Derniers pas en Argentine
décembre 17, 2006
Mendoza, à quelques kilomètres de la frontière chilienne, sera donc notre porte
de sortie d’Argentine. Nous y prenons demain lundi le bus qui nous ramènera
à Santiago d’où nous nous envolerons pour l’île de Pâques le lendemain.
Je dois le dire à regret : Mendoza s’est avérée quelque peu décevante. Ici points d’édifices coloniaux resplendissants sous le soleil, pas de trésors pour les yeux dissimulés au hasard d’une ruelle, Mendoza en a été privée par de violents tremblements de terre dont le dernier remonte seulement à 1985. C’est donc un visage moderne qu’offre Mendoza à ses visiteurs. Moderne et néanmoins agréable : la reconstruction de la ville ayant été menée avec goût, aménageant de nombreux espaces arborés et conservant les canaux
qui sillonnent la ville en rafraîchissant l’atmosphère.
Je n’accablerai donc pas cette ville meurtrie sous le fiel de propos acerbes et nous avons fait la seule chose qui s’imposait : ne rien faire. Nous nous sommes donc jetés avec une assiduité féroce dans cette débauche d’absence d’activité. Nous avons appelé cela “Remise en condition physique pour l’île de Paques et Nouvelle-Zélande”.
Nous avons également préservé notre équipement en épargnant par exemple toute activité superflue à notre appareil photo qui après 3 mois d’une activité intense a pu somnoler tranquillement au fond de son sac face à l’absence de tout cliché digne de son objectif.
Une chose seule était susceptible d’éveiller notre intérêt : le vin. Mendoza et sa région regroupent les plus fameuses bodegas d’Argentine et après avoir consommé tant de Malbec, il nous était impossible de ne pas remonter jusqu’à sa source. Nous avons visité deux bodegas, La Rural et Lopez, une des plus grandes d’Argentine par la quantité de bouteilles vendues sur le marché intérieur. Dans cette dernière, nous avons opté pour une dégustation payante de leurs meilleurs crus. Mes papilles en rient encore.
Demain lundi nous rejoignons Santiago pour nous envoler mardi pour la mythique île de Pâques. Nous sommes impatients de nous tenir auprès des géants de pierre qui semblent garder ce petit bout de terre, le plus isolé du monde, à 3700 kilomètres des côtes chiliennes, à 2000 kilomètres de la première île habitée Pitcairn et à 4000 kilomètres de Tahiti.
Je m’excuse auprès des lecteurs pour la platitude sans borne des propos tenus ici, les effets léthargiques produits sur mon cerveau par Mendoza prenant quelques jours pour se dissiper intégralement.
Précision : Naty et moi ne sommes en rien responsable de la mort d’Augusto Pinochet. Nous avons quitté le Chili alors qu’il était encore vivant, au sens clinique du terme en tout cas, et nous avons un alibi pour le jour de sa mort. Étrange concours de circonstances qui nous aura fait connaître le Chili avec et sans Pinochet en l’espace de deux mois.
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