Archive for novembre 2006

Buenos Aires

Deux semaines se sont écoulées depuis notre arrivée à Buenos Aires, délai à peine suffisant pour coucher sur le clavier les sentiments qu’inspire cette cité unique, cathalyseur de l’influence européenne en Amérique du sud.

Cet exercice relève de la gageure tant BSAS (Je m’estime à présent suffisamment intime avec elle pour utiliser cette abréviation très courante dans les médias) semble vouloir échapper à toute interprétation en noyant le simple voyageur sous une multitude d’impressions, parfois contradictoires. À l’image du tango qui l’a vu naître, elle se révèle tour à tour sombre, mystérieuse, sensuelle et rayonnante.

BSAS vit avant tout par ses quartiers, une quarantaine au total, dont seuls quelques uns ont un intérêt touristique.

Le quartier du Minicentro

Le centre historique regroupe tous les lieux ayant ou ayant eu une importance politique : le palais présidentiel d’une couleur rose inattendue, le Cabildo, élégante silhouette blanche où siège le conseil municipal, la plaza de Mayo qui a vu défiler toutes les manifestations populaires de l’histoire mouvementée du pays, le monumental Congreso où siègent les députés et sénateurs et plusieurs autres monuments à la gloire des héros du pays (Le libérateur San Martin) et des événements clés de son histoire (Mai 1810, date de l’indépendance vis à vis de la Couronne espagnole). Cette succession de bâtiments aux façades finement travaillées, ces grands boulevards opérants des coupes claires dans la ville ne sont pas sans rappeller le plan architectural de Paris. Et pour cause, impressionnées par les résultats obtenus par le baron Hausmann, les autorités municipales de BSAS y importèrent matériaux et façon de faire. Il serait toutefois inexacte de ne restreindre qu’à la seule influence française l’aspect des rues du quartier, ainsi que de nombreuses autres rues : BSAS est un carrefour d’influences et d’autres artistes, notamment italiens, ont joué un rôle important dans le visage qu’offre aujourd’hui BSAS.

Toujours dans ce quartier, l’obélisque, érigé pour fêter le quatrième centenaire de BSAS, trône au milieu de la gigantesque avenue 9 de Julio. Les porteños (habitants de BSAS) peuvent en effet se vanter de posséder l’avenue la plus large au monde. Le piéton téméraire qui souhaiterait traverser les 140 mètres de l’avenue trouvera successivement sur son chemin 3 voies de circulation, un terre plein, 7 voies, un terre plein, 7 voies, un terre plein et enfin 3 voies.  Les rues du quartier et de BSAS en général sont envahies de voitures, de bus et de taxis (Je n’ai jamais autant vu de 504 peugeot de ma vie) qui roulent à tombeau ouvert à 1 centimètres les uns des autres. Automobilistiquement parlant, le Porteños est donc un dangereux malade mental. Un trajet dans un bus de la ville aura tôt fait de ravaler les bus de la RATP ou de la STM au rang de poussifs gastéropodes anémiés. Inutile de préciser que le tout forme un environnement puissamment hostile au vulnérable piéton. Celui-ci sera tenté de se réfugier dans les grandes artères piétonnes du centre où la solitude sera très certainement le dernier sentiment qui viendra l’y étreindre.

Nous avons eu la chance de pouvoir visiter le théâtre Colon, temple de l’art lyrique argentin, où les plus grands artistes internationaux se sont produits. La salle est magnifique, ayant conservée la plupart de ses apparats depuis sa construction. Le théâtre Colon a été élu meilleure salle au monde pour l’accoustique, devant les opéras de New-York, Milan et Paris. L’accoustique y est tellement parfaite qu’aucune sonorisation n’est requise.

San Telmo

Notre hôtel se situe dans ce quartier, succession de ruelles, de belles demeures et de petites échoppes à l’atmosphère quelque peu bohème. Il fait bon prendre son temps dans ce quartier, berceau du tango et qui abrite également les meilleures parrillas (viande sur le grill) ce qui m’amène à ouvrir le chapitre culinaire de BSAS. C’est un chapitre qu’on ouvre en parcourant un menu graisseux dans une salle bondée (à partir de 21h30, le porteño ne met pas les pieds sous la table avant), où on choisit un peu au hasard une bouteille de Malbec et un morceau de boeuf, sans trop comprendre à quelle partie de l’animal on va avoir à faire. Le suspense est alors à son comble.

Avertissement : le texte qui suit contient des propos susceptibles de heurter les sensibilités végétariennes et de donner vachement faim aux autres.

Le serveur vous sert jette votre steak dans votre assiette. Vous saisissez fébrilement vos couverts. Premier signe qui ne trompe pas : le couteau ne rencontre aucune résistance dans sa progression dans la chair tendre et juteuse. Le véritable dénouement de cette histoire qui rivalise avec les plus belles pages de l’annuaire du Loir et Cher dans le manque d’intérêt total, se produit à la première bouchée : cette viande est un pur délice. Le Malbec participe à la fête et le sourire est garantie au sortir de table. Est-il utile de préciser qu’une fois ce chapitre ouvert, la dernière chose qu’on souhaite est de le refermer (Mes artères et mon foie sont en total désaccord). Cet endroit deviendra quasiment notre cantine durant notre séjour. Petit bémol tout de même : lorsqu’on prend part à un repas avec Naty, on est en droit d’attendre que la moitié du contenu de son assiette soit destinée à être consommé par celui qui se trouve à proximité, c’est à dire moi. Et bien là rien, nada, Naty finira effrontément la totalité de ses bife de Lomo…ah là là, les voyages, ça bouscule les traditions!!

Passons des plaisirs de la bouche aux plaisirs des yeux et des oreilles avec le tango. San Telmo regroupe les plus anciens bars offrant des spectacles de tango et c’est dans le plus intime d’entre eux que Naty et moi avons fait nos premiers pas. J’avoue volontiers avoir la sensibilité proche de celle d’une porte de prison quand il s’agit d’apprécier un spectacle de danse mais la vue d’un couple maîtrisant l’art du tango ne nous a pas laissé indifférents (où alors, il s’agissait des 2 bouteilles de vin vidées avant le spetacle mais ça m’étonnerait) : le jeu des regards brûlants, une jambe féminine, jusque là cachée sous l’étoffe d’une robe superbe d’un bleu éclatant, apparaît soudain pour enlacer son partenaire, la tristesse dégagée par la musique jouée par des musiciens aussi âgés que les morceaux qu’ils interprètent. (Je ne sais plus qui a décrit le tango comme une pensée triste qui se danse).

Les autres quartiers proches du centre, Recoleta et Palermo sont de beaux quartiers résidentiels qui regroupent la plupart des musées, espaces verts et boutiques de luxes. Çà et là, de somptueuses demeures rappellent l’âge d’or de BSAS.

Contrastes

À me lire ainsi, il serait aisé de conclure que BSAS est une ville idéale, dans laquelle on passe son temps à s’empiffrer de bonne viande et de bon vin au rythme du tango. Deux réalités cohabitent pourtant à BSAS sans se voir, celle des pauvres et celle des autres. Il n’est pas besoin de mettre les pieds dans les bidonvilles et autres quartiers de misère pour voir cette réalité. Pour qui a vécu dans une grande ville, la vue d’une personne fouillant dans une poubelle n’est pas quelque chose qui sort du commun. Mais à BSAS, dès que les ordures sont déposées sur le trottoir, c’est une véritable armée qui prend posession des rues, munie de gigantesques sacs de toiles montés sur roulettes, ils éventrent, fouillent et récupèrent ce qui peut l’être des tas d´immondices. Des résidents ont la courtoisie de trier leurs déchets et d’étiquetter les sacs poubelles pour éviter des fouilles inutiles. En pleine journée, au pied des tours à bureaux, une mère et son enfant disparaissent presque totalement dans la montagne de sacs poubelles qu’ils sont entrain de fouiller. Partout, aux guichets des métros, dans les trains, dans la rue, dans les cafés de très jeunes enfants quettent de l’argent. Certains ont l’air mal en point, comme ce jeune garçon au teint blafard et au regard vide, allongé dans une entrée de cinéma. Cette superposition quasi quotidienne de l’opulence et la misère fera lever le coeur au plus endurci.

Enfin, pour se changer les idées, quelques petites observations notées au grée de nos découvertes.

- les argentins n’ont toujours pas digérés la perte des Malouines et toutes les cartes en Argentine font mention de cette île comme faisant partie intégrante du territoire argentin alors que les argentins eux-même sont interdits de séjour sur ce petit bout de terre britannique. 

- de nombreux argentins se signent lorsqu’ils passent devant un édifice religieux.

- la gente canine chilienne peut envier son homologue d’Argentine. En plus de ne pas errer en meute sur les trottoirs des villes, celle-ci bénéficie des services de dog-sitter : ces derniers viennent les chercher à leur domicile et leur font passer quelques heures dans les rues et les parcs de la capitale. Ainsi, il n’est pas rare de voir un pauvre bougre, les bras encombrés d’une vingtaine de laisses avec au bout une quantité égale de molosses tirant à tout rompre sur leur laisses. On se demande au final qui ballade qui.

- Barbara Bush s’est fait voler son sac à main à San Telmo, tout près de notre hôtel, avec pas moins d’une quarantaine d’agents chargés de la surveiller : forts les voleurs argentins.

- étrange d’entendre les notes du moderne Gotan Project dans les rues dans lesquelles ont raisonné les premières notes de tango.

- la Banque de la nation Argentine paie encore aujourd’hui ses décisions prises pour faire face à la crise de 2001 (Nombreux comptes de ses clients bloqués). Ainsi, les entrées de ses succursalles sont gribouillées des termes peu flatteurs “Ratas” (Rats), “Asesinos” (Assassins) et des “Batas” et “Chorros” que je n’ai pas réussi à traduire.

- prendre le métro à BSAS coûte 70 centimes de pesos (0,26 $ CAD, 0,17 euro), une bouteille de malbec 9 pesos (3$ CAD. 2 euros), un repas pour 2 dans une parrilla (2 steak, une bouteille de vin, 2 plats de frites, pourboire, bouteille d’eau) : 80 pesos (30$ CAD, 20 euros), un empanadas à la viande 1,90 pesos (0,70 $ CAD, 0,47 euro).

Demain lundi, nous quittons la frénésie de Buenos Aires pour l’extrême nord de l’Argentine et ses chutes d’Iguazu. 

7 comments novembre 26, 2006

Courte vidéo du glacier Perito Moreno

En espérant que vous pourrez apprécier la beauté du lieu malgré la qualité médiocre de la vidéo…

Add comment novembre 21, 2006

Premiers pas en Argentine

Séquence émotions : nous sommes à Ushuaia, en terre de feu argentine. Ushuaia est dans l’imaginaire de beaucoup la ville du bout du monde, la ville la plus australe de la planète. Pourtant, il me semble que sur une carte, Puerto Williams, au Chili, me semble encore plus au sud…enfin bref, passons, on n’est pas là pour faire une chasse au trésor.

Notre parcours depuis Puerto Natalès nous a d’abord conduit au Parc national des Torrès del Paine, célèbre pour les silhouettes des “Cuernos” et des trois “Torrès”, formations montagneuses dont la couleur pour les premières et la forme en tours pour les secondes sont uniques au monde. Ce parc est un hâvre de paix, à condition de faire abstraction des quelques autres bus de touristes qui semblent vous pourchasser partout où vous allez : la faune, les couleurs et la luminosité, le silence des lacs vous invitent à la simple contemplation béate.

Nous entrons ensuite en Argentine et posons nos sacs, toujours aussi lourds, à El Calafate où nous passerons de bons moments en compagnie de quelques irlandais (Pour un si petit pays qu’est l’Irlande, il est amusant de constater le nombre d’irlandais voyageurs rencontrés depuis un mois). El Calafate me fait penser aux faux décors hollywoodiens où seule la façade s’offre aux yeux, le vide attendant celui qui oserait passer derrière le décor. El Calafate offre donc cette façade clinquante, à l’unique rue principale inondée de boutiques, de restaurants chics et chers où commerçants et serveurs vous attendent avec un sourire affecté, blasés par la flot continu de touristes qui déferle tout au long de l’année. Une mésaventure (tellement insignifiante que je refuse de faire l’affront aux lecteurs de ce message de la narrer ici) nous montrera que la sincérité, le respect et quelques autres valeurs ont dû quitter la ville depuis fort longtemps et se réfugier dans les glaces du Périto Moréno tout proche, attendant des jours meilleurs pour réintégrer la ville. Le Périto Moréno justement, glacier majestueux du parc des Glaciers, assurément la seule raison valable de séjourner à El Calafate, arbore un front de 5km de large et de plus de 50 mètres de haut au dessus des eaux du Lago Argentino. Ce glacier fait parti des rares au monde à être en constante expansion. Le spectacle est féérique : les couleurs de la glace occupe toute la palette du bleu, du plus clair au plus sombre. Des craquements sourds se font entendre de l’intérieur du glacier. Çà et là, des blocs de glace se détachent et plonge dans les eaux du lac dans un bruit de tonnerre. Ce spectacle peut être observé durant des heures sans qu’aucune lassitude ne se fasse sentir.

Nous avons ensuite pris le chemin d’Ushuaia, ce qui nous a valu de passer à deux reprises la frontière entre le Chili et l’Argentine. Coincée entre les eaux de la baie d’Ushuaia et une chaîne de massifs montagneux aux sommets enneigés, Ushuaia, malgré la majesté du site géographique dans lequel elle se trouve, n’a pas de charme particulier. Elle constitue cependant une halte agréable et il fait bon y flâner dans ses rues. Nous logeons assez loin du centre, ce qui nous permet de parcourir des rues peu touristiques où des barraques de bric et de broc côtoient des préfabriqués et des demeures d’aspect plus récent.

Le parc national de la Terre de feu est un paradis pour les promeneurs. Nous y avons marché durant plusieurs heures sans presque y recontrer âme qui vive : le pied. Outre la beauté des paysages qui s’offrent à nos regards depuis les sentiers,  c’est également le silence qui règne en ces lieux qui est magique; un silence qui provoque même un léger bourdonnement dans l’oreille tant l’absence de bruit est total : étonnant non ?

Dans la catégorie “ils sont fous de foot ces argentins”, des émissions de télévision où ne sont diffusées que des images des tribunes et des supporters chantant et gesticulant. Aucune image du jeu en lui même. Les séquences s’enchaînent sans aucun commentaire durant toute la durée de notre dîner (comme vous le constatez, on ne va pas toujours manger dans des endroits supers branchés).

Dans la catégorie “picole”, le Malbec argentin. Le malbec est souvent perçu comme un cépage de second plan. Il n’en est rien en Argentine , dans la région de Mendoza, où il a paraît-il développé des caractéristiques exceptionnelles :  nous travaillons d’arrache-pied Naty et moi pour tenter de vérifier la véracité de ces informations. Nous ne reculerons pas devant l’ampleur de la tâche qui nous attend, le malbec représentant à lui seul 50% des bouteilles disponibles dans les grandes surfaces. 

Nous quittons Ushuaia demain lundi pour Buenos Aires. Ses 12 millions d’habitants, son bouillonnement nocturne, ses dimensions gigantesques, sa passion du football et du tango nous attendent de pieds fermes pour les 2 prochaines semaines.

3 comments novembre 12, 2006

Aux portes de la Patagonie

Arrivés à Puerto Montt après pas moins de 4 vols (Moi qui adooore les avions), le changement qui nous y attend est total. Les étendues désertiques ont laissé la place à une sucession de lacs et d’espaces verdoyants. La température qui nous accueille nous confirme que Puerto Montt marque la fin de la région des lacs (sur laquelle nous avons totalement fait l’impasse) et le début de la Patagonie Chilienne. Puerto Montt est une ville agréable, nichée au fond des méandres du Pacifique qui serpente entre les nombreuses îles et canaux de la région.

Nous sommes à Puerto Montt pour prendre un ferry de la compagnie Navimag qui longe la côte chilienne jusqu’à Puerto Natalès, plus au sud, que nous atteindrons après 4 jours en mer.

Nous levons l’ancre comme prévu lundi à 16h et première (mauvaise) surprise : cette croisière est une véritable attraction touristique car pas moins de 4 bus seront nécessaires pour acheminer tout ce petit monde jusqu’à l’embarcadère. La première journée est consacrée à la découverte du bateau car la météo est peu propice à l’observation du paysage : la pluie intermittente et la brume suspendue aux reliefs de la côte ne laissent qu’entrevoir les silhouettes des montagnes toutes proches qui se jettent dans l’océan.

Première nuit calme malgré la traversée d’un golfe qui a tenu en éveil bon nombre de passagers durant une heure en raison des mouvements prononcés du bateau : simple “mise en bouche” pour ce qui nous attend le lendemain.

La vie à bord est rythmée par les repas, les films et les séances d’information. La pluie, le froid et le vent ne nous incitent pas à nous aventurer sur le pont pour profiter de la vue. Nos courtes sorties se font donc entre 2 séances de lecture, 2 séances de grignotage, voir 2 séances de pure glandouille. Le spectacle qui défile sous nos yeux sort tout de même de l’ordinaire : des collines aux sommets enneigées se succèdent les unes aux autres, des îles, des criques, des plages isolées se découvrent lentement lors du passage du ferry.

La fin de la deuxième journée approche et nous jettons l’ancre dans une baie dans l’attente de meilleures conditions météorologiques pour traverser la zone délicate du parcours : une sortie de 6 heures dans l’océan pacifique, suivie d’une autre période de 6 heures durant laquelle nous traverserons le golfe de Pena. Selon notre guide de voyage, cette zone peut mettre à l’épreuve les marins les plus endurcis….Dès que le bateau quitte les eaux calmes du canal, des paquets de mer viennent percuter de plein fouet le bateau. La suite est dantesque et 20 ans d’images de Thalassa me reviennent en mémoire de facon diffuse. Je m’installe dans le poste de pilotage avec quelques autres passagers pour prendre la pleine mesure du spectacle (Je reviendrai sur le sort des autres passagers et de ma pauvre Naty dans quelques lignes). Les vagues forment des creux béants dans lesquels s’engouffre la proue du bateau dans un jaillissement d’écume qui atteint les vitres du poste de pilotage. Les vagues font et défont des montagnes et des gouffres d’eau sous nos yeux. À cela s’ajoute le bruit sourd que font les vagues en frappant la coque du navire et qui résonne dans tout le bateau. Ahurissant! Le lendemain, l’équipage nous confirmera que de telles conditions sont rarisimes et les que les creux formés ont atteint 5 mètres. Ouf!

Naty n’aura pas la joie d’apprécier ce spectacle, tout comme la majorité des passagers. Gavée de pillules anti mal de mer (qui continueront de lui donner le mal de mer après avoir débarqué du bateau), Naty restera couchée dans notre cabine jusqu’au lendemain matin. Quant à moi, et à ma grande surprise, je ne souffre pas du mal de mer (Je suis peut être né dedans finalement…)

Le dîner (durant lequel un spectre d’une blancheur extrême, ressemblant vaguement à Naty, viendra s’assoir péniblement à ma table avant de disparaître illico, pour aller se coucher dans sa cabine) sera l’occasion de rire un peu pour le nombre restreint de passagers qui y prendront part. Apporter un plateau repas d’un point A à un point B est une tâche à la portée du premier non paraplégique venu. Dans ces conditions, la tâche se révèle particulièrement périlleuse. Tout le monde rit de bon coeur jusqu’à ce que vienne son propre tour d’accomplir cet exploit. Tout le monde s’en sortira finalement honorablement.

Nous arriverons finalement à Puerto Natales le surlendemain.

Nous avons abandonné l’idée d’un trek de 4 jours dans le parc de Torres del Paine, les conditions météo et notre forme physique n’étant pas au rendez vous. Nous nous contenterons d’une excursion d’une journée. Nous prendrons ensuite la route de l’Argentine en rejoignant El Calafate afin d’y découvrir le spectacle, somptueux paraît-il, du glacier Perito Moreno.

6 comments novembre 3, 2006


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