Archive for février 2007

Des koalas et des hommes

Fermement accroché au ciel bleu australien, le soleil ne faiblit pas depuis notre arrivée et nous gratifie même de températures caniculaires (40 degrés) à Adélaide où nous sommes arrivés depuis quelques jours. L’Australie méridionale, dont Adélaide est la capitale, connaît même la pire sécheresse de son histoire. Notre parcours en terre australienne a donc débuté à Sydney pour ensuite se poursuivre à Melbourne et enfin Adélaide que nous avons rejoint par la plaisante “Great Ocean road ” dont le titre de plus belle route du monde me semble passablement usurpé.

Sydney, la belle

Sydney est avant tout un plaisir pour les yeux. De mémoire, courte il est vrai, je ne me rappelle pas avoir déjà vu une ville offrant un tel panorama en un seul regard. Le centre de ce panorama est bien sûr la silouhette caractéristique et extravagante de l’opéra de Sydney. Au pied de ce grand coquillage blanc, nous n’avons jamais eu autant l’impression de faire partie d’un décor de carte postale. De part et d’autre de l’opéra se profile la somptueuse baie de Sydney qui, par beau temps, est envahie par une armada multicolore de plusieurs centaines de voiliers de toutes dimensions qui déclenchent épisodiquement la sirène furieuse des ferries en s’égarant sur la trajectoire de ces derniers. Les ferries justement partent aux pieds des tours à bureaux du centre ville et mettent moins de 30 minutes pour rejoindre les plages les plus proches, celle de Manly notamment. Toujours aux pieds des tours du centre ville, le magnifique jardin botanique et ses chauve-souris aux allures de Batman survitaminés déploie son tapis vert et ses essences rares et offre ainsi un hâvre de tranquilité à quelques mètres de l’effervescence du centre ville.

C’est une chose de se tenir au pied d’un décor de carte postale, c’en est une autre que de pénétrer l’envers du décor. C’est un peu l’impression que nous avons eu en entrant dans l’opéra de Sydney pour assister à la représentation du Mariage de Figaro (Sans vouloir détruire un mythe, l’intérieur des salles de spectacle est beaucoup moins spectaculaire que le laisserait supposer l’extérieur grandiose de l’opéra). Comme je l’ai déjà dit, on peut très bien vivre sans la moindre espèce de culture. J’ai moi même atteint l’âge, pas encore canonique, de 31 ans en restant persuadé que le célèbre aria ”Figaro Figaro Figaro-oh… ” faisait partie, selon toute logique, du Mariage de Figaro. J’avais même partagé cette conviction avec Naty en lui promettant un moment unique lorsque le moment d’entendre cet aria viendra. La première partie s’achève sans que notre patience soit récompensée mais le spectacle continue durant les 20 minutes que dure l’entracte avec un accès privilégié à un point de vue sur la baie, sur les eaux de laquelle se reflète le rai lumineux de la pleine lune, la silouhette illuminée du célèbre pont de Sydney et les milliers de lumières du centre ville. Durant la dernière heure et demie du spectacle, nous avons donc encore attendu que résonne cet air célèbre et nous attendions encore lorsque les comédiens eurent été acclamés, le rideau tombé et les spectateurs rentrés chez eux. Ce sera encore une fois internet qui me sauvera de mon incurie culturelle : cet aria résonne dans le Barbier de Séville et non dans le Mariage de Figaro. Y’a des coups de règles sur les doigts qui se perdent!

Telles deux cendrillons de pacotille, notre soirée de rêve prendra fin à minuit, heure à laquelle nous réintégrons notre hôtel citrouille : le Maze, Pitt Street. N’y mettez jamais les pieds sous peine d’infliger des dommages irréversibles à vos yeux et à votre nez.

Melbourne, la douce

Nous rejoignons Melbourne par un train de nuit et y coulerons des jours paisibles durant une semaine, bercés par le carillon aimable de la multitude de tramway qui sillonnent la ville. Ces tramway sont le véritable symbole de la ville car loin d’être une simple attraction touristique, ils constituent un véritable moyen de transport. Ainsi les bus ont déserté le centre ville qui, pour une ville de plus de 3 millions d’habitants, est étonnamment exempte de toute pollution. A quand un tramway à Montréal ?

Si Melbourne ne possède pas la beauté indiscutable de Sydney, elle nous a séduit par la place de choix qu’elle réserve à la culture à tous les coins de rue et par le rythme moins sophistiqué qu’ont adopté ses habitants. Ainsi au vieux Queen Victoria Market, les foules se bousculent le soir venu devant les vendeurs de nourriture en tout genre ou improvisent quelques pas de danse devant un orchestre, le tout dans une ambiance très bon enfant. Les policiers de la ville monteront même sur scène pour interpréter de grands classiques du rock.

Rencontre avec les marsupiaux

Avant de prendre la route d’Adélaide, nous nous rendons au Healesville Sanctuary, à quelques kilomètres de Melbourne, qui regroupe un hôpital pour animaux et un espace protégé rassemblant les plus fameux représentants de la faune australienne. Nous y verrons des kangourous, émeus, pélicans, diables de Tasmanie, dingos, une démonstration d’oiseaux de proie dans laquelle un des oiseaux mis en présence d’un (faux) oeuf d’émeu et d’un caillou, se saisit de ce dernier dans son bec pour le projeter violemment contre l’oeuf, comportement vraiment étonnant, les adorables wombats, des étranges echidna ainsi que les peu attrayants platypus (ornithorinque) et bien sûr les adorables et néanmoins fainéants Koalas. Ces espèces de grosses peluches nonchalantes dépensent une grande partie de leur énergie à manger (le rêve :-) ) et à digérer le kilo de feuilles d’eucalyptus qu’ils engloutissent quotidiennement.

Great Ocean Road

En quittant Melbourne, nous prenons la direction de la Great Ocean Road qui serpente le long de la côte sur une centaine de kilomètres. Si celle-ci offre de beaux panoramas sur la côte accidentée, le point d’orgue de cette route est bel et bien le spectacle des douze apôtres, ensemble de 12 formations rocheuses que l’océan a séparé de la terre ferme par un long travail d’érosion. En chemin, nous aurons la chance d’approcher quelques koalas en liberté, dont 2 petits, invariablement accrochés à leur branche d’eucalyptus. La route quitte ensuite la côte pour traverser sur plus de 400 kilomètres des plaines arides et désertes avant d’atteindre Adélaide.

Adélaide, la comopolite

Si la population de Sydney et Melbourne surprendra celui qui s’attendait à n’y trouver que les descendants des turbulents sujets de Sa Majesté débarqués il y a de cela 200 ans, la surprise sera encore plus grande en découvrant la diversité ethnique d’Adélaide. Sydney et Melbourne reflète la proximité de l’Australie avec l’Asie et les communautés asiatiques y sont représentées en nombre. Mais c’est bel et bien Adélaide qui offre le tableau le plus diversifié, état de fait surprenant pour une ville-état isolée qui regroupe 80% de la population de l’Australie Méridionale, soit un peu plus de un million d’habitants.

Étant donné la chaleur accablante qui y règne depuis notre arrivée, nous avons décidé de suivre l’exemple du Koala, non pas en restant agrippé à une branche mais en évitant les dépenses d’énergie superflue et en consacrant de nombreuses heures à la préparation de la suite de notre voyage dans la fraîcheur artificielle d’un air climatisé salvateur.

Plaidoyer pour un bouchon

La vie est faite de détails mais quand ces détails touchent au plaisir, ils se départissent alors de leur nature de simple détail pour toucher aux choses essentielles de la vie. Ainsi quand les néo-zélandais et les australiens honnissent le bouchon et obturent le goulot de leur bouteille de vin par une capsule métallique c’est un détail me direz vous. C’est que vous ne pensez pas aux plaisirs des détails. Qu’est devenu le geste ancestral, acquis presque par atavisme, qui d’un mouvement habile mais certes violent, arrache le bouchon qui seul vous sépare du divin nectar ? Alors qu’avec une capsule, le premier buveur de Perrier venu peut vous servir un Merlot ou un Cabernet, quelle horreur! Quid du bruit si caractéristique qui tel un réflexe pavlovien fait lever la tête à tout amateur dans un rayon de 10 mètres ? Quid du cérémonial qui vous fait porter le bouchon à vos narines et qui le premier vous livrera les secrets encore inconnus à vos papilles ? Quid du contact rassurant du liège d’un bouchon égaré sur la table qui joue entre vos doigts accompagnant ludiquement la chaleur d’une conversation entre amis ? Je ne parle même pas de l’absence de projectile inoffensif en fin de repas qui lui seul vous permet de canarder vos amis en pleine tête sans risquer de les blesser ? Je n’ai pas la compétence requise pour savoir si la capsule métallique a ou non une influence sur les caractéristiques du vin à boire, je ne peux que déplorer que tous les plaisirs énumérés ci-dessus soient évincés par la froideur anonyme d’un morceau de métal.

Mardi 20 février nous nous envolons pour Perth et sa région que nous quitterons le 2 mars prochain pour le Vietnam où nous attendent sans doute de toutes autres expériences que celles que nous avons vécu jusqu’à maintenant.

3 comments février 17, 2007


Catégories

Nos photos

Dans un petit restaurant de Yakitori

Dans un petit restaurant qui préparent les meilleurs Yakitori du monde....ou presque

More Photos

Pages

Archives