Archive for décembre 2006

Joyeux Noël !

Joyeux Noël! étoile

Nous aimerions souhaiter à tous nos lecteurs et lectrices un très Joyeux Noël rempli de joie, de bonheur, et de cadeaux! Nous penserons fort à vous pendant ce réveillon et ce  jour de Noël 2006!

 Bruno & Natasha

étoile

 

4 comments décembre 24, 2006

Noël à Pâques, ou presque

Nous sommes de retour à Santiago du Chili après 4 jours fantastiques passés sur l’île de Pâques. Parler de cette île qui a tant attisé l’imagination des Hommes, cette île mystérieuse perdue au milieu du Pacifique et qui n’a sans doute pas encore livré tous ses secrets, parler de cette île dis-je n’est pas chose aisée. Difficile de traduire par des mots ce que l’on ressent à la vue des premiers Moais, ces statues de pierre aux regards égnimatiques; pratiquement impossible de trouver les mots pour décrire les couleurs, les ombres des nuages courants sur les collines et le sentiment d’isolement qui vous prend lorsque du haut d’un volcan, vous contemplez l’océan Pacifique qui se cache difficilement derrière les fragiles frontières de l’île.

Après 5 heures de vol, notre avion se pose donc sur la plus longue piste d’atterrissage du monde, financée par le gouvernement des États-Unis pour faire atterrir en urgence la navette spatiale. Rapa Nui (Nom donné à l’île par ses habitants) nous livre ainsi son premier paradoxe qui ne sera pas le dernier. Nous sommes accueilli par notre hôte, Raoul, qui nous passe autour du cou les traditionnels colliers de fleurs fraîches. Ce type d’accueil, plus commun en Polynésie, peut surprendre en territoire chilien. Nous découvrirons par la suite que les habitants de l’île se considèrent volontiers comme membres de la grande famille polynésienne et n’ont qu’une très faible conscience d’appartenir à la nation Chilienne.

Nous découvrons ensuite notre hôtel et son jardin tropical luxuriant. Si les hôtels de l’île sont somme toute modestes, il n’en va pas de même pour leurs tarifs. Nous nous apercevons que notre budget va lui aussi prendre des vacances pour quelques jours. Après avoir fait la connaissance de notre hôte Raoul, nous faisons rapidement connaissance avec nos autres hôtes exotiques, moins sympathiques que Raoul mais avec plus de pattes et d’antennes. Après une opération de fumigation, d’obturation de tous les chemins d’entrées de ces charmantes bestioles et une opération séduction rondement menée par Raoul, ses bières et ses petits cadeaux, nous passerons le reste du séjour sans apercevoir le moindre petit insect. Ouf.

En 4×4 

Notre première découverte de l’île se fera en 4×4, le réseau routier de l’île, si on peut parler de réseau pour la seule route qui fait une demi-boucle de l’île, n’étant pas totalement asphalté. Nous décidons de prendre la route en sens inverse de celui préconisé par toutes les agences, ce qui nous permettra de découvrir l’île quasiment seuls. Situation paradoxale quand on sait qu’à cette époque de l’année Rapa Nui est désservie par des vols quotidiens de 300 personnes. Avoir la chance de découvrir un tel endroit avec comme seuls compagnons les chevaux sauvages de l’île est une expérience inoubliable. Nous finirons cette journée fatigués mais la tête remplie d’images plus belles les unes que les autres.

En vélo

Le lendemain, c’est en vélo que nous partons à la découverte de l’île. La qualité médiocre de toute la signalisation sur l’île alliée à mes talents de navigateur nous aurons conduit à passer la majeure partie de la journée au milieu des vaches et des chevaux, tout surpris de voir 2 cyclistes tenter de passer au milieu des roches volcaniques et des éboulis. Nous ne vîmes donc pas âme qui vive durant près de 3 heures, privilège inestimable d’avoir l’impression d’être seuls sur cette île. Nous rejoindrons ensuite les sentiers battus et rebattus non sans avoir subit une lâche et soudaine attaque d’un faucon qui fera une dizaine de passages juste au dessus de ma tête en poussant des cris qui ne me semblaient pas très amicaux. Inutile de dire que Naty et moi effectuâmes un 500 mètres digne de figurer au panthéon des plus beaux sprints du Tour de France.

En scooter

Pour la dernière journée sur l’île, nous avons loué un scooter pour nous rendre à la plage d’Anakena et y passer le reste de la journée. Là je me dis que je suis vraiment tranquille, allongée sur le sable blanc, à l’ombre des cocotiers, agréablement bercé par le bruit des vagues s’échouant sur le rivage…et ben non!! On ne peut pas être tranquille. Pendant que Naty fait trempette, on me réquisitionne pour faire juge dans un concours de scultpures de sable par les enfants de l’école de Hanga Roa. Et inutile de vouloir prendre cette tâche à la légère, la directrice de l’école prend mon travail très au sérieux et m’emmène de scultpure en sculpture, vitupérant les enfants récalcitrants qui ne voudraient pas se placer devant leur oeuvre afin d’expliquer la signification de celle-ci. Je donnerais mon classement en tremblant en espérant que celui ci soit plutôt en accord avec celui que s’était déjà fait la directire.

Ce passage à l’île de Pâques aura été un moment très fort pour tous les 2. Nous passons d’une île à l’autre en nous envolant ce soir, le 24 décembre pour la Nouvelle-Zélande. Pas de Noël pour nous, car passant la ligne de changement de date, nous arrivons le 26 décembre à Auckland. Nous penserons très fort à nos amis et à nos parents au dessus du Pacifique.

Avertissement

Ce texte ayant été tapé à la vitesse de l’éclair…enfin disons un éclair suisse ou corse, un peu moins rapide qu’un éclair normal, pour des raisons de vol à prendre pour la Nouvelle-Zélande, je ne saurai être tenu responsable de la fadeur du texte, de la pauvreté des adjectifs ni de la profondeur creuse des lieux communs. En espérant faire mieux depuis la Nouvelle-Zélande.

3 comments décembre 24, 2006

Derniers pas en Argentine

Mendoza, à quelques kilomètres de la frontière chilienne, sera donc notre porte
de sortie d’Argentine. Nous y prenons demain lundi le bus qui nous ramènera
à Santiago d’où nous nous envolerons pour l’île de Pâques le lendemain.

Je dois le dire à regret : Mendoza s’est avérée quelque peu décevante. Ici points d’édifices coloniaux resplendissants sous le soleil, pas de trésors pour les yeux dissimulés au hasard d’une ruelle, Mendoza en a été privée par de violents tremblements de terre dont le dernier remonte seulement à 1985. C’est donc un visage moderne qu’offre Mendoza à ses visiteurs. Moderne et néanmoins agréable : la reconstruction de la ville ayant été menée avec goût, aménageant de nombreux espaces arborés et conservant les canaux
qui sillonnent la ville en rafraîchissant l’atmosphère.

Je n’accablerai donc pas cette ville meurtrie sous le fiel de propos acerbes et nous avons fait la seule chose qui s’imposait : ne rien faire. Nous nous sommes donc jetés avec une assiduité féroce dans cette débauche d’absence d’activité. Nous avons appelé cela “Remise en condition physique pour l’île de Paques et Nouvelle-Zélande”.
Nous avons également préservé notre équipement en épargnant par exemple toute activité superflue à notre appareil photo qui après 3 mois d’une activité intense a pu somnoler tranquillement au fond de son sac face à l’absence de tout cliché digne de son objectif.

Une chose seule était susceptible d’éveiller notre intérêt : le vin. Mendoza et sa région regroupent les plus fameuses bodegas d’Argentine et après avoir consommé tant de Malbec, il nous était impossible de ne pas remonter jusqu’à sa source. Nous avons visité deux bodegas, La Rural et Lopez, une des plus grandes d’Argentine par la quantité de bouteilles vendues sur le marché intérieur. Dans cette dernière, nous avons opté pour une dégustation payante de leurs meilleurs crus. Mes papilles en rient encore.

Demain lundi nous rejoignons Santiago pour nous envoler mardi pour la mythique île de Pâques. Nous sommes impatients de nous tenir auprès des géants de pierre qui semblent garder ce petit bout de terre, le plus isolé du monde, à 3700 kilomètres des côtes chiliennes, à 2000 kilomètres de la première île habitée Pitcairn et à 4000 kilomètres de Tahiti.

Je m’excuse auprès des lecteurs pour la platitude sans borne des propos tenus ici, les effets léthargiques produits sur mon cerveau par Mendoza prenant quelques jours pour se dissiper intégralement.

Précision : Naty et moi ne sommes en rien responsable de la mort d’Augusto Pinochet. Nous avons quitté le Chili alors qu’il était encore vivant, au sens clinique du terme en tout cas, et nous avons un alibi pour le jour de sa mort. Étrange concours de circonstances qui nous aura fait connaître le Chili avec et sans Pinochet en l’espace de deux mois.

Add comment décembre 17, 2006

De l’Argentine subtropicale aux contreforts des Andes

Nous sommes à Salta depuis déjà quelques jours et nous sommes tombés sous le charme de celle qu’on surnomme Salta La linda. Ce surnom est loin d’être usurpé tant la splendeur des nombreux édifices coloniaux qui parsèment la ville lui donnent les airs d’un joyaux que les reliefs des montagnes pré-andines entourent tel un écrin.

Pour gagner Salta, nous avons parcouru pas moins de 3000 kilomètres depuis Buenos Aires, en faisant halte à Puerto Iguazu pour quelques jours. Les bus chiliens et argentins sont heureusement très différents de leurs homologues nords américains ou européens et permettent de couvrir de grandes distances dans un confort total : sièges inclinables à 180 degrés, TV, climatisation, repas à bord, bar… Le bus est donc le moyen de transport numéro un en Argentine. Pour en témoigner, il suffit de jeter un oeil à la gare routière de Buenos Aires qui a des allures d’aéroport avec sa centaine de quais de départ et ses 200 kiosques de compagnies différentes.

Puerto Iguazu

18 heures de bus et 1350 kilomètres au nord de Buenos Aires, nous arrivons à Puerto Iguazu. La première chose qui vous tombe dessus à la descente du bus, ce ne sont pas comme ailleurs les rabatteurs des hôtels et auberges du coin mais la chaleur : lourde, moite, tropicale, suffocante. 27 degrés dès 7h du matin; le mercure s’élève ensuite jusqu’à atteindre 38 voir 40 degrés. Puerto Iguazu tout comme El Calafate ne doit sa notoriété que par sa proximité avec un site naturel fabuleux. Ni l’une ni l’autre n’ont d’intérêt en elles-même. N’attendez donc pas d’y être traité par certains habitants pour autre chose que ce vous êtes à leurs yeux : un portefeuille sur pattes, votre propre visage s’estompant pour prendre l’apparence de celui de G. Washington, le seul qui semble pouvoir éveiller l’intérêt des gens du coin.

Pour l’exemple, je ne mentionnerais que ce tenancier de laverie fétichiste, collectionneur de dessous féminin et spécialiste en arrachage de boutons sur bermuda qui nous demandera, toute honte bue, la somme de 28 pesos pour un lavage qui en coûte 4 à Buenos Aires. Naty aura perdu dans l’histoire un soutien-gorge, 4 boutons de son bermuda et son sang-froid. À ce triste sire, au 213 rue Perito Moreno à Puerto Iguazu, lavanderia centrale, dont rien ne semble pouvoir sortir le cerveau mou de la torpeur abyssale dans laquelle l’ont plongées de trop nombreuses heures d’abrutissement télévisuel, je dis : prends garde à toi, à notre prochain passage à Puerto Iguazu, les boutons de nos vêtements seront piégés, tu les arraches et ils te sauteront à la gueule.

Ceci étant dit, les chutes d’Iguazu constituent un spectacle fabuleux. Les superlatifs manquent pour souligner la majesté du site. Nos références communes en matière de cataractes se limitaient aux chutes du Niagara et à la timide chute Montmorency à Québec : ces 2 chutes s’arrêteraient de couler de honte si elles devaient être comparées aux chutes de l’Iguazu. Ici les chutes se comptent par dizaines sur plusieurs hectares. À certains endroits du parcours, on est littéralement entouré de chutes d’eaux, partout où le regard se pose, les eaux du rio Iguazu et d’autres affluents se jettent des dizaines de mètres en contrebas. Toute la panoplie de cascades semble s’être réunie ici : cascades jumelles, cascades à 2 niveaux, cascades en rideau… De plus les chutes font partie d’un parc national (Point de bétonnage comme aux chutes Niagara) et de nombreux spécimens de la faune et de la flore subtropicales peuvent y être obervés. Nous avons consacré 2 journées à la visite du site sans nous lasser une seconde du spectacle. Pour ceux et celles qui veulent en avoir un aperçu sans bouger de leur salon, repassez vous le film Mission, la vraie vedette du film, ce sont les chutes d’Iguazu.

Salta

30 heures de voyage en bus et 1300 kilomètres plus à l’ouest, nous voici donc à Salta dans la région dîte du Noroeste. Salta déploie ses charmes coloniaux sous un soleil brûlant. On sent qu’il faut y prendre son temps, par exemple à l’ombre apaisante des arbres de la plaza 9 de Julio, au milieu du chahut tout relatif des écoliers (leurs horaires de cours resteront un mystère pour nous : peu importe l’heure à laquelle nous déambulions dans les rues de la ville, nous en croisions toujours par paquet de 10 dans les rues, les cafés internet, les parcs et jardin). Ainsi sans se fatiguer, on peut apprécier la délicatesse des arches du Cabildo ou la silhouette élégante de la cathédrale. Une fois bien reposé, on peut ensuite partir à la découverte des autres merveilles de la ville, notamment l’imposante et harmonieuse église San Fransisco.

Il faut savoir prendre son temps pour faire des rencontres. Notre première rencontre fut celle d’un roi, sa majesté Torrontes, le roi des vins blancs argentins : fruité, d’une robe couleur or. Nous l’avons tout de suite aimé et l’avons invité à nous rendre visite le plus souvent possible.

Notre deuxième rencontre s’appelle Karina, notre guide d’un jour dans une excursion à Cafayate. Grâce à Karina et à sa volubilité qui force l’admiration, nous avons eu un aperçu de l’envers du décor : machisme, alcoolisme et consanguinité économique. Ce dernier point peu surprendre mais il semblerait que des hommes et des femmes unis par des liens familiaux mettent volontairement des enfants au monde afin de conserver le patrimoine dans la famille. Si l’enfant naît anormal, celui-ci est placé dans une institution spécialisée aux frais de la famille. Outre ces informations que, après avoir bien cherché, je n’ai trouvé dans aucune brochure touristique, la route jusqu’à Cafayate réserve des vues étonnantes sur des formations rocheuses aux couleurs irréelles.

Une autre excursion nous a mené jusqu’à Cachi, petit village endormi de quelques milles habitants qui a conservé intact ses édifices coloniaux en raison de son isolement. La route jusqu’à Cachi est sublime, notamment le recta del Tin-tin, une route rectiligne sur plusieurs kilomètres au milieu des cactus et des montagnes coiffées de nuages à leur sommet.

Notes aux futurs visiteurs de l’Argentine

Je vous fais part d’un petit point qui m’irrite un peu depuis notre arrivée en Argentine : les tarifs appliqués selon l’origine du touriste. Nous avons vu toute une palette de tarifs depuis notre arrivée : pour l’habitant de la ville, de la circonscription, de la province, pour les argentins, les résidents de certains pays d’amérique du Sud, pour les résidents des pays membres du Mercosur et enfin pour tous les autres. Cette politique, qu’on pourrait aisément qualifiée de discriminatoire, peut être défendue jusqu’à un certain point (quoique je ne l’approuve pas) tant que ces tarifs s’appliquent aux entrées des musées, parcs nationaux et autres sites naturelles. On privilégie ainsi l’accès des argentins à leurs propres richesses culturelles. Mais quand cette politique s’applique également aux plats dans les restaurants (vu à Ushuaia) et aux billets d’avion, je dis non. Un vol Ushuaia-Buenos Aires coûte 100$ US à un argentin et 300$ US au pigeon voyageur.   

Donc chers futurs visiteurs de l’Argentine, vous avez fait un choix éclairé en décidant de visiter ce pays fantastique et voici un petit truc pour vous y faciliter la vie : le prix que vous devez payer figure toujours en bas de la liste des tarifs rangés en ordre croissant.

Aujourd’hui dimanche, nous quittons Salta pour Mendoza, capitale du vin argentin, 1300 kilomètres plus au sud, que nous atteindrons après 18h de bus (encore!).

4 comments décembre 10, 2006


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