham de confession musulmane et c’est là que nous avons fait la rencontre d’un ange. Un ange avec le Saint Graal des sourires, un sourire enchanteur et pur comme un diamant, la Joconde du Delta! Nous serions resté des heures à jouer avec cette adorable petite fille Cham (Naty rêvera même la nuit suivante que nous la kidnappions pour l’emmener à Montréal) mais hélas, il était temps pour nous de prendre notre bateau pour rejoindre la frontière Cambodgienne.

Du Vietnam au Cambodge : la traversée périlleuse

Les trois heures de traversée sur les eaux du Mékong avant de rejoindre l’immigration vietnamienne se déroulèrent sans encombre. Mais lors de l’accostage, nous devenons malgré nous les protagonnistes d’un spectacle d’acrobaties. En première partie, des enfants se ruent à l’abordage de notre embarcation pour tenter de se saisir de nos sacs. Un compagnon de voyage fera obstacle de son corps mais un sac manquera à l’appel une fois sur la terre ferme (Il sera retrouvé quelques minutes plus tard sur le dos d’un enfant qui réclamait un dollar pour le service offert). Nos sacs de 20 kg sur le dos, nous découvrons avec angoisse ce qu’il nous faut traverser pour rejoindre la terre ferme : une échelle jetée au dessus d’un fossé de 5 mètres de profondeur. Chacun son tour, nous avancons prudemment sur le fragile dispositif, aidés par des habitants qui nous tendent les bras de l’autre côté et visiblement enchantés par la représentation que nous donnons. Parvenus sain et sauf de l’autre côté, nous accueillons presqu’avec bonheur la myriade d’enfants qui nous hurlent dans les oreilles de leur acheter quelque chose.

Deux heures de traversée suplémentaires et deux heures entassés dans un mini bus non climatisé sur une route en travaux, nous voici dans la capitale du Cambodge.

3 comments mars 23, 2007

L’Australie prend fin à l’ouest

Nous sommes à Ho Chi Minh Ville depuis quelques jours déjà (qui reprend invariablement son ancienne appellation de Saigon dès que l’on s’écarte de toute considération officielle) et avant de consacrer un article à nos premiers jours dans ce fascinant tohu bohu, nous devons revenir sur notre dernière partie du séjour en terre australienne, dans l’immensité et la chaleur de l’Australie-occidentale.

Perth, la lointaine

Perth, capitale de la plus grande province australienne, jouit d’un cadre superbe, sur les rives de la Swan river et détient le meilleur taux d’ensoleillement de toute l’Australie. Cette ville nous a toutefois plongé dans une profonde perplexité dès notre arrivée. Nous y avons en effet croisé toutes sortes d’individus plus égnimatiques les uns que les autres. Tout d’abord un jeune homme, après avoir adressé un message à grand renfort de gestes à une entité que lui seul pouvait voir, tente par la seule force de sa pensée (visiblement dérangée) d’interrompre la rotation d’une sphère-fontaine. Des employés d’un Mc Donalds… Ici, une précision s’impose. Un “repas” pour 2 personnes pour moins de 11 dollars est une tentation écocomique (et non gastronomique) irrésistible pour 2 voyageurs à la bourse flétrie (Je ne parle évidemment pas ici de 2 voyageurs mâle de type 3ième âge mais bien de l’état de délabrement de nos finances). Des employés de Mc Donalds, disais-je, si agités qu’on les croiraient alimentés en coca cola par intraveineuse. Le triste spectacle d’aborigènes ivres déambulant par petits groupes ou installés sur la place centrale, s’interpellant bruyamment les uns les autres. De jeunes adolescents, ayant visiblement consommés autre chose que du Fanta se joignent de bon coeur à cette crise de delirium tremens qui semble s’être abattue sur la ville en cette chaude après midi. Quelques heures de sommeil plus tard, nos étranges individus avaient disparu et les habitants de Perth se sont avérés être des plus accueillants. Dans le doute, nous louons une voiture et mettons le cap vers le sud.

Sur et sous la canopée des forêts de Karris

En quittant Perth, nous prenons donc la direction du sud et nous arrêtons à Busselton où nous marcherons sur la plus longue jetée en bois au monde qui pique droit vers le large sur près de 2 kilomètres au dessus des eaux de l’océan Indien. Cette partie du littoral est superbe, les plages de sable blanc, baignées d’une eau turquoise, sont peu fréquentées et on peut y apprécier le calme reposant du ressac de l’océan ou bien le tumulte des vagues des plages réservées au surf. Nous atteignons la région de Margaret River, une des régions vinicoles les plus réputées d’Australie. Nous ferons halte au splendide domaine de Voyager Estate où nous goûterons Shiraz et Merlot.

Nous progressons encore vers le sud et notre route voit se dresser de plus en plus de géants : ce sont les karris, ou encore pour les forts en science naturelle, les eucalyptus diversicolor, qui dépassent allègrement les 50 mètres et dont le plus haut représentant connu en Australie occidentale mesure 88 mètres. Nous atteignons Pemberton, village assoupi au milieu des forêts de Karris et c’est là que se produit l’improbable. Naty, au pied du Gloucester tree, karri de 61 mètres utilisé comme tour de vigie des incendies et reconverti en attraction pour touristes téméraires, est prise d’une envie de s’arracher au plancher des vaches (Le tronc est planté à cet effet de barres de fer qui forment une échelle rudimentaire jusqu’à la cime de l’arbre). N’écoutant que mon courage (passablement émoussé par la visite des vignobles), je reste au pied de l’arbre pour parer à toute éventualité alors que Naty entame l’ascension du géant. Ignorant les lazzis d’Irlandais aussi courageux que moi, je regarde avec une anxiété contenue (difficilement contenue) Naty monter un à un les barreaux puis disparaître dans les denses feuillages. L’attente de la descente commence alors et ne prendra fin que 10 minutes plus tard lorsque Naty entamera sa prudente descente après avoir apprécié une vue imprenable. De retour sur la terre ferme, les acclamations ne furent pas à la hauteur de l’exploit : du public composé en grande majorité de mouches aussi tenaces que laides, je fus le seul à exprimer sincèrement mon admiration (et mon soulagement).

Notre parcours nous portera ensuite à Walpole où nous pourrons apprécier la perspective qu’on les oiseaux du haut de leur branche en empruntant une passerelle aménagée à plus de 40 mètres du sol au milieu de la splendide vallée des géants.

Les Pinnacles

Sur le chemin du retour, nous décidons au dernier moment de ne pas nous arrêter à Perth et de poursuivre notre route 250 kilomètres plus au nord pour y admirer un ensemble rocheux unique au monde : les Pinnacles. Au milieu d’un désert d’un sable jaune-orangé surgissent des milliers de formations rocheuses qu’un breton peu regardant sur la géographie et l’histoire pourrait prendre pour des menhirs pour personnes de petites tailles. Au coucher du soleil, le spectacle est magnifique : le silence solennel semble accompagner une cérémonie entre les roches et le soleil qui pare celles-ci de teintes orangées qui tranchent avec la clarté limpide du ciel. Sur le chemin du retour, à la nuit tombée, nous aurons l’opportunité d’expérimenter la hantise de tout automobiliste australien : croiser la route d’un kangourou. Après seulement une centaine de mètres, nous surprenons un de ces bondissants marsupiaux dans la lumière de nos phares : le silence et un stress palpable prendront place à nos cotés dans la voiture durant les 20 derniers kilomètres qui nous séparent de notre lieu de villégiature nocturne.

Premiers pas en Asie

Nous avons passé une nuit à Hong-Kong avant de rejoindre le Vietnam. Ces quelques heures ne suffisent pas à saisir cette ville sans pareil où tout semble organisé mais où une surprise semble vous attendre à chaque coin de rue. Nous y reviendrons à deux reprises dans les mois qui viennent et sommes impatients de plonger à nouveau dans cet univers entre Occident et Orient.

Un choc. Rien ne décrit mieux ce que nous avons ressenti à notre arrivée à Ho Chi Minh Ville à la nuit tombée. Nos yeux grands ouverts derrière les vitres de notre taxi devant le flot ininterrompu de vélos, scooter, 2 roues en tout genre, chevauchés par 2, 3 ou 4 personnes agées de 3 mois à 80 ans. De jour le spectacle est encore plus déroutant et devient même angoissant lorsque vous réalisez que vous voulez rejoindre le bord opposé de la rue. Commence alors une sorte de ballet entre vous et les centaines de projectiles humains motorisés qui vous foncent dessus de toute part. Très vite, vous réalisez que vous ne maîtrisez rien et que ce sont eux qui en vous frolant d’un coté ou de l’autre vous ouvre ou vous ferme le passage. Ca y est, vous êtes de l’autre coté. Exploit à réitérer au prochain coin de rue.

Restent encore à décrire les senteurs, bonnes ou mauvaises, les bruits de toutes sortes qui ne s’arrêtent jamais, les gens, les monuments qui témoignent de l’histoire à la fois riche et dramatique de ce “petit” pays de 83 millions d’habitants.

Nous prendrons la direction du delta du Mékong dans quelques jours avant d’entrer au Cambodge.

Add comment mars 7, 2007


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